Paris:M Jean-Michel QUILLARDET (Grand Maître du Grand Orient de France) «La franc-maçonnerie peut être un ciment pour assurer l’unité de l’Afrique »
La franc-maçonnerie reste un mystère pour beaucoup de personnes, particulièrement les Africains. Dans cet entretien qu’il a accepté de nous accorder, le Grand Maître du Grand Orient de France le président Jean-Michel QUILLARDET lève le voile sur le mythe et définit les intensions de son obédience pour le continent africain.
M le Président, la franc-maçonnerie reste un mystère pour beaucoup d’Africains qui pensent qu’elle est réservée aux chefs d’Etats et aux personnes aisées. Que pouvez-vous expliquer à ces personnes là?
M Jean-Michel QUILLARDET : La maçonnerie n’est pas réservée aux chefs d’Etat, grâce à Dieu si je dois le dire. La maçonnerie c’est la possibilité pour chacun, pour chaque femme aussi de trouver une formation personnelle, de se développer, de se dépecer un peu, de connaître et de rencontrer des gens qui sont extrêmes tyrans. C’est donc une éthique, c’est une déontologie. Et par-delà, la maçonnerie c’est un engagement dans la société pour des valeurs qui sont des valeurs de l’humanisme universel. C’est-à-dire les droits de l’homme, les droits prescriptifs de la personne humaine, les grandes libertés publiques et individuelles, la liberté d’expression, la liberté de conscience, la laïcité. Voilà ce que permet la franc-maçonnerie qui est à la fois une formation individuelle et un engagement dans la société.
On sent que vous menez beaucoup d’actions pour le continent africain. Je prends l’exemple de mon pays la Côte d’Ivoire qui vit aujourd’hui dans une crise. Quelles actions avez-vous entreprises envers ce pays pour l’aider à se stabiliser ?
On peut avoir plusieurs actions. D’abord ce sont des rencontres ou des facilités de rencontres qui permettent quelquefois d’apaiser un certain nombre de passions. C’est difficile. Ça n’est toujours pas un succès. Donc ce que nous pouvons surtout essayer de faire c’est que les Africains qui sont francs-maçons, avec le Grand Ordre de France avec d’autres obédiences, d’essayer de faire comprendre à ceux qui se livrent des guerres fratricides que la guerre n’a jamais résolu aucun problème. Bien au contraire, elle ne peut que multiplier les problèmes et les difficultés de la population. Donc, le rôle de la maçonnerie c’est d’appeler à la rencontre, au dialogue, à la paix, à la sagesse, d’essayer de maîtriser ces passions politiques pour se retrouver sur un vrai projet pour une société. Le projet de société en Afrique c’est à la fois l’humaniste et le développement de ce continent et la réduction de cette grave question des inégalités économiques, sociales et culturelles. Aussi, faut-il savoir quand dans son problème, nous n’avons pas été sollicités par la Côte d’Ivoire pour une telle ou telle situation. En général, ce sont les pays qui viennent vers nous pour nous exposer leurs problèmes et ensemble, nous cherchons les solutions
Vous disiez tout à l’heure que la franc-maçonnerie n’est pas réservée. Alors qui peut être franc-maçon et comment y adhérer ?
Pour être franc-maçon, il faut avoir la majorité légale, et puis il faut être recruté. C’est-à-dire qu’il y a de petits examens qu’on passe. Mais la maçonnerie c’est un élitisme mais au bon sens du terme. C’est-à-dire un élitisme pour tous. C’est-à-dire que nous ne choisissons pas nos membres en fonction de leur métier, de leurs diplômes ou de leurs talents. On choisi un certain nombre de gens en qui on reconnaît une curiosité intellectuelle, les gens qui ont envie de connaître, qui ont envie d’avancer dans la vie, de progresser. Et aussi des gens qui partagent nos valeurs que j’ai indiquées tout à l’heure. C’est-à-dire l’humanisme, la démocratie et les droits de l’homme.
Aujourd’hui, nous savons que l’Afrique est un continent beaucoup plus complexe avec beaucoup de cultures, de diversités ethniques. Comment pensez-vous pouvoir réussir à implanter la franc-maçonnerie sur ce continent ?
Je pense que la franc-maçonnerie peut jouer un rôle sur ce continent, justement du fait de ces diversités culturelles, de ses approches particulières quelque fois de l’homme et du monde. La franc-maçonnerie peut être un ciment pour assurer une certaine unité. L’unité dans la différence, l’unité dans les diversités, faire rencontrer le contradictoire, ça c’est le rôle de la franc-maçonnerie. Donc je crois que la franc-maçonnerie a un grand avenir en Afrique et que l’Afrique a un grand avenir.
Etes-vous satisfait de votre mandat à la tête du GO de France ?
Ecoutez, oui. Je crois que j’arrive pratiquement à la fin de mon mandat puisque ça fera bientôt trois ans que je suis élu Grand Maître du Grand Orient de France et que le mandat ne pas être plus de trois ans. Je crois avoir réalisé beaucoup de choses. J’ai réapaisé le Grand Orient de France, j’aurais ramené le calme, la tranquillité. J’ai réintroduit le GO dans le débat public en France mais je crois aussi en international car nous travaillons aussi beaucoup en Afrique mais aussi en Europe centrale et aux Etats-Unis. Donc oui, je suis satisfait de l’œuvre accomplie.