L'Association RMC/BFM a été créée en 2008 et œuvre pour la prévention et l'information en matière d'action médicale. Deux fondateurs sont Isabelle et Alain Weill qui est aussi président du gr

Publié le par imagazine

 

Rencontre avec Isabelle Weill

Comment est né cette idée, pourquoi ?

J’ai pu voir, comme beaucoup de gens, le match Sedan-Niort où le joueur Marco Randriana s’est effondré brutalement victime d’un arrêt cardiaque en 2008.

Lorsque j’ai vu celui-ci réanimé en direct sur le stade grâce au défibrillateur, je me suis davantage penchée sur le sujet et j’ai constaté qu’il y avait tout à faire en matière de généralisation des défibrillateurs.

Aujourd’hui, cette problématique de santé publique est liée en grande partie à un manque d’information. En effet, ce n’est pas une fatalité de mourir d’un arrêt cardiaque et chacun a son rôle à jouer en apprenant des gestes simples à la portée de tous : APPELER, MASSER, DEFIBRILLER. Trois gestes qui peuvent sauver des milliers de vie.

 

Etes- vous issue du milieu médical ?

Je ne suis pas issue du milieu médical mais je suis entourée d’un comité scientifique constitué d’éminents spécialistes qui valident tous les supports médicaux diffusés par l’association.

Je pense que c’est important que des personnes n’appartenant pas au secteur médical s’investissent sur le sujet car  tout l’objet de notre action est justement de mobiliser toute personne même non médecin à utiliser un défibrillateur et à agir en cas d’arrêt cardiaque.

 

Quels en sont les objectifs ? Avec quels moyens ?

 

Notre objectif : sauver des vies.

Nous souhaitons d’une part généraliser les défibrillateurs au même titre que les extincteurs en rendant obligatoire leurs installation dans les lieux accueillant du public. D’autre part, nous voulons sensibiliser la population aux gestes de premiers secours et à l’utilisation du défibrillateur.

 

Avez-vous des chiffres concernant le nombre d'arrêts cardiaques chaque année ...

 

En France, chaque année, 40 000 personnes meurent d'un arrêt cardiaque. Soit environ 110 par jour. Seules 3 à 4% des victimes d’arrêt cardiaque sont sauvées contre 30% à Seattle aux Etats-Unis.

Nous avons 4 minutes pour agir. Passé ce délai, les chances de survie de la victime baissent de 10% à chaque minute qui passe. Les secours mettent en moyenne 15 minutes pour arriver sur les lieux d’un accident. C’est pourquoi le premier témoin doit agir rapidement en appelant les secours (15, 18 et 112), en commençant le massage cardiaque (100 compressions par minute) pendant qu’une autre personne va chercher le défibrillateur.

 

A la création de l 'Association, 5 000 défibrillateurs étaient recensés sur le territoire national; aujourd'hui 90 000 sont installés. Nous devons poursuivre notre combat et démocratiser cet appareil, le rendre "accessible".

 

Combien de collaborateurs participent à l'activité de l'association ?

 

Nous sommes une petite équipe de 3 personnes pour environ 4 à 5 projets d’envergure nationale par an.

 

Quelles solutions souhaitez- vous développer ?

 

 Pour sauver des milliers de vie, l’Association RMC/BFM se bat pour :

·  La généralisation l'installation des défibrillateurs dans les lieux accueillant du public

·  L’amélioration de la formation de la population aux gestes de premiers secours

·         L’amélioration le maillage territorial de ces appareils

Pour atteindre ces objectifs, l’association met en place des actions sur le terrain pour aller à la rencontre des élus, des entreprises et les inciter à s’installer en défibrillateur d’une part et d’autre part initier la population à l’utilisation de cet appareil et au massage cardiaque.

 

Nous avons aussi développé une application téléchargeable gratuitement sur iPhone et Androïd Market "Arrêt Cardiaque".

Déjà téléchargée 300 000 fois, elle recense près de 14 000 défibrillateurs et permet à toute personne de rechercher le défibrillateur le plus proche et de les signaler.

 

Quels sont les membres du Comité scientifique ?

 

 Le comité scientifique est composé de 4 éminents spécialistes : 

 

- Professeur Pierre Carli : Président du Comité Scientifique. Directeur Médical du SAMU de Paris.

- Docteur Jean-Jacques Monsuez : Cardiologue, Hôpital René Muret, Hôpital Paul Brousse.

- Professeur Alexandre Mignon : Anesthésiste Réanimateur Hôpital Cochin Université Paris Descartes

- Professeur Xavier Jouven : épidémiologiste et cardiologue, hôpital européen Georges Pompidou.

 

 

Pouvez-vous nous parler de vos actions d'un point de vue opérationnel ?

 

 Nous axons notre communication autour de 3 programmes

·  un programme de communication événementielle pour aller sur le terrain à la rencontre de la population et des décideurs afin de le sensibiliser au massage cardiaque et à l'utilisation du défibrillateur. C'est l'exemple de nos tournées itinérantes comme le Train du Cœur, le Bus du Cœur, le Sauvetage Tour Hiver, le Sauvetage Tour été, les Autoroutes du Cœur 

·  Un programme de communication institutionnelle pour sensibiliser les pouvoirs publics : convaincre les prescripteurs, mobiliser les décideurs

·  Un programme de relations publiques pour mobiliser de nouveaux soutiens, développer la notoriété de notre action et valoriser l'engagement de nos mécènes. C'est le cas de l'opération la Charte du Cœur, placée sous le Haut-patronage du ministère du travail, de l'emploi et de la santé que nous avons mis en place en septembre 2011. Aujourd'hui, près de 130 entreprises ont signees cette charte 

 

 

Quels sont vos partenaires de référence ?

 

Nous sommes soutenus par différentes entreprises privées, des organismes de formation ainsi que des institutions.

Notre ambition est de rendre obligatoire les défibrillateurs dans les lieux accueillant du public et de permettre l’accès pour tous à la formation aux gestes de premiers secours afin de sauver plus de 4000 vies par an.

 

Vous avez participé aux foulées de l'assurance, une réussite pour vous ?

 

500 sportifs meurent chaque année en France d’un arrêt cardiaque. A l’occasion des « foulées de l’assurance » nous avons mis en place une équipe de 4 bénévoles initiés aux gestes de premiers secours pour pouvoir agir en cas d’arrêt cardiaque durant la course. Ce fut aussi encore l’occasion de sensibiliser les sportifs et la population à cette cause de santé publique.

 

 Avez-vous un rêve très personnel concernant cette association ?

 

Je souhaiterais élargir notre action au niveau européen. Nous commençons d’ores et déjà à solliciter plusieurs députés à Bruxelles pour mettre en place une législation sur toute l’Europe. J’ai par ailleurs créé un Fonds Européen d’Actions pour la Santé et l’Education pour financer des opérations concrètes sur le terrain.

 

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Publié dans Culture

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