Paris/Politique: M Bernard VALERO réagit sur la situation en Côte d'Ivoire, la Troisième semaine Africaine de l’Eau à Addis Abeba et sur le sommet Afrique-UE à Tripoli
A trois situations différentes, trois réponses. M Bernard VALERO, directeur de la communication et du porte-parolat à l'administration centrale du ministère des affaires étrangères et européennes Français réagit :Extraits vidéos
La Côte D’Ivoire
au lendemain du débat télévisé entre le Président sortant Laurent GBAGBO et le prétendant Alassane OUATARA, les impressions sont fortes.
Q - Que pensez-vous du débat télévisé entre les candidats ? Envisagez-vous d’évacuer les ressortissants français ?
R - Ce débat télévisé était important. Ceux qui doivent s’exprimer et émettre une opinion sur ce débat, ce sont les Ivoiriens. Ce n’est pas ici, à Paris que nous devons le faire.
La France salue la qualité de l’échange, le respect dont ont fait preuve mutuellement l’un et l’autre des candidats et ce qui nous a paru également important pendant ce débat, c’est l’engagement des deux candidats à respecter le résultat des urnes.
C’était un débat de grande qualité qui a révélé une grande maturité démocratique, qui aura certainement capté l’attention des téléspectateurs ivoiriens qui seront les électeurs dans deux jours. Ce que je tiens à souligner, au lendemain de cette discussion, c’est l’engagement des deux candidats à respecter le résultat de l’élection présidentielle.
S’agissant du scrutin lui-même, nous nous sommes exprimés hier lors du point de presse. Notre seul souhait est que ce rendez-vous électoral soit un succès pour la démocratie ivoirienne, un succès pour les électeurs ivoiriens. Nous voudrions que tout cela se déroule dans la sérénité, dans le calme et nous comptons sur le sens des responsabilités de tous ceux qui sont engagés dans cette compétition électorale afin que les Ivoiriens puissent se prononcer.
Q - Concernant la Côte d’Ivoire, vous n’avez pas répondu à l’autre partie de la question. Y a-t-il des mesures de précautions spécifiques pour les Français ?
R - Reportez-vous au site «Conseils aux voyageurs». Il est mis à jours en temps réel.
La Troisième Semaine Africaine de L’EAU (ADDIS ABEBA, DU 22 AU 26 NOVEMBRE)
La troisième Semaine africaine de l’eau s’est tenue à Addis Abeba du 22 eu 26 novembre et a consacré ses travaux aux défis et opportunités du secteur de l’eau et de l’assainissement sur le continent africain.
Cet événement annuel était organisé par le Conseil des ministres africains de l’Eau (AMCOW), actuellement sous présidence sud-africaine. AMCOW est chargé par l’Union africaine de mettre en œuvre la «vision africaine de l’eau» et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement décidée lors du Sommet de l’Union africaine de Charm el-Cheikh en juillet 2008 afin de dynamiser le secteur de l’eau en Afrique. En 2009, la France a soutenu la déclaration conjointe pour le renforcement du Partenariat Afrique-G8 pour l’eau et l’assainissement.
Le ministère des Affaires étrangères et européennes, qui a co-financé cette troisième édition de la Semaine de l’eau en Afrique, a pu, à cette occasion, engager le processus régional africain du 6e Forum mondial de l’eau qui se tiendra à Marseille en mars 2012 et rappeler plusieurs des messages politiques prioritaires de la France en vue de ce Forum : nécessité de renforcer l’investissement pour le secteur de l’eau en Afrique, accès à l’assainissement et à l’eau potable des populations, renforcement de l’efficacité de l’aide et renforcement de la coopération sur les ressources en eau transfrontalières, facteur d’intégration régionale et développement économique. La France soutient et continuera à soutenir plusieurs autorités de bassins transfrontaliers en Afrique: Niger, Sénégal, Volta, Nil, Congo.
La France est classée par l’Organisation de coopération et de développement économique au 5e rang des bailleurs bilatéraux dans le secteur de l’eau et entend continuer à tenir cette place. Les financements de l’Agence française de développement ont contribué depuis 2002 à fournir un nouvel accès à l’eau et à l’assainissement à plus de 25 millions de personnes dans le monde. Depuis 2003, un effort particulier a été fait en faveur des programmes d’assainissement et d’hygiène, essentiels en termes de santé publique mais qui ont également des bénéfices économiques sur l’environnement, en permettant de protéger les ressources en eau et les écosystèmes qui en dépendent. Aux côtés du Japon et de l’Allemagne, la France a été à l’initiative de la déclaration par les Nations unies de l’Année internationale de l’assainissement en 2008.
Q - Il y a une tension entre l’Ethiopie et l’Egypte en ce moment sur l’eau du Nil. Quelle est la position de la France sur ce sujet ?
