CAMEROUN/BUSINESS: FRANÇOISE ETOA MET LA MAFFIA D’ETAT À NU

Publié le par imagazine

« Bekolo Mbang m’a convaincue que c’est lui qui a fait nommer le ministre des Travaux publics, Patrice Amba Salla et qu’il était le conseiller du chef de l’Etat. »

 

Francoise_Etoa290912300.jpgVous défrayez la chronique depuis quelques temps dans les médias nationaux. Qui est Françoise Etoa qui fait couler tant d’encre et de salive ?
Je suis Françoise Etoa Bekono. Je suis présidente du Cercle des enfants de la défense de la langue française. Je vis à Paris, mais je suis originaire du Cameroun où je me trouve en ce moment à l’hôtel Hilton.

On vous attend depuis ce matin (Ndlr : jeudi 27 septembre 2012) au Tribunal d’Ekounou où vous êtes en procès…
Je me retrouve en ce moment à l’hôtel Hilton, c’est vrai que je devais me présenter ce matin au procès qui m’oppose à M. Jean Claude Bekolo Mbang, le Pdg de Socaepe. Je ne pouvais pas m’y rendre parce que je suis malade, ayant été incarcérée illégalement le week-end au commissariat d’Ekounou. J’y ai fait un malaise et là je suis toujours malade et c’est pour cela que je ne peux pas me rendre à mon procès ce matin. Mais étant donné que j’ai des conseils, ils ont dû se rendre à cette audience.

Vous êtes en procès contre M. Jean Claude Bekolo Mbang. Pouvez-vous nous parler de votre toute première rencontre avec le Pdg de Socaepe ?
Je rencontre M. Bekolo Mbang pour la première fois à Paris parce qu’il défrayait une chronique qui impliquait un ami, Jean Paul Guek, directeur d’une grosse société de sécurité. M. Bekolo Mbang lui avait produit des documents falsifiés, en imitant la signature de notre chef de l’Etat, Paul Biya. En ce moment là, cet ami s’était rendu au Cameroun avec ces faux documents et M. Bekolo Mbang a été par la suite incarcéré. Voilà un peu comment j’ai été en contact pour la première fois avec l’actuel Pdg de Socaepe.

Quel rôle avez-vous joué à l’époque dans cette histoire entre votre ami Jean Paul Guek et M. Jean Claude Bekolo Mbang ? 
Je ne suis pas intervenue pour M. Bekolo Mbang parce que je connaissais Jean Paul Guek, Dg de la société Proces et je connaissais le monsieur qui traitait avec lui pour créer cette société de sécurité au Cameroun. M. Bekolo Mbang étant l’ami de Jean Paul Guek, quand il s’est rendu compte qu’il a été floué par l’actuel Pdg de Soacepe, c’est comme cela que, par amitié pour M. Moïse Massogui et Jean Paul Guek que j’ai été au courant de ce problème. Je n’intervenais pas en tant que conseil ou quoique ce soit, j’étais juste au courant de ce qui arrivait à mes amis.

Comment vos amis s’étaient-ils rendus compte que la signature de Paul Biya avait été falsifiée ?
En effet, quand l’actuel Pdg de Socaepe ramène ces documents à Paris prétendument signés par le chef de l’Etat et de l’ancien Sg de la présidence de la République, Marafa Hamidou Yaya, ces amis vont se rendre au Cameroun pour ouvrir leur société de sécurité. C’est alors qu’ils vont découvrir que lesdits documents étaient faux.

Vous souvenez-vous de l’issue de cette affaire ?
La justice a été faite. M. Bekolo Mbang s’est retrouvé incarcéré à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé.

Aujourd’hui vous êtes en procès avec le Pdg de Socaepe. Quels sont les ressorts de cette affaire qui est abondamment relayée par les médias nationaux ?
Je suis enchantée de vous raconter cette histoire scabreuse (un grand soupir), dans la mesure où en mars 2012, je rencontre M. Bekolo Mbang après des années passées sans l’avoir vu. C’est à l’hôtel Hilton où j’ai toujours résidée quand je suis au Cameroun. Il était surpris de me voir et moi aussi. Il me dit qu’il est aujourd’hui magnat du pétrole au Cameroun. Ah ! Quelle n’a pas été ma surprise, le connaissant avant ! J’ai compris que bon beh, la vie a des tournures. En me faisant comprendre qu’il est devenu le magnat du pétrole, il m’informe également qu’il est aussi devenu le conseiller de notre chef de l’Etat. Quelle n’a pas été ma surprise ! En même temps j’étais ravie. Et il me fait savoir qu’il a fait nommer un ministre. Je lui demande lequel ? Il me dit le ministre des Travaux publics. Je dis oh ! Quel bonheur pour moi dans la mesure où, en dehors d’être présidente du Cercle des enfants de la défense de la langue française, je suis aussi lobbyiste. Je travaille en effet pour des sociétés à qui je fais gagner quelques marchés.

