Zimbabwe/Politique: Mugabe et Tsvangirai contre l'homosexualité
"Je ne suis pas d'accord avec ça (les droits pour les homosexuels). Pourquoi un homme devrait avoir une relation avec un autre homme quand les femmes représentent 52% de la population ? En fait, il y a moins d'hommes que de femmes", a déclaré jeudi M. Tsvangirai lors d'une cérémonie pour la Journée de la femme.
"J'ai entendu dire que cette question avait été discutée lors de l'élaboration de la Constitution (...) Ceux qui font cela, on peut dire qu'ils ont perdu la tête. C'est juste de la folie", a renchéri le président Mugabe.
"Nous ne pouvons permettre cela", a-t-il ajouté.
Depuis son arrivée au pouvoir en 1980, le chef de l'Etat a plusieurs fois fortement critiqué l'homosexualité, interdite dans ce pays d'Afrique australe. L'association Gays et lesbiennes du Zimbabwe est cependant autorisée.
Harare doit adopter une nouvelle Constitution pour pouvoir organiser de nouvelles élections. Les dernières, en 2008, avaient consacré la défaite historique du parti au pouvoir et précipité le pays dans une grave crise politique.
Après un an de paralysie, MM. Mugabe et Tsvangirai ont formé en février 2009 un gouvernement d'union nationale qui a permis de stabiliser l'économie mais de nombreux points de désaccords subsistent entre les deux hommes, notamment sur l'élaboration de la Constitution et le respect des droits de l'Homme.
En Afrique, 38 des 53 Etats ont des lois pénalisant l'homosexualité et seul l'Afrique du Sud a légalisé les unions civiles entre personnes du même sexe.
Au Malawi, un couple homosexuel encourent jusqu'à 14 ans de prison pour avoir organisé la première cérémonie symbolique de "mariage" gay du pays.