Malawi: deux homosexuels jugés coupables d'avoir "violé l'ordre de la nature"

Publié le par imagazine

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Un mariage homosexuel
© AFP/Archives Daniel Kfouri

BLANTYRE (AFP)  Les premiers mariés gays du Malawi, détenus depuis quatre mois et demi, ont été jugés coupables mardi d'"avoir violé l'ordre de la nature" par un tribunal de Blantyre.

Le procureur a réclamé la condamnation au maximum prévue par la loi, soit 14 ans de prison. Le juge doit rendre sa décision le jeudi 20 mai.

Steven Monjeza, 26 ans, et Tiwonge Chimbalanga, 20 ans, ont comparu menottés. Il avaient été arrêtés fin décembre après avoir organisé leur cérémonie de mariage gay, une première dans ce petit pays conservateur d'Afrique australe, et avaient été inculpés d'"attentat à la pudeur".

M. Monjeza a finalement été jugé coupable "d'avoir eu une connaissance charnelle de M. Tiwonge (...) ce qui est contre l'ordre de la nature", et M. Tiwonge "d'avoir permis cette sodomie".

"L'Etat a prouvé que les deux hommes s'étaient mariés", a ajouté le juge Nyakwawa Usiwa Usiwa. "Il a été prouvé que le couple avait auparavant vécu comme mari et femme pendant cinq mois", a-t-il ajouté.

Amnesty International a appelé mardi les autorités malawites "à libérer immédiatement et sans condition" les deux hommes. Selon cette organisation, ils ont été battus par la police pendant leur détention et ont subi un examen anal pour déterminer s'ils avaient "consumé" leur union.

"Un tel examen, fait sans consentement, enfreint l'interdiction totale de la torture et autres traitements dégradants, inhumains et cruels. Un procès équitable aurait jugé une telle preuve non recevable", a-t-elle dénoncé.

La procureure Barbra Mchenga a demandé la peine maximale, évoquant un "crime planifié et bien exécuté".

"Ce dossier a laissé une balafre sur la moralité du Malawi", a-t-elle poursuivi, en reprochant aux accusés de ne pas avoir "manifesté de remords ou de regrets pour leur action."

L'avocat de la défense, Me Mauya Msuku, a demandé une peine clémente et souligné que ses clients n'avaient jamais été condamnés auparavant.

"Bien que le chef d'inculpation soit d'ordre criminel, il s'agit d'une faute technique pour laquelle les deux hommes ont déjà payé puisqu'ils sont en prison depuis décembre", a-t-il ajouté.

Les deux hommes n'ont pas réagi à l'annonce de leur condamnation dans une salle d'audience pleine de journalistes et de curieux. Plus de 300 personnes s'étaient également rassemblées à l'extérieur du tribunal pour l'occasion.

Leur arrestation et leur maintien en détention ont suscité l'indignation des communautés de défense des droits de l'Homme et des organisations de lutte contre le sida.

La répression de l'homosexualité au Malawi complique la lutte contre le virus VIH, alors que le taux de prévalence est de 14% dans le pays.

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Publié dans Humanitaire

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