Shangai/Culture: Coopération sino-africaine
Invité à couvrir l'Expo2010 Shanghai, un groupe de 24 journalistes africains venus de 15 pays, notamment de l'Afrique du Sud, du Cameroun, du Nigeria, du Ghana, du Sénégal, de la République démocratique du Congo, a eu l'occasion de se rendre compte du niveau de la coopération entre la République populaire de Chine et le continent noir, grâce aux nombreux contacts organisés avec les responsables chinois.
Des ministères aux entreprises, en passant par des musées et administrations locales de certaines villes, la délégation des journalistes africains a surtout été le témoin privilégié des efforts menés par les dirigeants chinois pour le développement de ce sous-continent qu'est la Chine, incontestable modèle de développement au 21ème siècle..
Après une visite tout aussi enrichissante à l'Agence Chine Nouvelle, la délégation des journalistes africains a été reçue par le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, M. Zhai Jun, au siège même de ce ministère.
Après les souhaits de bienvenue, M Zhai Jun a tenu d'abord à souligner la particularité de l'Exposition universelle 2010 de Shanghai à laquelle ils étaient invités.
«C'est une première Exposition universelle qui se tient dans un pays en développement et où l'on trouve plus de participants», devait-il souligner, notant que le peuple chinois était heureux pour que les amis africains viennent fêter avec lui, car selon lui, il existe «une profonde amitié» entre la Chine et le continent africain depuis de longue date. «C'est un choix de long terme» de son pays, devait-il préciser.
M. Zhai Jun a souhaité qu'ils (journalistes) puissent profiter pleinement de cette occasion pour présenter aux peuples africains ce qu'ils découvrent en Chine pour ainsi contribuer à la «promotion de la coopération et de l'amitié sino-africaines» pour un avantage mutuel.
Depuis 2006, devait-il poursuivre, les deux parties développent un partenariat sur les plans économique et culturel présentant un avantage mutuel, d'autant qu'«avec le développement global rapide, la Chine et l'Afrique ont besoin de se connaître davantage» et que les journalistes avaient un rôle important à jouer dans cette connaissance mutuelle.
Il a rappelé les huit nouvelles mesures prises par son pays lors du Forum sino-africain de Charm-el Cheikh en Egypte en 2009 destinées à cimenter le nouveau partenariat entre les deux parties.
Le diplomate chinois a constaté qu'en matière de presse ces dernières années, les reportages se sont multipliés dans les deux sens et les organes de presse chinois ont davantage des correspondants. Actuellement, quatre médias chinois disposent des bureaux permanents en Afrique, notamment en Egypte, Kenya, Maroc et en Afrique du Sud. Son souhait est de voir plus de journalistes africains aller réaliser des interviews en Chine.
A une question, Zhai a déclaré que la Chine et l'Afrique ont connu de difficultés similaires, font face aujourd'hui aux mêmes tâches, notamment le défi de changement climatique, étant tous des pays en développement
Le diplomate chinois a reconnu, en ce qui concerne le changement climatique - le plus grand défi commun du moment - que les Africains étaient victimes et qu'«ils n'ont aucune responsabilité». Selon lui, «la communauté internationale a l'obligation d'aider le continent africain à faire face au changement climatique».
Quant à la Chine, elle entend mener une grande coopération avec l'Afrique, en renforçant son assistance et défendant les intérêts du continent africain. «Pour nous, il faut agir, notamment en établissant des mécanismes technologiques et scientifiques, afin que les pays africains puissent évoluer dans le cadre du développement durable», a-t-il indiqué.
Pour cela, selon le diplomate, la Chine n'entend pas prendre de ressources financières africaines. Au contraire, elle souhaite tout simplement une grande coopération en vue du renforcement des capacités et de la défense des intérêts des pays africains.
La Chine n'a-t-elle l'ambition de propager la langue chinoise? M. Zhai pense que cela se fait indirectement, notamment par l'octroi de bourses d'études aux étudiants africains qui désirent faire leurs études en Chine.
