CAMEROUN : QUAND LE PRESIDENT PASSE, LE PEUPLE TREPASSE

Publié le par imagazine

Par Sismondi Barlev BIDJOCKA.

Ce mardi 03 aout 2010, le président de la république  Paul Biya a quitté le Cameroun pour une visite d’état au Brésil sur invitation de Lula Da Silva. Après un bref séjour au Cameroun qu’il a rejoint samedi dernier  seulement, territoire  qu’il a laissé depuis le 14 juillet.

Bon ça  ce n’est pas grave, on est habitué depuis 1982. Nous allons  refermer cette parenthèse avec le fatalisme légendaire des Camerounais que nous sommes : « ça fait quoi » ; ou « On va faire comment » ?

Passons.

Si seulement lors de ces sorties, les Camerounais pouvaient continuer à ruminer leur pauvreté en paix. Pour ceux qui ne connaissent pas Yaoundé, il convient d’indiquer ici, que la ville n’a pratiquement pas de route. La dorsale centrale qui va du palais des congrès, c'est-à-dire de l’entrée de la présidence, en passant par le Capitole ou si vous voulez le carrefour Warda, le boulevard du 20 mai, la poste centrale, Mvog Mbi jusqu’à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, est  l’unique axe de la ville, et c’est elle qu’emprunte le président tous les jours, (pardon) tout le temps, pour ses sorties. Ces sorties devenues de plus en plus régulières ces dernières années, constituent pour les habitants et autres opérateurs économique le pire cauchemar, car cette route est fermée chaque fois que le président doit passer. Pas pour une, deux, trois, ou quatre heures, mais parfois pour toute une matinée, de huit heures à 12h par exemple, boutiques, magasins commerces fermés, call box fermés, vendeur de soya (viande grillé) dégagé, même le disquaire qui est à vingt mètres de la route doit arrêté de jouer de la musique, tout doit être calme pour le passage du président.

Ces camerounais  là dont l’argent des impôts sert à payer le carburant de la voiture du président ne sont pas content

Si tout le monde est d’accord que le président de la république mérite le privilège d’une route libre à son passage, la majorité en revanche exprime une désapprobation  virulente quant au fait que l’unique route de la capitale soit fermée pour des heures, voir toute une journée dans l’attente du passage du président

Des familles entières dorment de faim tout le temps parce que le président est passé.

Quel image un enfant peut-il garder du président quand le soir venu son père lui explique qu’il ne peut pas manger parce que le président est passé ?

Les Camerounais que nous avons rencontrés ce jour à Mvog Mbi, trainaient des visages graves, des regards de verres, et la lassitude manifeste. Pas moyen de boire une bière pour se consoler, même les bars sont fermés. Ils proposent leurs solutions.

Les passages du président de la république coûtent de plus en plus cher aux Camerounais, asphyxiés par la pauvreté.

La dorsale centrale fermée à Yaoundé, paralyse la vie de la cité. En quoi la musique du disquaire, ou la viande d’un Aladji peut-il nuire à la sécurité du président, Gros dilemme au Cameroun, mais la vérité est là, quand le président passe, le peuple trépasse

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