M. Jean Claude Bekolo Mbang vous parlait exactement de quel ministre qu’il aurait fait nommer ?
M. Patrice Amba Salla, l’actuel ministre des Travaux publics. J’étais tellement contente dans la mesure où, comme je viens de vous le dire, je cherche des marchés pour des sociétés. Je fais des mises en relation. Alors M. Jean Claude Bekolo Mbang pour me faire comprendre que c’est une réalité, m’invite le lendemain dans son bureau. Le lendemain à 12h30mn, il me fait reçoit dans son bureau sis à Elig Essono, le siège de la société Socaepe. Pendant que je suis avec lui, il va prendre son téléphone et va appeler le ministre Patrice Amba Salla que je ne connaissais pas du tout. Il s’est écoulé 20 minutes et le ministre Patrice Amba Salla est arrivé. M. Jean Claude Bekolo Mbang m’a présenté le ministre à qui j’ai remis une carte de visite. Il a dit au ministre, voici notre sœur Françoise qui vit à Paris et nous pourrons faire des affaires avec elle. Quelle n’a pas été ma surprise et le bonheur de rencontrer le ministre des Travaux publics chez M. Jean Claude Bekolo Mbang ! A ce moment là, j’ai été convaincue que c’est le Pdg de Socaepe qui a fait nommer ce ministre et qu’effectivement il est le conseiller du chef de l’Etat comme il me l’avait dit. J’avais une preuve palpable devant moi.

Etant lobbyiste, aviez-vous déjà des dossiers sous la main ?
Non. J’ai clairement indiqué à M. Jean Claude Bekolo Mbang et au ministre Patrice Amba Salla que je voudrais avoir les affaires. Chose normale pour une lobbyiste. Eux-mêmes vont prendre les devants en me faisant une proposition. Ils m’ont dit qu’en ce moment, nous avons pleins d’affaires, des routes, des ponts. J’étais vraiment ravie.

Depuis lors avez-vous déjà eu quelques propositions de vos partenaires ou alors des promesses ?
Nous n’avons pas d’affaires en cours. Il y avait des propositions. Ils m’ont dit nous avons un parterre d’affaires à vous proposer, mais pour adhérer à ces affaires là, il ya des conditions à remplir.

Lesquelles donc ? Aviez-vous une société en tête avec laquelle vous projetiez collaborer ?
Pas nécessairement. En tant que lobbyiste, j’ai des sociétés dans le monde entier qui s’adressent à moi pour travailler avec le Cameroun. En ce moment précis, mon problème était d’abord d’avoir la confiance du ministre et lui me proposait aussi d’accéder à ses conditions, avant de bénéficier des largesses des marchés.

Quelles étaient ces conditions à remplir ?
Il fallait  que je donne 250 millions de Fcfa comme aval pour faire gagner les marchés à mes partenaires.

Est-ce que les 250 millions de Fcfa ont été donc versés ?
J’ai négocié quand même en indiquant que je ne savais même pas encore quel marché nous allions gagner et que 250 millions de Fcfa étaient énormes. Je leur ai proposé que je donnerais d’abord 50 millions de Fcfa, pour avoir un marché et pouvoir conclure le reste après.

Est-ce les 50 millions de Fcfa ont été remis ? Si oui quand, où et à qui ?
Les 50 millions de Fcfa ont été versés à M. Jean Claude Bekolo Mbang, dans son bureau. Puisque ce dernier a envoyé un certain M. Belomo qui est un de ses directeurs de société. C’est lui qui est venu me récupérer à l’hôtel Hilton avec ma valise d’argent. La transaction a été faite dans le bureau de M. Jean Claude Bekolo Mbang et dès que je suis arrivée, il a pris son téléphone et a appelé le ministre Patrice Amba Salla pour lui dire que Françoise avait déjà ramené de l’argent. Il a précisé au ministre que Françoise a ramené 50 millions de Fcfa.

Est-ce que vous avez cherché à savoir si le ministre avait bel et bien reçu ces 50 millions de Fcfa ?
Il se passe des semaines, une fois que j’ai remis l’argent à M. Bekolo Mbang. Je rentre à Paris. Mes interlocuteurs me disent, bientôt on vous fera signe pour vous proposer quelque chose. Des semaines passent et je n’ai plus de nouvelles de M. Bekolo Mbang que je tente de joindre au téléphone en vain. Je serai obligée de revenir au Cameroun pour reprendre contact avec lui. Une fois à Yaoundé, je l’appelle à nouveau, sans suite. Par hasard, 5 jours après, M. Bekolo Mbang m’apprend qu’il était malade. Quand je rappelle bien après, plus de nouvelles. Alors je décide de contacter le ministre Patrice Amba Salla lui-même. Sans succès, puisque le ministre au courant de ma présence au Cameroun ne semblait pas vouloir me recevoir.

