 Un vigile passe, le 25 juin 2010 à Conakry, devant une affiche électorale pour le scrutin présidentiel de dimanche. © AFP Seyllou | CONAKRY (AFP) - Plus de quatre millions de Guinéens sont appelés à participer, dimanche, à la première élection présidentielle libre de l'histoire du pays depuis son indépendance en 1958, après un demi-siècle de régimes autoritaires, civil puis militaires. Dans cette ancienne colonie française, la présidence du "père de l'indépendance", Ahmed Sékou Touré, s'était rapidement transformée en dictature, faisant plusieurs dizaines de milliers de morts en 26 ans (1958-1984), selon les organisations de défense des droits de l'homme. Le pays a ensuite connu les 24 années de régime militaire de l'autocrate Lansana Conté (1984-2008), puis d'amères désillusions avec la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, jusqu'au massacre d'au moins 156 opposants, le 28 septembre 2009, dans un stade de Conakry. Cette fois, les Guinéens ont un large choix: 24 candidats civils, dont une femme, se présentent. Parmi eux, trois sortent du lot: les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo (2004-2006) et Sidya Touré (1996-1999) et un opposant historique aux trois régimes depuis l'indépendance, Alpha Condé. A l'étranger, plus de 122.000 Guinéens voteront aussi dans 17 pays. Selon la Commission nationale électorale indépendante (Céni), qui organise pour la première fois un scrutin, 3.965 observateurs, nationaux et internationaux, seront déployés à travers la Guinée. La campagne a révélé l'appétit de justice sociale des électeurs, dans ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest, pourtant doté d'énormes richesses minières que se disputent les multinationales. Les résultats provisoires de ce premier tour ne devraient pas être connus avant mercredi. La proclamation des résultats définitifs est prévue dans les huit jours. |