Tchad/Soudan: contacts entre gouvernement tchadien et rébellion
Des contacts en vue de futures négociations ont lieu depuis jeudi à Khartoum entre une délégation du gouvernement tchadien et des
représentants des rebellions tchadiennes, a appris l'AFP vendredi de sources concordantes auprès de la rébellion jointes depuis Libreville.
"Le gouvernement du Tchad a pris contact avec l'UFR (Union des forces de la résistance, regroupant les principales factions rebelles du Tchad) par l'intermédiaire du Soudan. Il y a des contacts en vue de mettre en place un dialogue pour une paix prochaine au Tchad", a affirmé à l'AFP Abderaman Koulamallah, porte-parole de l'UFR.
"L'UFR réaffirme sa position en faveur d'un dialogue véritable pour mettre en place un processus démocratique réel dans le pays. Un dialogue national regroupant l'ensemble des Tchadiens", a poursuivi M. Koulamallah.
"L'UFR se réjouit que le gouvernement tchadien reconnaisse enfin sa réalité (de l'UFR) et qu'une solution de paix globale ne peut se faire sans l'UFR", a-t-il conclu.
Une délégation tchadienne comprenant notamment le médiateur national tchadien Abderaman Moussa et le ministre de Intérieur et de la Sécurité publique Ahmat Mahamat Bachir s'est rendue jeudi à Khartoum, a appris l'AFP de source proche du pouvoir vendredi.
Depuis octobre 2007 et l'accord de Syrte qui n'a pas été respecté, le président tchadien Idriss Deby Itno avait toujours refusé de négocier avec les rebelles tant qu'ils ne déposaient pas les armes.
Le Dr Abdelbagui Ibrahim Yakhoub, porte-parole de la Commission de contact de l'UFR, dans un communiqué transmis par l'UFR-Europe, a estimé que "la rencontre de contact demandée par le gouvernement du Tchad a permis à l'UFR de montrer, comme par le passé, sa disponibilité à résoudre par la voie pacifique les problèmes de notre pays".
"L'UFR a demandé à ce que le gouvernement du Soudan soit appuyé par la communauté internationale (Conseil de Sécurité de l'ONU, Union Africaine, Union Européenne, Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale, Communauté des Etats sahélo-sahariens, Qatar et pays voisins), afin de dégager la base de la négociation devant aboutir a une paix durable et définitive", conclut le communiqué.
Toutefois, l'UFDD (Union des Forces pour la Démocratie et le Développement), le mouvement d'un des plus influents chefs rebelles, le général Mahamat Nouri, s'est montré sceptique. Dans un communiqué de son secrétaire général Mahamat Mahdi Ali, l'UFDD, pourtant membre de l'UFR, estime que "L'arrivée à Khartoum d'Abderaman Moussa et sa suite n'est que la continuation logique de la mission de son chef (Idriss Deby), la diversion".
"La dernière visite à Khartoum (en février) d'Idriss Déby avait pour but de divertir l'opinion soudanaise et internationale et de tenter de museler l'opposition tchadienne. Idriss Déby disait +qu'il n'y a pas au Tchad des opposants armés mais des mercenaires à la solde du Soudan+." souligne l'UFDD, qui "réaffirme (sa) volonté à poursuivre le combat jusqu'à la fin du règne de l'arbitraire, de la concussion, du grand banditisme et de la délinquance érigés en système de gouvernance au Tchad".
L'UFDD conclut qu'elle "renouvelle ses dispositions pour un vrai dialogue inclusif en vue d'une paix définitive et une démocratie réelle et effective".
Source: AFP