Bien compliquée votre histoire…
C’est à ce moment que je vais faire appel à l’ami d’un de mes oncles, M. Eyebe qui travaille à la présidence de la République, en lui expliquant que j’avais dealé avec 2 amis et là que je n’arrivais plus à mettre la main sur eux. Préoccupé par ce que je viens de lui dire, M. Eyebe va prendre rendez-vous avec le ministre des Travaux publics. Sans lui dire pour autant qu’il est accompagné avec moi. Nous allons nous rendre au ministère des Travaux publics, quand il rentre dans le bureau, je suis juste derrière lui. Il dit au ministre Françoise Etoa est là, elle voudrait vous rencontrer. Le ministre va répondre, bon vous pouvez entrer. Je rentre dans le bureau et je m’assois. Il va s’en suivre un échange cordial entre M. Eyebe qui va demander : vous connaissez Mme Etoa ? Le ministre Patrice Amba Salla va rétorquer par l’affirmative. Vous la connaissez où ? reprend M. Eyebe, au bureau de M. Bekolo Mbang, réplique  le ministre. C’est en ce moment que je vais prendre la parole en disant : monsieur le ministre, je suis devant vous parce que depuis que je suis là, je cherche à vous rencontrer, mais vous ne voulez pas me recevoir. Je veux rencontrer M. Bekolo Mbang sans succès. Tout le monde a presque disparu dans la nature. Je veux savoir ce qu’il en est, parce que je suis inquiète. Il me fait comprendre que oui, mais pourquoi ? Je dis parce que j’ai fait ce que j’avais à faire, à savoir vous envoyer les 50 millions de Fcfa comme vous l’avez bien demandé. M. le ministre me dit, ah si M. Bekolo Mbang est venu prendre de l’argent chez vous, dites lui de vous le rembourser. J’ai dit au monsieur le ministre, dans ce cas, comme je suis dans votre bureau, M. Bekolo Mbang étant à Yaoundé, appelez pour qu’on règle ce problème ici. M. le ministre n’a pas daigné appeler M. Bekolo Mbang. Nous allons rebrousser chemin, sans suite.

Qui est exactement M. Eyebe que vous évoquiez tantôt ?
Je vous répète M. Eyebe est l’un des chauffeurs de la présidence de la République. Il est gendarme, vous pouvez le contacter puisque j’ai son numéro de téléphone parce que, dans cette affaire, il va intervenir à plusieurs reprises pour essayer de voir ce qui n’allait pas. Je suis d’ailleurs prête à vous donner son contact téléphonique pour vous permettre d’approfondir vos investigations.

Si on comprend bien, vous n’avez plus eu vent des 50 millions de Fcfa, malgré les différentes relances en direction de M. Jean Claude Bekolo Mbang ou encore le ministre Patrice Amba Salla…
Je n’ai plus jamais reçu un radis de ces 50 millions. J’ai bien compris une fois que j’ai rencontré le ministre Patrice Amba Salla que j’étais victime de ma propre turpitude. Je me suis dit, c’est un incident d’affaires. Une fois que j’ai compris que j’avais été un peu flouée, je n’ai pas osé relancer qui que ce soit. C’est M. Amougou Belinga qui a intervenu dans cette affaire en me faisant comprendre qu’on était des frères et qu’on pouvait trouver un terrain d’entente. On a repris contact, M. Bekolo et moi, même comme il va m’endormir en m’indiquant que tout n’était pas perdu et que les choses iront pour le mieux.

Est-ce qu’on peut avoir une idée de vos sociétés partenaires ?
Je ne peux pas citer ces sociétés dans les affaires où elles ne sont pas concernées. Il s’agit ici d’une histoire privée qui s’est passée entre M. Bekolo Mbang, le ministre Amba Salla et moi. Mais sinon, si vous allez sur le net, vous comprendrez ce que je fais à travers le monde, parce que je suis une femme publique.

Vous avez parlé de M. Eyebe tout à l’heure. On dirait que vous êtes très introduite. Nos sources indiquent que vous avez par exemple des liens étroits avec le délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé, le ministre, directeur du cabinet civil de la présidence de la Républquue, Martin Belinga Eboutou…
Introduite, c’est trop dire. Je rencontre notre délégué général à la Sûreté nationale par le concours de M. Eyebé. Parce qu’une fois que j’ai rencontré le ministre Amba Salla dans son bureau, M. Eyebé s’est rendu quand même compte qu’il y avait quelque chose de grave qui se tramait. Etant gendarme, c’est tout à fait normal qu’il me conduise vers le Dgsn à qui j’ai confié mon désarroi de ce que je venais de subir de M. Bekolo Mbang et le ministre des Travaux publics.  Je lui ai fait savoir ce qui c’était passé. Il m’a dit, ma fille, c’est comme ça qu’il m’a appelé, raconte moi l’histoire. Ce que j’ai fait au mois d’avril. Je ne connaissais donc pas particulièrement le Dgsn. Une fois partie, je n’avais ni ses coordonnées, rien du tout. Je ne peux donc pas dire que le Dgsn est un proche.

C’est tout ce que le Dgsn a pu vous dire ?
Je le répète, le Dgsn m’a dit, ma fille, j’ai compris vos doléances et il s’est arrêté là et on s’est dit au revoir. Il ne m’a plus jamais donné de suite, rien du tout. J’étais seulement très surprise que vendredi (Ndlr : le 21 septembre dernier) avant qu’on aille me faire enfermer illégalement, le Dgsn a demandé à M. Eyebe que je vienne le voir. C’est de son bureau que je me suis rendue au commissariat d’Ekounou, soi-disant que je devais me faire entendre et aller chez le procureur. M. le Dgsn m’a dit, étant donné que le procureur veut vous entendre, je ne veux pas entraver la loi, vous devez vous rendre au commissariat et aller voir le procureur de la République. C’est la 2ème fois que je voyais le Dgsn, toujours accompagnée de M. Eyebé.

