RDC/Humanitaire: Une ONG impute à l'armée 49 "exécutions sommaires"
![]() Carte de la République démocratique du Congo © AFP |
KINSHASA (AFP) - Une ONG congolaise de défense des droits de l'Homme a accusé mardi, dans un rapport, l'armée congolaise d'avoir "exécuté" ou "ordonné l'exécution" d'une cinquantaine de personnes, en majorité des civils, lors des combats du 4 avril à Mbandaka, dans le nord-ouest de la RDC.
Selon l'Association africaine de défense des droits de l'Homme en RD Congo (Asadho), "un total de 49 personnes ont été exécutés à Mbandaka" par les Forces armées de la RD Congo (FARDC) le jour et au lendemain des combats qui les ont opposés à des insurgés Enyele début avril dans cette ville, chef-lieu de la province de l'Equateur (nord-ouest).
"La mission de l'Asadho a reçu plusieurs témoignages faisant état de l'exécution sommaire, dans la nuit du 5 au 6 avril de neuf personnes, qui avaient été appréhendées trois mois avant l'occupation de Mbandaka, accusées d'être des insurgés Enyele", affirme l'ONG dans un rapport transmis à l'AFP.
"La mission de l'Asadho a enregistré dix-huit cas de personnes exécutées sommairement et déposées à la morgue de Mbandaka. Elle a été informée de cinq corps ramassés à la cité, mais non déposés à la morgue", ajouté l'ONG, qui cite nommément six autres victimes et fait état de "15 corps déposés à la morgue" le 4 avril.
Ce jour-là, une centaine de combattants Enyele, qui disputent à une autre communauté locale, les Monzaya, le contrôle de la pêche dans des étangs au nord de la région, avaient attaqué l'aéroport de Mbandaka, repris le lendemain par l'armée congolaise avec le soutien de Casques bleus.
L'ONG accuse les insurgés Enyele d'avoir exécuté deux civils, dont un armateur congolais. Dans ce dernier cas, le gouvernement a accusé les Casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) de "non assistance à personne en danger", ce que la Monuc a rejeté.
Selon l'ONG catholique Caritas, 12 civils ont été tués pendant l'attaque de Mbandaka, alors que le gouvernement fait état de 21 morts, dont neuf dans les rangs de la Monuc et des forces de l'ordre et 12 autres parmi les assaillants.
