Soudan/Politique : Le SPLM étend son boycott, nouveau coup dur pour le scrutin

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Yasser Arman, du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), parle à la presse le 1er avril 2010 à Khartoum
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KHARTOUM (AFP) La crédibilité des premières élections multipartites en près de 24 ans au Soudan a subi un nouveau coup dur mardi soir avec le boycott du scrutin par les ex-rebelles sudistes dans les régions du nord du pays.

Le SPLM avait déjà annoncé la semaine dernière le retrait de son candidat à la présidentielle et principal rival du chef de l'Etat sortant Omar el-Béchir, Yasser Arman, et annoncé un boycott de l'ensemble du processus électoral au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

Plus vaste pays d'Afrique, le Soudan doit organiser de dimanche à mardi ses premières élections - législatives, régionales et présidentielle - multipartites depuis 1986.

Ce scrutin doit aussi servir de prélude à un référendum sur l'indépendance du sud du Soudan, conformément à l'accord de paix de 2005 (CPA) ayant mis fin à 21 ans de guerre civile entre le Nord et le Sud.

Mardi soir, l'ex-rébellion sudiste a étendu son boycott à l'ensemble du processus électoral au Nord-Soudan, hormis les régions limitrophes du Nil Bleu et du Kordofan-Sud, a annoncé Pagan Amum, secrétaire général du parti à l'issue d'une réunion du bureau politique du parti à Khartoum.

"Après avoir étudié la situation, nous, de la section du SPLM au Nord-Soudan, avons décidé de boycotter les élections dans 13 Etats" sur les 15 du Nord, a-t-il déclaré à la presse.

En revanche, "nous continuerons à participer aux élections dans le sud du Soudan, (dans les régions) des montagnes de Nuba (Kordofan-Sud) et du Nil Bleu, et nous sommes certains que le SPLM gagnera", a-t-il poursuivi.

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Le secrétaire général du SPLM, Pagan Amum, parle à la presse le 12 décembre 2009 à Khartoum
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M. Amum s'est ensuite lancé dans un réquisitoire contre le parti du président Béchir, le NCP. "Le NCP continue de menacer les observateurs (du scrutin) et s'ils menacent les observateurs (étrangers), vous pouvez imaginer ce qui arrivera au peuple soudanais", a-t-il asséné.

Le secrétaire général du SPLM a affirmé que la Fondation Carter avait "déjà été expulsée de neuf Etats du Nord", jugeant que cela "montrait l'intolérance du NCP (...) et même leur peur que soit découvert leur trucage massif des élections".

Graham Elson, un responsable de l'organisme de l'ancien président américain Jimmy Carter, a toutefois démenti auprès de l'AFP cette information. "Personne n'a été expulsé", a-t-il dit.

La présidentielle avait déjà perdu de son lustre avec le retrait des candidatures du SPLM et des principaux partis d'opposition. La décision du SPLM de boycotter le processus électoral dans l'ensemble du Nord-Soudan vient ajouter un discrédit aux législatives et aux régionales.

Expliquant leur propre boycott, les quatre principales composantes du Consensus national -le Parti Umma (nationaliste), le Parti Umma réforme et renouveau, le Parti communiste et le Parti unioniste démocrate (DUP)- avaient accusé la commission électorale de partialité et estimé que le parti d'Omar el-Béchir se préparait à truquer le scrutin.

"Quand ils se sont rendus compte que le NCP allait gagner, ils ont décidé de dire que le scrutin était faussé", a rétorqué mardi le président Béchir, lors d'une réunion publique.

Le Umma et les Unionistes sont les deux piliers traditionnels de la politique soudanaise. Ils avaient respectivement terminé premier et deuxième du dernier scrutin multipartite de 1986, avant le coup d'Etat militaire de l'actuel président en 1989.

Le département d'Etat américain avait de son côté estimé lundi qu'il fallait "peut-être retarder un peu" les élections pour que le gouvernement soudanais "réponde aux inquiétudes légitimes des partis".

Mais la commission électorale soudanaise a répété mardi qu'elles se tiendraient comme prévu.

Il n'y aura "aucun report", a déclaré à la presse le chef du comité technique de la commission, Hadi Mohamad, à l'issue d'un entretien avec l'émissaire américain pour le Soudan, Scott Gration.

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Publié dans Economie

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