Et le Dcc Martin Belinga Eboutou ? Dans certains médias, on prétend même que vous commanditez des articles de presse contre ce proche collaborateur du chef de l’Etat. Est-ce vrai ?
M. Martin Belinga Eboutou est une vieille connaissance. Et depuis que je suis arrivée au Cameroun ces jours-ci, on m’accuse dans certains journaux d’avoir commandité des articles de presse contre lui. Ce que je ne reconnais pas du tout. Ceci parce que M. Martin Belinga Eboutou que je connais très bien, moi Françoise Etoa, j’ai été, je peux dire, la petite mère de ses enfants. Je m’en suis occupée à Paris comme une mère. J’ai été proche de ses enfants qu’il a envoyés en vacances chez moi à Paris. Vous comprenez que, si quelqu’un vous confie ce qu’il a de plus cher à savoir sa progéniture, ce qu’il y a une relation de confiance avec cette personne. Alors depuis quelque temps où M. Bekolo Mbang et Cie racontent que j’aurai écrit ceci ou cela contre M. Martin Belinga Eboutou, j’ai été très étonnée et très affectée. Je ne peux pas me permettre de faire ce genre de chose, puisque je peux avoir accès à M. Martin Belinga Eboutou s’il y a un problème. Ce que je n’ai pas fait. Si M. Belinga Eboutou me reproche quelque chose, je crois qu’il a la possibilité de me contacter, étant donné qu’il me connait bien.

Vous dites ici que vous n’avez jamais parlé de vos problèmes à M. Martin Belinga Eboutou ?
Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais parlé de mes problèmes actuels avec M. Martin Belinga Eboutou. Je suis restée dans mon coin. M. Belinga Eboutou est une haute personnalité de l’Etat que je respecte, mes problèmes de business ne le regardent pas. Je suis au Cameroun presque 2 fois par mois, je n’ai jamais contacté M. Belinga Eboutou pour lui dire quoique ce soit. Je mène ma petite vie tranquille et lui, ses devoirs d’Etat.

Revenons à cette affaire qui vous oppose à M. Jean Claude Bekolo Mbang. Quelle est sa démarche par la suite ?
M. Bekolo Mbang, pendant que je suis dans l’euphorie d’affaires, il me fait comprendre qu’il veut être député dans le département du Nyong et Mfoumou. Je lui dis que ça tombe très bien puisque je prépare une grande opération pour équiper les hôpitaux du Cameroun en consommables. C’est une opération que j’ai faite en Côte-d’Ivoire avec l’ex-première Dame, Mme Gbagbo. C’est une opération que j’ai faite au Mali avec l’ex-première Dame, l’épouse de Toumani Touré, c’est une opération que j’ai faite en Guinée Equatoriale où j’ai eu beaucoup d’activités avec la création de ma maison de la francophonie qui a été financée entièrement par le président Obiang Nguéma, à hauteur de 2 milliards de Fcfa. M. Bekolo Mbang étant intéressé à mon côté humanitaire, je lui dis puisque nous sommes en affaires, vous voulez me faire du bien avec votre ministre des Travaux publics, moi aussi je vais vous apporter quelque chose. Il me dit « Françoise, cette opération m’intéresse ». Je lui dis, M. Bekolo, dans cette opération, pour adhérer, il faut être sponsor. Il me demande « Françoise, à quelle hauteur ? » Je lui dis à hauteur de 1 300 000 Fcfa. Il m’envoie à Paris cette somme pour être sponsor de l’opération des consommables. Et je crois que dans cette affaire, j’ai eu un 2ème sponsor camerounais à savoir le député Paul Eric Djomgoué qui m’a aussi envoyé une somme de 1 300 000 Fcfa, en donnant comme zone, sa zone de prédilection à savoir la Cité Verte. Je vais rentrer à Paris faire ce container humanitaire qui a entièrement été financé par mon sponsor officiel, Sogea Satom. Travaillant pour la promotion de la langue française, il faut dire en passant que ce sont les sociétés françaises qui appuient toujours mes différentes actions à travers le monde. Ainsi par exemple en Guinée Equatoriale, c’est la société Razel avec pour Dg Perben François qui était mon sponsor officiel dans une cérémonie courue de distribution des dons dans ce pays. Vous pouvez également le vérifier sur la toile. Une fois donc au Cameroun, je vais prendre l’exonération du ministère des Finances. Le container va arriver à Paris le 1er juillet 2012. Je prends contact avec M. Bekolo Mbang pour lui annoncer mon arrivée. Il ne manque pas de me dire, « quand tu vas arriver, nous irons à Akonolinga pour la médiatisation de cette action ». Alors M. Bekolo Mbang me dit, Françoise, j’ai pleins de mails, je pourrais t’offrir un billet gratuit de mes mails pour que tu viennes au Cameroun et que nous nous rendrons à Akonolinga. Je lui indique que j’arrive au Cameroun le 1er août 2012. Ce qui a été fait. Mon sponsor officiel Satom Sogea va s’occuper de dédouaner mon container, avec l’implication de la société Bolloré qui est son transitaire.

