La RDC minimise l'ampleur des attaques de la LRA sur son territoire fin 2009

Publié le par imagazine.over-blog.fr

Le gouvernement de la RDC a minimisé mardi l'ampleur d'un massacre commis fin 2009 par les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), évoquant un bilan de 25 morts, très en dessous de ceux de l'ONU et d'une ONG annonçant respectivement 290 et 321 tués.

Dans un rapport publié samedi, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé les rebelles de la LRA, l'une des guérillas les plus brutales au monde, d'avoir massacré au moins 321 civils et enlevé plus de 250 autres personnes, dont au moins 80 enfants, dans l'extrême nord-est de la RDC.

Ces rebelles, dont le chef Joseph Kony est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) avec ses deux principaux adjoints pour crime de guerre, étaient entre 25 et 40 lors de ce raid meurtrier qui a duré du 14 au 17 décembre, selon HRW.

L'ampleur du massacre a été confirmée mardi par la division des droits de l'Homme de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), selon qui au moins 290 personnes ont été tuées et 150 autres enlevées par les rebelles.

Pourtant, mardi, le gouvernement congolais, par la voix de son ministre de la Justice et des Droits humains, Lessa Bambi Luzolo, a jugé "exagéré" le bilan fourni par HRW et nié l'existence d'un massacre.

"Le chiffre de 321 victimes annoncé par Human Rights Watch est manifestement exagéré. Il s'agit des victimes dans la population civile qui ne dépassent pas le chiffre de 25", a affirmé M. Luzolo dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Il n'y a pas eu de massacre comme l'affirme le rapport, mais quelques personnes attaquées au passage par des éléments incontrôlés" de la LRA qui sévissent notamment dans le nord-est du pays, a-t-il ajouté.

© AFP
Carte de localisation des attaques de la LRA en RDC en décembre 2009
© AFP Infographie Mm

Interrogé par l'AFP, le général Jean-Claude Kifwa, commandant la 9e région militaire des Forces armées de la RDC, où le drame s'est noué, a simplement fait état d'une "petite incursion (de la LRA) au niveau du chef-lieu de Niangara, là où il y a eu assassinat de trois personnes".

"Parler de massacre de 321 Congolais ne correspond pas à la réalité", a poursuivi l'officier, estimant à moins de trente "le nombre de rebelles LRA qui peuvent être encore en errance" en RDC.

L'armée ougandaise, qui traque elle aussi le mouvement de Joseph Kony depuis 22 ans, a exprimé lundi ses "doutes" sur les chiffres de HRW, "vu la population dans la région et le nombre de combattants (de la LRA)" estimé à 200, selon son porte-parole, le lieutenant-colonel Félix Kulayigye.

"J'encourage le ministre de la Justice ou d'autres membres du gouvernement à mener une bonne enquête sur place pour trouver que c'est au moins 321 personnes tuées. La société civile a déjà commencé à enregistrer les noms de tous les gens qui ont été tués, elle en est déjà arrivée à plus de 150, et son travail continue", a déclaré à l'AFP Anneke Van Woudenberg, chercheuses senior à HRW.

Lundi, le patron de la Monuc, Alan Doss, a préconisé la nécessité d'améliorer la collecte du renseignement et d'adopter une mobilité aérienne plus grande pour combattre les rebelles ougandais qui opèrent "en petits groupes mobiles sur de larges territoires".

En Centrafrique, pays voisin de la RDC, des attaques de la LRA ont fait 26 morts dont 10 civils fin mars dans trois localités du sud-est, a indiqué mardi une source militaire centrafricaine.

Depuis 2005, les rebelles se sont éloignés de leurs bases ougandaises pour s'installer dans l'extrême nord-est de la RDC, où ils étaient moins d'une centaine fin 2009, selon la Monuc, mais aussi en Centrafrique et au Sud-Soudan.

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Publié dans Les News Africaines

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