CI/Rue Princesse de Yopougon:Quand alcool, drogue et sexe se donnent rendez-vous

Publié le par imagazine

2bfc6960b9576cc7090553.jpgRue Princesse de Yopougon. L’évocation de ce nom donne des frayeurs de dégoût à certaines personnes. Et elles n’ont pas tort. Le nouveau Sodome de la Côte d’Ivoire est devenu un lieu de rencontres où alcool coule à flot, drogue circule en toute impunité, sexe se marchande à petit prix.

Entre un verre de bière et une bouffée de cigarette, Tati, la racoleuse du bar « Cyclone » roule les yeux à l’endroit d’un client dont le groupe a devant soi plusieurs bouteilles de seaux de champagne.
A côté de ce jeune homme, présenté comme le fils à frasques (il aurait été arrêté par des policiers en possession de plusieurs millions de nos francs, et aurait insulté ces derniers, qui l’auraient relâché une fois au poste de police, sur pression de son père. Il est aussi connu pour avoir l’habitude de se laver les pieds avec du champagne), d’un ministre de la refondation, ex-argentier de l’Etat, un autre groupe de jeunes hommes et de jeunes filles, presque tous ivres morts.
Ce samedi 24 juillet 2010, l’alcool coule à flot dans le bar. Comme dans tous les autres bars de cet espace situé entre les quartiers Bel Air, Selmer et Wassakara de Yopougon : Fouquet’s, Queen’s Dicothèque, Jet 27, etc.
Combien de bouteilles de bières, sinon de casiers de bières sont vendus quotidiennement à la Rue Princesse ? Des milliers ? Des millions ? Personne ne le sait. Ce que personne n’ignore, c’est que l’alcool y coule comme la lagune ébrié : c’est-à-dire libre et « no limit ».
Dans la rue qui sépare les deux voies de la principale avenue, des jeunes filles habillées dans des tenues sexy, qui mettent en valeur leurs formes généreuses, déambulent en offrant des démarches gracieuses, souvent avec une cigarette entre les lèvres maquillées.

Sexe moins cher
Dans les encablures de la pharmacie Bel Air, Tati la racoleuse a réussi à traîner un ami du riche « boucantier », fils à papa, de son bar. Un hôtel de passe n’est pas loin de là. Combien a-t-elle monnayé son charme ? Difficile d’y répondre.
Cependant, d’autres jeunes filles, pardon, des gamines, ont une réponse à cette question. « Messieurs, y’a la chair fraîche ici », lance une jeune fille dont on ne donnerait pas 15 ans, à un groupe de jeunes gens qui se passent un joint dont l’odeur âcre fait penser à tout sauf à de la cigarette. C’est de la drogue. Dans le lot de drogués, un jeune maigre comme un roseau se retire et se dirige vers la jeune, sinon la petite prostituée. La jeune fille arbore, comme la douzaine de "collègues" à côté d'elle, un look qui aurait amené Noé à se garder de demander à Dieu de détruire Sodome. Elle porte pour tout vêtement, un caleçon de garçon, qui cache difficilement son postérieur protubérant, et un soutien-gorge trop gros pour ses petits seins.
Le jeune homme dégingandé et elle, discutent à voix basse et se retirent vers un espace de fortune aménagé après le siège de la Société générale de banque en Côte d’Ivoire (SGBCI). Cet endroit est gardé par des jeunes gens aux allures méchantes : ce sont les « protecteurs » des jeunes prostituées, peut-être leurs proxénètes. Ils encaissent une commission sur la « passe » qui s’élève au mieux à 3.000 FCFA, au pire à 5.00 FCFA « le jour où c’est dur », autrement dit, le jour où il n’y a pas assez de clients ; selon les aveux d’un jeune « protecteur ».

Dépravation
Si les bagarres et les vols ont baissé à la Rue Princesse du fait des body guards musculeux recrutés par les gérants de bars et de maquis, la prostitution et la drogue, elles sont en croissance exponentielle. Elles sont, avec la nuisance sonore, des choses tolérées par les autorités municipales et étatiques, qui ne font rien pour encadrer la gestion de cet espace qui de l’avis de certains Abidjanais, est devenu « un mal nécessaire », un « symbole de la culture ivoirienne ».
Petite anecdote : nous sommes le 29 mars 2008. Le chef de l’Etat Laurent Gbagbo lui-même, flanqué de jolies filles aux formes plantureuses et d’un certain Jack Lang, connu pour ses virées nocturnes, ponctuées d’histoires à l’eau de rose en France, effectuent une « descente » à la Rue Princesse. Destination, le "Queens Discothèque", un lieu où servent des jeunes filles aux allures de strip-teaseuses. Le chef de l’Etat ivoirien trouve l’acte tellement digne qu’il se fait accompagner d’une équipe de la télévision nationale qui n’hésite pas à faire une édition spéciale sur le sujet, le lendemain et les jours suivants.
Ce jour-là, Laurent Gbagbo écrit les plus belles pages de la dépravation des mœurs en Côte d’Ivoire. La Rue Princesse et toutes ses dérives ont donc encore de beaux jours devant elles...

Article publié le: 28 Juillet 2010 - Auteur: Clair Amoindoua - Source: Lebanco.net

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Publié dans Les News Africaines

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