Une fois au Cameroun, vous avez rencontré M. Bekolo Mbang ? 
Avant d’arriver, j’envoie un message. M. Bekolo me fait croire qu’il est au Cameroun. A mon arrivée, je l’appelle, il me dit qu’il est plutôt à l’Ile Maurice. J’étais très étonnée. Je ne manque pas de lui dire, « tu me fais venir au Cameroun où on doit faire une opération dans laquelle tu es partenaire, comment se fait-il que tu sois aujourd’hui à l’Ile Maurice ? » Il va me répondre qu’il allait arriver bientôt. Ce qui va me laisser le temps de tout organiser. Néanmoins, M. Bekolo Mbang me dit, « je vais t’envoyer mon chauffeur quand même pour te donner de l’argent de poche ». Il va le dépêcher vers moi à l’hôtel Hilton avec les 500 000 Fcfa. Très gentil ! A partir de ce moment là, je vais m’occuper de gérer entre Douala et Yaoundé avec la société Bolloré, des formalités de ma sortie de mon container. A ce moment là, je me rends à Douala pour signer le bon de sortie de mon container. De Douala, j’envoie un message à M. Bekolo Mbang pour le renseigner de tout ce que j’avais entrepris. Je vous tiens ici ce message que j’ai envoyé  à M. Bekolo le 14 août où je lui dis (elle nous fait lire le sms dans son téléphone portable) : « Je suis à Douala pour amener le container à Yaoundé vendredi. Arrives-tu toujours samedi, car la manifestation se passera mardi 21 au Hilton présidée par le Minsanté. Françoise. »

Est-ce que M. Jean Claude Bekolo a réagi à ce message ?
Oui. M. Bekolo Mbang va m’appeler. Le 12 août, j’ai une conversation avec lui où il me fait comprendre qu’il voulait plutôt prendre tout le container. Pour la cérémonie qui était déjà prévue au Hilton, j’ai invité tous les hôpitaux qui devaient recevoir mes dons, en présence du conseiller technique du ministère de la Santé publique qui a été chargé de venir représenter le ministre. Par rapport à la proposition de M. Bekolo qui veut désormais que je lui cède tout le container humanitaire, je vais lui dire, mais M. Bekolo, vous n’êtes qu’un de mes sponsors. Pour cela, vous ne pouvez pas bénéficier de tout le container. Je vais lui envoyer un message que je vais vous lire (elle nous fait à nouveau lire le sms dans son téléphone portable) « Bonjour Jean Claude, il est important pour moi de faire une petite médiatisation que j’ai prévue le 21 août au Hilton, car mes sponsors l’exigent pour la traçabilité et ton personnel peut te représenter. Nous avons toujours fonctionné comme ça dans tous les pays et je tiens à préserver ma crédibilité auprès de mes fournisseurs. J’espère que tu es bien placé pour le comprendre, bonne soirée. »

Réaction de M. Bekolo par rapport à ce 2ème message ?
Il n’a jamais réagi. Le container est arrivé à Yaoundé. J’avais déjà préparé l’évènement au Hilton. J’ai un ami du côté de Central hôtel qui va m’aider en gardant mon container. Il a accepté de le faire gratuitement pendant 48h, avec les chauffeurs de Satom, et le camion de Satom, en attendant la manifestation du Hilton. Vous pouvez le vérifier.

Et la cérémonie proprement dite, comment elle s’est passée ?
Au cours de la cérémonie, je vais profiter pour annoncer toutes les villes bénéficiaires de ce don. Et j’annonce même Akonolinga qui est la ville natale de M. Bekolo Mbang. Après la cérémonie, je vais donc demander à tous les récipiendaires qu’ils pouvaient désormais s’adresser à Mme Baï qui est docteur et qui peut remettre les dons aux récipiendaires. Y compris Akonolinga qui a été annoncée officiellement. Après cette cérémonie, je constate que M. Bekolo Mbang n’a pas été représenté. Je vais l’appeler en lui indiquant qu’il pouvait néanmoins récupérer le don de l’hôpital d’Akonolinga au ministère de la Santé. M. Bekolo Mbang ne m’a pas répondu. En ce qui me concerne, mon boulot était terminé. Je dois donc rentrer à Paris le 25 août pour préparer la rentrée scolaire de ma fille.

