Togo/Politique: L'Union des forces de changement (UFC) entre au gouvernement
![]() L'opposant togolais Gilchrist Olympio (C), le 2 mars 2010 à Lomé © AFP/Archives Issouf Sanogo |
LOMÉ (AFP)L'Union des forces de changement (UFC), principal parti d'opposition au Togo, va faire son entrée au gouvernement avec sept postes ministèriels, a annoncé jeudi à Lomé son dirigeant, Gilchrist Olympio, évoquant un "engagement historique".
"Jai signé le 26 mai, au nom de lUFC, un accord politique pour une participation à un gouvernement de redressement national, dans un esprit de partage du pouvoir avec le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir)", a déclaré M. Olympio lors dune conférence de presse à son domicile.
"Au terme de l'accord, lUFC entrera au gouvernement, participera à la formation des cabinets ministériels, désignera des responsables pour les administrations centrales, les sociétés dEtat, les préfectures, les mairies, les ambassades, etc.", a-t-il poursuivi.
Au total sept portefeuilles seront accordés à lUFC a-t-il précisé sans révéler le nom des personnalités désignées par lUFC pour prendre part au gouvernement qui devrait être annoncé jeudi soir. M. Olympio n'a pas non plus indiqué sil participerait personnellement à la nouvelle équipe gouvernementale.
Gilchrist Olympio est le fils de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo assassiné en 1963 lors d'un coup d'Etat ourdi par Gnassingbé Eyadema. Le Général Eyadéma, père de l'actuel président Faure Gnassingbé, dirigea le pays d'une main de fer pendant 38 ans, jusqu'à seon décès en 2005.
Cest la première fois que lUFC, créé en 1992, participera à un gouvernement au Togo, où un processus démocratique a été entamé en 1990. En 2008, un responsable de l'UFC, Amah Gnassingbé, a pris part à un gouvernement, mais à "titre personnel".
M. Olympio a affirmé avoir pris un "engagement historique devant le peuple après avoir longuement réfléchi sur les causes réelles de la crise profonde qui mine notre pays depuis des décennies".
Lors de la conférence de presse, il était assisté de son conseiller principal, Me Gally Djovi. Les autres responsables de l'UFC, dont Jean-Pierre Fabre, son candidat à la présidentielle du 4 mars, nétaient pas présents.
Selon des sources proches de la formation, plusieurs responsables bouderaient la décision de leur président. M. Fabre notamment n'a cessé de dénoncer la réélection de Faure Gnassingbé le 4 mars, estimant avoir lui-même remporté le scrutin à un tour.
La nouvelle équipe gouvernementale sera présentée jeudi soir, ont indiqué à lAFP, des sources proches de la présidence togolaise.
Le président togolais Faure Gnassingbé avait demandé le 5 mai au Premier ministre, Gilbert Fossoun Houngbo, dengager des discussions avec l'ensemble de la classe politique pour la formation d'un nouveau gouvernement de "large ouverture politique".