R - Au-delà des tensions, ce qui doit prévaloir, c’est une responsabilité partagée sur la gestion de l’eau. Premièrement, l’eau est l’un des biens les plus précieux que nous ayons sur notre planète. Deuxièmement, il faut, une fois qu’on s’est fixé cet objectif, se fixer des méthodes de travail, que ce soit sur le plan scientifique, économique ou technologique. Une fois que cette étape est réalisée, il faut définir les moyens par lesquels on y arrive. Mécaniquement, cela a le don d’apaiser les tensions et de les transformer en coopération. C’est ce que nous souhaitons, et c’est ce à quoi nous travaillons dans les différentes instances internationales, de favoriser le dialogue, mais aussi favoriser la coopération effective, concrète, sur le terrain, entre les pays riverains d’un cours d’eau, d’un bassin fluvial, qui peuvent avoir des différends. Il est évident que la meilleure manière de résoudre ces différends c’est le dialogue et la coopération.
Q - Sur le plan financier, peut-on savoir combien d’argent la France a apporté pour l’aide dans le secteur de l’eau ?
R - Nous avons investi depuis des années, car la France travaille sur la problématique de l’eau depuis longtemps, et nous continuerons à le faire. Ce sont depuis des années des dizaines de millions d’euros que nous consacrons à l’Aide publique au développement dédiée à la question de l’eau depuis des années. C’est un premier élément de notre coopération. Le deuxième élément de notre coopération est l’assistance technique que nous apportons aux pays concernés par la gestion de l’eau. Cela signifie la lutte contre la pollution, la distribution de l’eau, l’assainissement de l’eau, et nous engageons toute l’expertise française, tout le capital technologique de la France au service de ces objectifs. Troisièmement, en matière d’expertise de l’eau, nous avons en France la combinaison heureuse, et que nous mettons à disposition de nos partenaires et de ceux qui nous le demandent, d’une part de groupes industriels leaders sur le plan mondial, et d’autre part d’un potentiel scientifique dans ce domaine de l’eau tout à fait exceptionnel. C’est le deuxième pilier de notre coopération. Le troisième pilier de notre coopération, c’est une volonté politique inébranlable depuis des années de faire progresser cette thématique, et le traitement de cette thématique au niveau international. Que ce soit dans le cadre des négociations climatiques évoquées précédemment à propos de Cancun, que ce soit dans le cadre du fonctionnement et du travail qui est mené dans le système des Nations unies, que ce soit en appui de coopérations régionales, nous apportons une contribution sur le plan politique et diplomatique avec cette volonté qui est la nôtre et qui est double, de faire en sorte que les générations qui suivront aient de l’eau, et de faire en sorte que l’eau ne soit pas une source de tensions mais au contraire un point de coopération, de dialogue et de travail en commun entre les uns et les autres.
La Participation de Mme MICHELE ALLIOT-MARIE ET D’HENRI DE RAINCOURT au Sommet AFRIQUE - UNION EUROPEENNE à TRIPOLI (29 ET 30 NOVEMBRE)
Michèle Alliot-Marie, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, représentera la France au troisième Sommet Afrique - Union européenne qui se tiendra les 29 et 30 novembre 2010 à Tripoli (Libye) sur le thème général «investissements, croissance économique et création d’emploi». Elle sera accompagnée par Henri de Raincourt, ministre auprès du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de la Coopération.
Trois ans après la signature du partenariat stratégique UE - Afrique à Lisbonne, ce Sommet entend favoriser une nouvelle dynamique en posant les bases d’une coopération politique euro-africaine rénovée. L’Afrique et l’Union européenne doivent apporter des réponses communes aux grands enjeux globaux.
Le Sommet se concentrera sur les investissements, la croissance économique et la création d’emploi. D’autres enjeux communs à l’Europe et à l’Afrique sont à l’ordre du jour : la paix et la sécurité (terrorisme, Corne de l’Afrique, Sahel), le changement climatique, les énergies renouvelables, l’intégration régionale, la sécurité alimentaire, les migrations, la gouvernance et les droits de l’Homme.
Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, rappellera le soutien de la France à un partenariat global et dynamique entre l’Union européenne et l’Afrique. Elle soulignera notre détermination à atteindre des résultats concrets dans le cadre de ce partenariat. Elle rappellera l’engagement de la France aux côtés de l’Afrique, comme l’illustrent le Sommet Afrique - France qui s’est tenu à Nice les 31 mai et 1er juin derniers, et notre mobilisation en faveur du continent africain dans le cadre de la Présidence française du G20 et du G8.
A cet égard, les discussions seront l’occasion de souligner l’intérêt pour l’Afrique des grandes priorités de la Présidence française du G20 et du G8 : la réforme du système monétaire international, la mise en place de mécanismes de régulation du prix des matières premières, notamment agricoles, et la réforme de la gouvernance mondiale. La France souhaite mener tous ces chantiers, comme l’ensemble de sa Présidence commune du G20 et du G8, en pleine association avec ses partenaires européens et africains.
Ce sommet sera co-présidé, côté africain, par la Présidence de l’Union africaine, la Libye, pays hôte, et le président de la Commission de l’Union africaine et, côté européen, par le président du Conseil européen, Hermann Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso.