ACI/Assemblées Annuelles de la BAD-"Gérer le changement et les incertitudes, libérer le potentiel"
Allocution d’ouverture aux assemblées annuelles 2010
Donald KABERUKA
Président
Monsieur le Président de la République
Distingués Chefs d’Etat et de gouvernement
Monsieur le Président du Conseil des gouverneurs,
Eminentes personnalités
Mesdames et Messieurs les gouverneurs,
Mesdames, Messieurs,
Je joins ma voix à celle du Président du Conseil des gouverneurs pour vous
souhaiter à tous la bienvenue.
Monsieur le Président, je tiens à vous remercier, ainsi que votre gouvernement,
le peuple ivoirien tout entier et la ville d’Abidjan, pour cette invitation, l’excellente
préparation et la chaleureuse hospitalité.
Je tiens à remercier les distingués Chefs d’Etat et de gouvernement de nous
avoir honorés de leur présence.
Il s’agit là d’un signal fort de leur appui et de l’intérêt qu’ils portent à la Banque.
Nous sommes très heureux de tenir notre première Assemblée ici à notre siège
depuis dix ans.
Je mesure l’ampleur des efforts que la nation ivoirienne a déployés pour organiser
cette rencontre. Nous vous en sommes reconnaissants.
Nous savons que vous attendez avec impatience notre retour.
Nous sommes persuadés que le peuple ivoirien trouvera une solution durable,
et mettra bientôt un terme définitif à la crise qu’il traverse, pour permettre à la
Banque de retourner à son siège.
Je remercie une fois encore le Gouvernement et le peuple tunisiens pour
l’hospitalité qu’ils nous accordent, depuis notre relocalisation temporaire à Tunis.
J’adresse mes remerciements aux éminentes personnalités ici présentes, aux
responsables des institutions ivoiriennes, aux responsables d’organisations
régionales, continentales et internationales, aux anciens Présidents de la
Banque, pour avoir trouvé le temps d’être avec nous.
Au cours de cette Assemblée, des décisions majeures seront envisagées.
Certaines d’entre elles détermineront probablement la trajectoire de la Banque
sur une longue période : l’augmentation générale du capital, l’élection du Conseil
et sa reconfiguration, l’élection du Président et, enfin, les avant-dernières
négociations relatives au FAD-12.
Incertitudes résiduelles
Depuis notre dernière rencontre à Dakar, beaucoup d’événements se sont
produits dans le monde économique sur le continent et à la Banque.
L’économie mondiale donne des signes de redressement mais son évolution
demeure incertaine.
Elle est en proie à divers maux : déficits record, la crise de la dette publique,
déséquilibre mondial, chômage, bilan des banques, encore fragilisé, risques
de bulles sur les grands marchés émergents.
Ces facteurs sont sources d’incertitudes pour tous, y compris l’Afrique.
Pour nos économies, ces deux dernières années ont été éprouvantes,
confrontées qu’elles étaient à trois crises qui se sont succédé rapidement : la
flambée des prix des denrées alimentaires, la crise pétrolière et l’impact des
turbulences financières.
Ces crises ont provoqué des dégâts économiques, interrompant
momentanément la croissance, en particulier pour trois catégories de pays :
les pays à revenu intermédiaires, les pays riches en ressources naturelles et
les pays aux économies déjà vulnérables.
“Vigoureuse reprise – capacité de résistance – succès
des réformes”
Cependant, depuis le troisième trimestre de l’année 2009, les prix des matières
premières, tirés par la reprise de la croissance dans les grands pays émergents,
ont rebondi et se sont raffermis.
Le cours du cuivre qui, au début de l’année, était tombé en dessous de 3 000
dollars EU la tonne - entraînant la fermeture de mines et des pertes d’emplois
– revient à ses niveaux d’avant-crise, à plus de 7 000 dollars EU.
Les perturbations des apports extérieurs ont été limitées, les envois de fonds
par les travailleurs émigrés ayant enregistré une baisse inférieure à 5 %.
Bien qu’ils aient été marqués dans certains pays, les effets de la crise ont été
de courte durée, et la plupart des pays africains ont échappé à une longue et
profonde récession.
Par rapport aux crises antérieures, nombre de pays africains à faible revenu
ont, cette fois-ci, fait preuve d’une remarquable capacité de résistance.
La preuve, s’il en était besoin, est que les réformes engagées sur plusieurs
années ont porté leurs fruits - et devraient être poursuivies.
“Une bien meilleure perspective”
Certes les statistiques sont sujettes à de fréquentes révisions, mais les
perspectives pour 2010 et au delà se sont nettement améliorées.
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Le taux de croissance économique sera de l’ordre de 5,5 % en 2010 et
progressera peut-être de 1 % de plus en 2011.
Ce taux est encore inférieur à ce qui est requis, mais il est encourageant.
Des signes montrent qu’il faudra sans doute un peu de temps pour retrouver
le taux de croissance record d’avant-crise, mais nous sommes sur la bonne
voie.