Vous étiez donc radieuse de rentrer à Paris avec le sentiment d’une  mission bien remplie…

Oui. Même si par la suite, tout va se transformer en un véritable cauchemar. Le 25 août au soir, je me rends à l’aéroport international de Nsimalen et je commence les formalités d’enregistrement. A ma grande surprise, les personnels de la compagnie Air France me font comprendre qu’ils ne retrouvent pas mon nom. Je dis, beh écoutez, il y a un problème, j’ai bien confirmé ma place, mais qu’est-ce qui se passe ? Tractations sur tractations, Air France va malheureusement partir sans moi. Je fais appel au commissaire de l’aéroport. Finalement Air France va prendre en charge ma nuit d’hôtel, consciente du préjudice causé à mon endroit. Le lendemain, Air France lance les recherches et se rend compte qu’un certain M. Bekolo Mbang, le 23 août 2012 à 17h, avait fait annuler chez Flying Blue (ceux qui gèrent les mails), mon retour sur Paris. Je me retrouve donc à Yaoundé, c’était dimanche 22 août 2012. Le lundi 23 août, pas de problème, je vais aller m’acheter un billet d’avion, même comme à cette période, tous les vols sont pleins. J’ai pu trouver un vol par Camair-Co le 1er septembre, en classe affaires et c’est comme ça que je rentre à Paris.
Avant de m’envoler pour Paris, je vois un ami de Bekolo Mbang, M. Amougou Belinga. Je lui fais part du tour que M. Bekolo Mbang m’a joué à l’aéroport en lui disant, le Pdg de Socaepe sait qu’il m’a joué comme tour à savoir qu’il m’a quand même pris 50 millions de Fcfa. Néanmoins, j’ai fait mon devoir à savoir donner à sa ville Akonolinga, des dons. Je ne manque pas de lui dire qu’il m’a proposé de détourner ce container humanitaire, j’ai dit non et voilà ce qu’il me fait en allant discrètement annuler mon vol. S’il ne voulait pas que j’utilise ses mails, il n’avait qu’à me le dire, puisque je ne suis pas à un billet d’avion près. Voilà la seule personne à qui j’ai confié mon désarroi. Je suis rentrée à Paris. J’avais tourné la page, je savais désormais à qui j’avais à faire. Après la réconciliation qui avait été provoquée par M. Amougou Belinga, je me suis dit que M. Bekolo qui m’avait envoyé un message à Paris auparavant, va continuer à me nourrir d’espoir. A ce moment là, avec ce qui s’est passé à Nsimalen, j’ai compris que non seulement je n’aurai plus jamais mes 50 millions de Fcfa, mais en plus de ça que j’avais à faire à quelqu’un qui était complètement de mauvaise foi. En ce qui me concerne, j’ai confirmé ma première idée qui voulait dire : Françoise, tu es victime de tes propres turpitudes. Et que dans les affaires, ce sont les incidents qui arrivent.

Vous êtes à Yaoundé  à nouveau ?
Oui, en fait j’ai programmé mon voyage pour Yaoundé dans le but d’y accomplir un travail. Avant d’arriver à Yaoundé, une certaine presse a commencé à tirer à boulets rouges sur moi. Avant d’arriver au Cameroun, j’avais mon nom dans les journaux. Je suis arrivée à Yaoundé la semaine dernière, mardi soir (Ndlr : le18 septembre 2012 dernier), à bord d’un vol Camair-Co. Le lendemain à mon réveil, mon nom était déjà dans la presse. Quand je lis, je vois que Françoise Etoa est commanditaire des articles sur Bekolo Mbang, sur Martin Belinga Eboutou. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Parce que je ne comprenais pas ce qui pouvait m’amener à commanditer des articles sur le Dcc Martin Belinga Eboutou ou encore M. Jean Claude Bekolo Mbang. Je me dis, je ne réponds pas. Mais quand même ça m’interpelle, j’appelle le directeur de publication d’un des ces journaux en lui demandant, monsieur, vous prétendez que j’aurai escroqué 20 millions de Fcfa à M. Bekolo, est-ce que vous avez recoupé votre information avant de me traiter d’escroc ? Vous n’avez pas le droit d’avancer de telles allégations. J’ai laissé un message et je suis passée à autre chose.

A ma grande surprise, comme nous sommes quand même au Cameroun j’apprends jeudi soir (Ndlr : le 20 septembre dernier) par des amis que M. Bekolo Mbang auraient demandé aux antis-gangs de m’enlever. Pour moi c’est une boutade. Le vendredi, je me lève de ma chambre pour aller travailler, au niveau du hall de l’hôtel, j’aperçois le garde de corps de M. Bekolo Mbang que je connais. Il est avec des gens en civil qui me regardent bizarrement. Je rentre pour prendre mon petit déjeuner, je surprends le garde du corps entrain de faire un signalement pour leur dire que c’est Mme Etoa. Je le sens. En ce moment là, je me sens en danger, je fais appel à mon avocat, Me Song. Je lui dis, cher maître viens vite à l’hôtel parce que je sens qu’il y a des mouvements autour de moi qui sont un peu bizarres. Me Song va arriver aussitôt.

