| Après son meeting du dimanche 4 avril où il avait menacé de rendre le pays ingouvernable si jamais les recommandations qu'il a formulées pour la communauté musulmane ne sont pas prises en compte par les pouvoirs publics, le HCI à travers son président Mahmoud Dicko vient une fois de plus sonner la charge à l'intention des députés tout en réitérant les mêmes menaces. Zu cours d'un entretien qu'il a bien voulu nous accorder, le président de l'institution a avoué son étonnement que l'Assemblée nationale du Mali puisse inscrire la question du Code des personnes et de la famille à la session d'avril sans l'avoir non seulement consulté, mais aussi sans qu'une quelconque commission puisse être mise en place pour ce faire comme l'avait suggéré le chef de l'Etat au cours de sa rencontre avec les leaders religieux de notre pays. Cela, après leur meeting du 22 août 2009 au stade du 26 mars. Le HCI en agissant de la sorte n'est-il pas allé trop vite en besogne en voulant se faire peur. Loin s'en faux, dira Mahmoud Dicko. C'est en toute connaissance de cause que le HCI a agit de la sorte, a-t-il dit. Pour cause, depuis la fin du mois de carême, il n'y a pas eu de contact formel entre nous et les pouvoirs publics. " Alors que les plus hautes autorités du pays, les députés pour ne citer que ceux-là, initient des rencontres parallèles avec d'autres personnalités de la place sur la question ". Dicko ne semblait pas si bien dire lorsqu'il lance à qui de droit " le Code est révolutionnaire quand il est occidental, alors qu'on évolue en restant ce qu'on est ". L'une des préoccupations du HCI est de savoir quel traitement l'Assemblée nationale fera du Code. " Notre appréhension est due au fait qu'on a peu de chance que nos recommandations soient prises telles que nous l'avons souhaité. Puisqu'un travail de fond, des consultations auraient du être fait avant d'arriver à ce niveau ", a-t-il fait savoir. A la question de savoir, s'il y a eu une rencontre entre leaders religieux et les parlementaires, Mahmoud Dicko dira que non. Puis, il ajoute, " au mois de janvier dernier, l'Assemblée nationale nous avait appelé par téléphone pour nous inviter à un déjeuner et que nous ne devrons pas dépasser un effectif de 20 personnes. Nous leur avons dit non et que par respect pour notre institution, elle doit nous faire parvenir une correspondance. Mieux, nous leur avons fait savoir que la question du Code est tellement importante pour nous, qu'il nous faut une rencontre formelle puis définir les modalités de la rencontre. Une rencontre informelle n'était pas la mieux appropriée ". Le Mali n'a pas intérêt à une déstabilisation, dira Mahmoud Dicko. Nous gagnerons tous dans le dialogue pour que ce texte ne soit source de discorde. Abdoulaye DIARRA |