Le premier train express d'Afrique du Sud sur les rails pour le Mondial

Publié le par imagazine

Johannesburg

1350840_3_2e5c_d-un-montant-de-2-5-milliards-d-euros-le-met.jpgLe train express qui doit relier, en un quart d'heure, l'aéroport Tambo de Johannesburg, capitale économique de l'Afrique du Sud, au centre-ville sera-t-il prêt, le 8 juin, pour le début de la Coupe du monde de football ? Il en va de l'image du pays, qui veut montrer au monde entier à quel point il a su se moderniser. Mais le chantier de cette première phase du "Gautrain", liaison ferroviaire de la province du Gauteng, est loin d'être achevée. L'un des constructeurs, Bouygues, et son exploitant, la Régie autonome des transports parisiens (RATP), n'en sont eux-mêmes pas certains, mais redoublent d'efforts pour y parvenir.(AFP/ALEXANDER JOE.D'un montant de 2,5 milliards d'euros, le métro de Johannesburg est le plus grand projet ferroviaire du continent noir - ici, un ouvrier lors de sa construction, le 6 mai 2010.)

Dans un pays où pas grand monde sait conduire métros ou trains express, la RATP a recruté 18 futurs conducteurs et les forme sur simulateurs. Les premières rames sont testées sur voie, le jour, et le chantier reprend, la nuit, sur plusieurs sites et gares. Sur l'ensemble de la future ligne de 80 kilomètres, jusqu'à Pretoria, 45 chantiers, dont 15 d'ouvrages hors du commun, sont menés de front, et 10 000 ouvriers s'y affairent.

D'un montant de 2,5 milliards d'euros, c'est le plus grand projet ferroviaire d'Afrique. Il a été confié, dans le cadre d'un contrat de partenariat public-privé au consortium Bombela qui associe, pour la construction, Bouygues et Murray & Roberts, numéro deux du BTP sud-africain, et pour le matériel et les travaux électriques, le canadien Bombardier. La RATP sera, elle, exploitante pendant quinze ans.

Des partenaires sud-africains sont également au capital du concessionnaire, notamment, pour 25 %, Strategic Partners" black business " - c'est-à-dire appartenant exclusivement à des Noirs, dont certains proches du gouvernement - chargées de mettre en oeuvre le Black Economic Group, sorte de fonds d'investissement qui réunit 18 sociétés dites du Empowerment (BEE), un programme de discrimination positive.

Le BEE impose en effet qu'une partie du capital soit sud-africaine et que le projet profite aux populations défavorisées, les "previously disavantaged individuals", victimes du régime d'apartheid (1948-1991). Il s'agit des Noirs, bien sûr, mais aussi des femmes, des métis, des handicapés... "Le gouvernement vise la création de 90 000 emplois locaux, directs et indirects, et nous avons des objectifs précis, contrôlés chaque mois par un audit, d'embauches et de formation des membres de ces communautés", explique Christian Gazaignes, directeur général de Bouygues Travaux Publics. Le nouveau train express permettra de décongestionner la route entre Pretoria et Johannesburg, si encombrée qu'il n'est pas rare d'y perdre deux heures à parcourir quelques kilomètres. Mais le prix du billet le rendra inaccessible aux habitants des townships. "Nous ciblons la clientèle des classes moyennes, pour qu'elle abandonne sa voiture sur nos parkings de délestage, et les touristes, qui devront, par exemple, débourser 100 rands (10 euros) pour se rendre de Johannesburg à l'aéroport", détaille Laurence Le Blanc, directrice internationale de RATP Développement.

Publicité

Publié dans Economie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article