 


Je fais aussi appel à M. Eyebe du palais en lui disant, venez vers moi parce qu’il y a des mouvements autour de moi que je ne comprends pas. Je ne suis pas sortie de l’hôtel. Il se passe des heures, je suis toujours avec M. Eyebe et mon avocat. Vers 14h30mn, arrive un commissaire de police qui se présente à moi et dit Mme, est-ce que je peux vous voir. Ça confirme mon idée. Je lui dis non, adressez-vous plutôt à mon avocat qui était assis à côté de moi, à savoir Me Song. Alors ce commissaire se présente et dit qu’il s’appelle Evina et qu’il est venu m’interpeller parce que le procureur d’Ekounou a besoin de me voir parce qu’une plainte a été déposée contre moi pour escroquerie de 45 millions de Fcfa qu’aurait déposée M. Bekolo Mbang. Mon avocat va lui demander s’il dispose d’un mandat d’amener. Il balbutie un peu et à l’instant précis, M. Eyebe va appeler le délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguélé en lui disant, il y a un commissaire ici à l’hôtel Hilton au Safoutier (le restaurant où j’étais) qui est venu interpeler Mme Etoa. Le délégué général à la Sûreté nationale va demander à M. Eyebé de lui passer ce commissaire. Ce qu’il va faire. Le commissaire va donc se rendre chez le délégué général à la Sûreté nationale. Il se passe 30mn, le délégué général à la Sûreté nationale demande à M. Eyebe qu’il me conduise vers lui. Il faut souligner que mon avocat avait demandé que je ne bouge pas de l’hôtel. Mais étant donné que c’est le délégué général à la Sûreté nationale qui me demandait de venir, j’étais rassurée, je suis donc partie avec M. Eyebé voir M. Martin Mbarga Nguélé. Quand je suis arrivée à son bureau, il m’a dit ceci : Mme Etoa, vous savez, le procureur a demandé à vous voir, je ne peux pas entraver la loi, allez vous faire entendre et vous irez voir le procureur. Ceci étant, je suis sortie de son bureau rassurée et j’ai informé mon avocat pour dire que le délégué général à la Sûreté nationale m’a demandé de me rendre à Ekounou pour me faire entendre. Mon avocat s’y est rendu pendant ce temps, alors que je vais entrer dans ma voiture avec mon chauffeur, le commissaire Evina me dit, montez plutôt dans ma voiture. Ce que j’ai fait. Il me ramène donc à Ekounou dans le 4ème arrondissement alors que j’habite le Hilton, qui n’est pas très loin de la Pj, à côté du bureau du Pdg de Socaepe. Pourquoi m’amener au commissariat d’Ekounou alors que la Pj est tout à côté ? Tout comme à Ekounou, je ne comprenais pas très bien ce qui se passait.

 Qu’est-ce qui s’est passé au commissariat ? 
Je suis arrivée là-bas rassurée. C’est là que mon avocat et moi prenons connaissance de la plainte de M. Bekolo Mbang. Je demande, mais attendez, M. Bekolo dit que je lui ai escroqué 45 millions de Fcfa, comment ? Quand ? Où ? Devant quel témoin ? Est-ce qu’il a des documents, des preuves ? Le commissaire dit « non, il n’a pas de preuves. Ce sera après ». Je dis non, avant d’arriver ici, je devais trouver des Western Union, des transferts ou des reçus. Il dit « non non non, écoutez, on vous entend ! ». Il va faire venir un monsieur, d’ailleurs je crois qu’il est à la retraite, c’est cet enquêteur qui prend la machine et commence à m’entendre. J’ai relaté tout ce que je vous ai dit ici en présence de mon avocat. Une fois que j’ai fini d’être entendue, le commissaire nous a dit qu’il arrivait. Il a disparu du commissariat, il était 16h30mn. Il n’est revenu qu’à 21h. J’étais très inquiète, je ne comprenais pas pourquoi le commissaire ne revenait pas. A 21h, le commissaire revient et me dit, « Mme Etoa à partir cet instant, vous êtes en garde à vue ». Je n’en revenais pas de ce qui m’arrivait. Il me dit, « vous n’avez plus droit à votre téléphone ». Mon avocat Me Song va indiquer qu’il se posait en garantie de me ramener à tout moment, si cela est nécessaire. Le commissaire va s’opposer. Il va dire qu’il a des instructions et que Mme Etoa doit être gardée à vue. Tout de suite, il me pousse violemment dans la cellule. C’était terminé.

