Soudan/Politique: dernier tour de pistes pour les candidats à la présidentielle
![]() Le président soudanais Omar el-Béchir brandit une épée dans le nord du Darfour, le 8 mars 2009 © AFP Khaled Desouki |
KHARTOUM (AFP) Les partis politiques soudanais appelaient vendredi leurs partisans à la mobilisation avant les élections de dimanche, au dernier jour d'une campagne dominée par le président Omar el-Béchir, assuré de sa réélection, dont la formation vise la suprématie à l'Assemblée nationale.
"Notre engagement est de ne pas permettre aux +khawaja+ (Occidentaux) d'insulter notre pays... que ce soit par le Fonds monétaire international (FMI) ou la Cour pénale internationale (CPI)", a lancé le président Béchir lors d'une ultime réunion de campagne devant des milliers de partisans tard vendredi soir dans le quartier populaire d'Umm Badda, en banlieue de Khartoum.
Le raïs soudanais avait plus tôt affirmé que seulement 30% des Sud-Soudanais sont favorables à l'indépendance, s'engageant du même coup à faire de l'unité du Soudan une des priorités de son prochain gouvernement. Le Sud-Soudan doit tenir en janvier 2011 un référendum d'indépendance.
Omar el-Béchir, qui avait pris le pouvoir en 1989 à la faveur d'un coup d'Etat militaire, terminait un marathon électoral qui l'a mené ces dernières semaines au Sud-Soudan, au Darfour, à Kassala (est) et dans les régions nubiennes.
A chaque étape, il a annoncé des mesures pour la population locale et bénéficié d'un important battage médiatique, soulevant ainsi l'ire de l'opposition qui l'accuse de monopoliser les moyens de l'Etat à son profit.
![]() Meeting électoral du président sortant et chef du SPLM, Salva Kiir Salva Kiir, le 9 avril 2010. © AFP Roberto Schmidt |
Agé de 66 ans, M. Béchir compte sur les élections, prévues sur trois jours, pour regagner en légitimité, plus d'un an après le mandat d'arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, région en proie à la guerre civile.
Mais ce scrutin sera boycotté par une grande partie de l'opposition, dont le parti Umma de l'ex-Premier ministre Sadek al-Mahdi, qui dénonce des élections truquées, et -partiellement- par les ex-rebelles sudistes du SPLM dont le candidat et principal opposant à Béchir, Yasser Arman, s'est aussi retiré.
"Ces élections ne portent pas sur les crises (Darfour, liberté d'expression, etc...) en cours au Soudan. Les choses seront encore pire après les élections", a asséné vendredi M. Arman.
L'opposition souhaitait le report des élections. Mais la commission électorale (NEC) a rejeté cette demande jeudi, affirmant que tout était "prêt".
"Nous n'avons aucune raison d'être préoccupés (sur la logistique). Il se pourrait que des bulletins se rendent un peu plus tard dans des bureaux de vote isolés. Mais les gens auront quand même trois jours pour voter, minimum", a déclaré vendredi l'ex-président américain Jimmy Carter dont la fondation observe le processus électoral.
![]() Carte du Soudan © AFP Infographie |
Le candidat du Parti unioniste démocrate (DUP) Hatim al-Sir, devenu le principal adversaire du président Béchir en raison des boycotts, rencontrait vendredi les électeurs dans l'Etat du Nil, au nord de Khartoum.
M. Sir, qui n'a pratiquement aucune chance de l'emporter, veut obtenir de bons scores dans les autres scrutins. Car si l'issue de la présidentielle est déjà connue, des surprises pourraient survenir pour l'élection des députés de l'Assemblée nationale et celle des gouverneurs des 25 Etats du Soudan.
Le Parti du congrès national (NCP) du président Béchir détient actuellement 52% des sièges de l'Assemblée et a le pouvoir de nommer les gouverneurs des Etats du Nord-Soudan. Il souhaite consolider son assise au Parlement et maintenir ses acquis dans le Nord, les régions du Sud étant contrôlées par les ex-rebelles du SPLM.
Le Sud-Soudan tient aussi de dimanche à lundi des élections, notamment la présidentielle du gouvernement semi-autonome. Le président sudiste et chef du SPLM, Salva Kiir, est le favori.