Rien que pour cette année, la Chine a accordé 5.000 bourses d'études aux Africains et entend assurer, pour la même période, environ 20.000 formations en faveur des Africains dans divers domaines.
En plus, elle a ouverts des Instituts Confucius où les Africains apprennent aussi bien le chinois que l'esprit de Confucius.
M. Zhai a aussi évoqué les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique, lesquels se développent très rapidement et se sont multipliés ces dernières années par cent. Mais les produits africains sont mal connus en Chine. Aussi, a-t-il indiqué, le gouvernement chinois a-t-il pris de mesures pour renforcer les exportations des produits africains vers la Chine.
Il entend, pour cela, créer des comptoirs d'exposition des produits africains, où les exportateurs africains pourront les présenter, afin de les faire connaître aux consommateurs chinois. Dans le même ordre d'idées, la Chine va exonérer des produits africains, une manière d'encourager les exportateurs du continent noir, surtout qu'aujourd'hui, la Chine représente un marché de 1.300.000.000 de consommateurs.
DES RELATIONS COMMERCIALES CROISSSANTES
Les chevaliers africains de la plume et du micro ont ensuite été informés, au ministère chinois du Commerce, de bonnes relations commerciales entre la Chine et l'Afrique et dont les avantages sont partagés sur base d'égalité, de fraternité et de réciprocité.
En effet, depuis 2006, a-t-on appris, les relations commerciales et économiques entre les deux parties sont tous azimuts dans les domaines aussi variés. Malgré l'éclatement de la crise financière et économique mondiale, les relations entre la Chine et l'Afrique sont restées stables, selon une conseillère du ministère chinois du Commerce.
En 2009, par exemple, le volume du commerce entre la Chine et l'Afrique était de 91 milliards de dollars américains, soit 15% de plus que l'année précédente, alors que pour la même année, 1.600 entreprises chinoises exerçaient leurs activités en Afrique.
La Chine accorde des prêts préférentiels aux pays africains pour soutenir le développement des infrastructures. Ce qui a donné de très bons résultats.
En vue de renforcer les échanges commerciaux, la Chine aide les pays africains à renforcer leurs capacités dans les domaines de l'agriculture et des infrastructures.
Elle a signé de conventions avec 30 pays africains pour l'entrée sur le territoire chinois de 4.000 produits africains sans taxes douanières, alors que dans le domaine de la santé, la Chine compte près de 9.000 médecins en Afrique.
En outre, alors qu'elle encourage les entreprises nationales chinoises à investir massivement en Afrique, grâce au fonds commercial et économique chinois, et celles fonctionnant dans le pays à importer plus des produits africains, la Chine veut aider les pays africains à augmenter le volume de leurs économies en ouvrant son marché à un grand nombre de produits africains entrant sur son territoire.
Dans ce cadre, elle veut donner plus d'accès aux Africains la possibilité d'accès aux industries de fabrication et de transformation des matières premières localement, explorer et exploiter les nouveaux domaines de coopération commerciale et économique, tout en développant le commerce des services, du tourisme, de transport, et la protection de l'environnement pour le bien-être des populations.
Selon la source, la Chine veut aider l'Afrique à prendre réellement en charge son développement dans les domaines de l'agriculture, de la médecine et de la santé.
C'est dans ce contexte qu'elle a déjà procédé à l'annulation et va continuer à annuler les dettes contractées par certains pays africains envers ce pays. Elle entend donc poursuivre une coopération commerciale et économique tous azimuts avec les pays africains, malgré les pressions de certains pays occidentaux.
Les journalistes africains se sont également rendus dans certaines entreprises et musées de la capitale Beijing, avant de se rendre à Shanghai et dans d'autres villes de l'intérieur, notamment à Zhenjiang, dans la province de Jiangsu, et à Nanjing, où ils se sont rendus compte des efforts de développement déployés aussi bien par les administrations locale, provinciale que aux plans des infrastructures, des industries et pouvant servir de modèles à l'Afrique.