Qu’est-ce qui va se passer par la suite ?
Mon cauchemar avait commencé. Mon avocat a essayé de s’expliquer  avec le commissaire Evina. Rien n’y était fait. J’étais à l’intérieur d’une cellule où je me suis retrouvée avec des braqueurs, des voleurs et tout un bazar inimaginable. J’attire quand même l’attention du commissaire en lui disant que je suis hypertendue et qu’on me donne au moins la possibilité de pouvoir avoir mon traitement puisque tout était au Hilton. Il va refuser. Je vais passer cette nuit là sans prendre mes médicaments. Samedi, je me sens un peu mal, toujours pas mes médicaments. L’après-midi, vers 15h par là, le procureur Samè va venir me voir parce qu’il aurait appris que je n’avais pas mes médicaments. Je vais lui réitérer que je voudrais avoir accès à mes médicaments. Il me dit oui et il s’en va. Je crois que j’aurai enfin accès à mes médicaments. Malheureusement, je vais encore passer la nuit sans prendre mes médicaments. Vous vous imaginez une hypertendue comme moi, vendredi soir, samedi soir, sans un seul comprimé, je commence à avoir des maux de tête. Le dimanche, je reste toujours sans médicaments, je vais donc déclarer aux policiers que je ne peux plus tenir sans médicaments. Vous savez, le Hilton est un 5 étoiles, étant donné que je suis incarcérée, j’ai demandé à ce que des éléments soient mis à ma disposition pour récupérer mes médicaments parce qu’on ne pouvait pas donner la clé de la chambre à qui que ce soit dans la mesure où c’est une question de responsabilité pour l’hôtel. Le commissaire Evina a refusé. Dimanche soir vers minuit, je veux faire un malaise. Quand je commence à le sentir, je me plains en cellule en hurlant que je me sens mal. Le commissaire reste indifférent. Heureusement que j’avais mon téléphone ; je vais appeler  M. et Mme Mvié de la présidence, en leur soufflant doucement que ça ne va pas et que je fais un malaise. Ils ont accouru au commissariat, il était minuit passé. Ils se sont rendus compte que je me sentais pas bien et ils ont fait appel à un médecin. C’est le fils du Dr Biwolè qui est venu me consulter et qui a constaté que ça n’allait vraiment pas. En ce moment là, ils ont du appeler le Hilton en urgence et M. Mvié s’est présenté au Hilton en indiquant que Mme Etoa est en cellule et elle se sent mal. Le Hilton a été gentil en acceptant qu’il puisse accéder dans ma chambre pour chercher mes médicaments. Le Dr Biwolè m’a soulagé, il était 24h55mn et il est reparti. Pendant que je suis entrain de faire ce mini malaise, le commissaire est là et dit en riant à gorge déployée, « de toutes les façons, c’est du cinéma, je ne crois pas à ça ». Il aura même une prise de bec avec M. Mvié qui lui disait quand même que la situation était préoccupante, depuis 3 jours, elle n’avait pas pris ses médicaments. Il va encore dire qu’il a des instructions de garder Mme Etoa, ce sont des hautes instructions. Voilà comment j’ai encore dormi une nuit de plus dans cette cellule où je vivais mon cauchemar. Et le lundi matin, j’ai été présentée au procureur, j’ai été libérée et je suis rentrée à mon hôtel.

Quel sentiment après votre sortie de cellule ?  
J’ai été incarcérée illégalement, mais je sais qu’au Cameroun on n’incarcère pas les gens le week-end. Et tout le monde sait que je suis camerounaise. Je suis en France depuis 25 ans, je ne peux pas fuir surtout quand on m’accuse de quelque chose d’aussi grave, que j’ignore d’ailleurs. Je n’avais qu’une seule envie, voir les preuves de M. Bekolo, que je n’ai pas vues jusqu’au moment où je vous parle. Quand je suis sortie de cellule, j’ai trouvé que plusieurs journaux du Cameroun avaient carrément pris mon nom en otage, j’étais l’escroc de service, et tout ce que vous pouvez imaginer. Je faisais la Une de presque tous les journaux de ce pays et les radios. Une émission radio de la police m’a même traitée de tous les noms d’oiseaux alors même que les faits de mon accusateur n’étaient pas encore prouvés. Ce que je peux vous dire aujourd’hui, c’est que le commissaire Evina est un proche de M. Bekolo Mbang, étant donné que c’est son cousin. Pendant que je suis en cellule, vous savez entre gardés en vue, vous pouvez vous parler. J’ai cru comprendre que ce commissariat est le seul où M. Bekolo amène tous ceux qui ont un problème avec lui, parce que M. Evina est presqu’à son service. Et je faisais partie de ses victimes parce que dans ce commissariat et vous pouvez le vérifier, c’est la 20ème personne qu’il amène toujours au même commissariat. J’ai compris que c’était dans l’étau d’un certain réseau où, pour attraper les gens, M. Bekolo vous amène à Ekounou et le commissaire facilite le reste. A ce jour, avec mes conseils, j’ai porté plainte à M. Evina pour avoir violé la zone de compétence où l’affaire aurait pu être portée. Je crois à la justice de mon pays, je ne dois rien à M. Bekolo Mbang. C’est pour cela que j’apprécie votre sens d’investigation. Je vous donnerai les documents afférents à mon container, la douane, mes factures d’hôtel, le transit. M. Bekolo Mbang a déclaré m’avoir payé l’hôtel Hilton, vous aurez les factures, vous verrez que la manifestation du Hilton n’a jamais été payée par M. Bekolo Mbang. Tout a été payé par moi-même à travers mon sponsor officiel qui est Sogea Satom. Et l’hôtel depuis son ouverture, je suis une grande cliente au point d’être « client diamant », c’est-à-dire un client fidèle. Et dans cet hôtel, je n’ai jamais eu une facture impayée. Tout a été payé rubis sur ongle. Je demande que vérité soit faite et que mon honneur soit lavé. Je crois en la justice de mon pays, bien que j’aie appris qu’il y avait des réseaux mafieux derrière, mais je vous ai donné ici ma vérité.

© Correspondance de : François Owona et François Théodore Evembe

 

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