Cependant, la question majeure doit être abordée : comment devonsnous
mieux gérer les recettes provenant de nos matières premières,
financer nos infrastructures, en multiplier les retombées, en bref, pour
bâtir des économies diversifiées, autosuffisantes plutôt que des économies
extraverties.
“La réponse de la Banque”
Face aux turbulences successives, vous nous avez demandé de proposer une
réponse contra cyclique, ce que nous avons fait.
C’est ce que vous attendiez de nous. Nous avons joué notre rôle. Nous avons
plus que doublé le volume de nos opérations en 2009.
À la fin de l’année 2009, notre concours s’élevait à 12,6 milliards de dollars
EU, contre 5,5 milliards l’année précédente.
Nous avons fourni en début de période, des appuis budgétaires
supplémentaires, financé le commerce et mis à disposition de la liquidité.
Notre guichet du secteur privé a comblé l’écart laissé par les promoteurs des
principaux projets d’infrastructure.
En apportant cet appui, nous avons fait montre de flexibilité, d’innovation et
d’anticipation.
Nous avons réduit considérablement notre temps de réaction.
Le guichet FAD, à lui seul, a augmenté ses décaissements de 53 % en
2009.
« Une Banque solide et saine »
Si la Banque a su réagir promptement, c’est grâce à son efficacité croissante.
Une efficacité croissante sous-tendue par les différents changements opérés
pendant la décennie en cours et en particulier durant les trois dernières
années.
Une efficacité résultant de la décentralisation de l’écoute des clients, du
recentrage marqué sur nos priorités, fondée sur notre situation financière solide,
et traduisant notre avantage comparatif croissant.
Monsieur le Président
Excellences
Mesdames et Messieurs les gouverneurs
« Situation financière solide »
Le Rapport annuel devant vous et la présentation financière de mardi vous
donnent une idée de la situation de votre Banque aujourd’hui, et qui se résume
en un mot : forte : des finances solides, des opérations ciblées et efficaces et
une institution en mutation.
Une Banque qui continue de jouir de sa note AAA que lui décernent toutes
les grandes agences de notation, une Banque dont les trois guichets affichent,
cette année encore, des résultats positifs, en dépit de la turbulence des
marchés.
Pour vous en convaincre, songez que, même au plus fort de la crise
dans les systèmes financiers mondiaux, nous avons continué à avoir
accès aux marchés des capitaux pour exécuter notre programme
d’emprunt.
C’est cette force financière qui nous permet de continuer à déployer
efficacement notre bilan.
C’est ce bon résultat qui nous permet cette année de déployer 165 millions
de dollars, prélevés sur le revenu net 2009 de 346 millions de dollars, pour
soutenir un certain nombre d’initiatives de développement, notamment par
une contribution accrue au FAD.
Mais si nous sommes forts, c’est aussi grâce à votre soutien.
Il y a trois ans, vous avez reconstitué le guichet concessionnel de la Banque,
le FAD, par une augmentation record de 50 %.
En dépit de vos propres contraintes budgétaires, vous avez permis une
certaine marge de manoeuvre pour accroître notre budget afin que nous
puissions renforcer notre capacité interne en recrutant davantage de
personnel pour consolider notre capacité d’exécution.
Et aujourd’hui, vous avez devant vous la proposition du CCG et du Comité
directeur, de tripler le capital de l’institution.
Nous sommes humblement honorés par la confiance que traduit cette mesure
historique.
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Mais, au-delà de la Banque, cette décision de renforcer la Banque de l’Afrique
est une marque de confiance en une Afrique renaissante.
Le moment de bâtir des institutions africaines solides, de stature mondiale à
l’heure où l’Afrique se repositionne, pour libérer son potentiel intérieur et s’intégrer
plus étroitement dans l’économie mondiale.
« Un portefeuille en croissance et un profil de risque plus faible »
En 2005, vous m’avez fait l’honneur et accordé le privilège de diriger cette
grande institution.
Je m’étais alors engagé, m’appuyant sur le travail fait par mes prédécesseurs,
à qui je tiens à rendre hommage, à consolider la situation financière de la
Banque, à accroître son efficacité et à lui donner une nouvelle orientation
stratégique.
Je suis très conscient de l’ampleur du travail qui reste à faire. Mais, ensemble,
nous avons accompli de grandes réalisations.
Je suis fier d’avoir conduit une équipe d’hommes et de femmes qui ont
contribué à la solidité d’une Banque dont l’Afrique peut être aujourd’hui fière.
En effet :
• Le portefeuille du guichet BAD a doublé, passant de 8,5 milliards de
dollars à 15,6 milliards de dollars en quatre ans.
• Les approbations du FAD ont augmenté de 68 % en quatre ans – et
l’encours de ses prêts (hors IADM) a doublé.
Et, fait peut-être plus important encore, ce doublement du portefeuille est allé
de pair avec l’amélioration de la qualité.
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