Gabaon/Politique: Des retards dans l’action gouvernementale justifiés par le souci d’avoir des fondations solides, selon Paul Biyoghé Mba

Publié le par imagazine.over-blog.fr

Libreville, 28 avril (GABONEWS) - Un peu plus de six mois (17 octobre 2009-17 avril 2010), après sa nomination au poste de premier ministre, chef du gouvernement de l’ « Emergence », Paul Biyoghé Mba, a reconnu, mardi, à la faveur d’une conférence de presse, des « retards » dans l’action gouvernementale liés, a-t-il expliqué, au souci d’avoir des « fondations plus solides  pour conduire les affaires de l’Etat ».

« PLUS QUESTIONS DE HORS-BUDGET »

Entouré de plusieurs membres de son équipe constituée au lendemain de l’investiture du président Ali Bongo Ondimba, en octobre dernier, le premier ministre, Paul Biyoghé Mba, a dressé, lors sa toute première rencontre avec la presse nationale et internationale, un « rapport d’étape des six mois d’intense travail » caractérisé par l’examen de soixante –dix (70) textes de lois et décrets, prolongé par des études de dossiers ( 2 à 3 mois) pour doter le pays d’infrastructures de qualité.

Ce dispositif législatif et réglementaire-souvent mal perçu dans l’opinion-trouve son importance dans les changements intervenus dans la pratique budgétaire, a justifié le chef du gouvernement.

Désormais, « tout se fait avec le budget et se trouve dans le budget », a-t-il insisté, non sans déclarer: « plus question de hors-budget !».

De toute évidence, il fustigeait  les méthodes d’un passé récent où nombre de ministres s’employaient à financer des projets sur la base du « hors-budget » avec pour finalité, la mal gouvernance illustrée par des chantiers qui ne sont point sortis de terre à défaut d’être inachevés.

« Les  lenteurs constatées dans la mise en œuvre du projet de société du chef de l’Etat, découle, a ajouté P. Biyoghé Mba, de son souci de s’« attaquer» aux urgences puis de fortifier les fondations avant d’envisager des actions multiformes et multisectorielles

A ce titre, la grande réforme budgétaire a conduit à la création d’une Direction générale de la dette qui, elle s’élève, sur le plan intérieur, à 500 milliards de francs CFA et à 600 milliards de francs CFA (extérieur), en 2010.

L’encours dû aux entreprises grimpe à 400 milliards de francs CFA et le traitement de ce dossier suit son cours normal, a noté Paul Biyoghé Mba.

Dans son élan, il a révélé que « le budget 2011 était déjà en élaboration » et allait tenir compte du « changement de pratique budgétaire basée sur l’adoption du budget par objectif » et la maitrise de tous les services publics ».

D’où la justification du  Réseau de l’Administration Gabonaise (RAG) qui verra le jour, a-t-il annoncé, afin  d’accroitre le rendement du service public et surtout de « résorber les retards ».

Un signal fort, a-t-il rappelé, avait été émis à travers le recensement des agents de l’Etat. L’opération a permis de maitriser les effectifs comme en témoigne les 5.000 fonctionnaires fictifs débusqués. Résultat: 2,5 milliards de francs CFA se retrouvent, sans affection, mensuellement dans les caisses du Trésor public; ce qui représente des économies de l’ordre de 30 milliards de francs CFA, par an.

L’efficacité recherchée dans l’administration devrait conduire les plus hautes autorités à recourir à l’expertise extérieure notamment dans les milieux de la diaspora gabonaise, n’a pas exclu, M.Biyoghé Mba.

« LE GABON A VOCATION A ETRE UNE PLAQUE TOURNANTE SUR LE PLAN ECONOMIQUE »

D’autant plus que son gouvernement qui table sur un « taux de réalisation de 85% de ses missions » fixées par le président de la République, veut s’entourer d’un maximum de compétences avérées.

Cette volonté s’est-elle traduite récemment par l’organisation, dans la transparence, du concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) où seuls 25 candidats ont été déclarés admis contre une « centaine à l’époque », a ironisé le chef du gouvernement, décidé à « mettre l’accent sur la qualité de la formation tant au niveau de l’Education  nationale, de la Formation professionnelle que l’Université. »

La sécurisation des biens et des personnes demeure une des priorités du gouvernement, devait-il enchainer,  devant la recrudescence des actes de banditisme et criminels à travers le territoire.

La réponse des pouvoirs publics se trouve déjà, a indiqué le premier ministre, dans le rafraichissement des troupes opéré au sein de différents corps des forces de Défense et de Sécurité qui, depuis peu, procèdent au recrutement de trois mille (3 .000) jeunes, dans l’Armée et trois mille (3.000) à la Police.

« Le Gabon a vocation à être une plaque  tournante, un  hublot, sur le plan économique », a-t-il poursuivi, marquant l’importance de la sécurité et l’intérêt de doter les unités de matériels leur permettant de répondre aux défis imposés par le grand banditisme ; toute chose qui freine l’arrivée d’investisseurs même les plus intrépides.

« LES RETARDS SERONT RESORBES »

Il s’est ainsi réjoui de la mise en place d’une Agence des Grands Travaux qui fonctionnera en synergie avec le Ministère de l’Equipement au moment où pointe, entre autres, des évènements majeurs: la  co-organisation par le Gabon et la Guinée Equatoriale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2012-football) et le Cinquantenaire de l’indépendance du Gabon (17 août 2010).

Dans cette perspective, le premier ministre s’est-il autorisé des annonces fortes: « Près de 20 milliards de francs CFA ont été débloqués pour les travaux de la CAN, sur fonds propres, sans emprunts extérieurs. Une enveloppe de  150 milliards de francs CFA est  globalement prévue, en 2010. Le complément interviendra en 2011 », a avancé l’orateur,  et que  « tout sera fin prêt en octobre 2011. Les airs de jeu seront livrés 6 mois avant la compétition, à savoir, en juillet ».

D’autre part, en dépit du retard (6 semaines)  accusé dans le démarrage des travaux arrêtés en vue de la célébration des 50 ans de l’accession du pays à la souveraineté internationale, le chef du gouvernement s’est voulu optimiste à la lumière des 13 milliards de francs CFA avancés aux entreprises sur un montant total de 35 milliards de francs CFA.

«  Nous n’avons pas de problèmes de trésorerie, mais des problèmes techniques. Le dossier des 5O ans avance », a-t-il assuré.

Considéré à tort ou à raison comme une patate chaude, le dossier du bois gabonais a été évoqué au cours de l’entretien accordé à la presse par le principal animateur de l’équipe gouvernementale.

« A partir du 16 mai, aucune bille de bois ne peut sortir du Gabon », a-t-il soutenu avant d’indiquer que de nombreux industriels s’apprêtaient à s’installer dans le pays pour transformer localement les grumes » dans le cadre du « Gabon vert », l’un des piliers du programme d’actions visant à passer d’une culture de rente à celle qui apporte une valeur ajoutée aux matières premières.

Un virage à 380 degrés sera négocié le mois prochain face à des opérateurs du secteur bois « habitués depuis plus de 100 ans à exporter leur production », a renchéri M.Biyoghé Mba qui a pris le soin de rassurer les acteurs de la filière y compris, la Société Nationale des Bois du Gabon(SNBG).

Ladite structure spécialisée dans l’achat local du bois et son exportation ne devrait souffrir d’aucune inquiétude : «  Il n’y aura pas de compression du personnel. De nouvelles unités verront le jour, à Owendo (Banlieue nord de Libreville. NDLR), avec la création de 500 emplois directs », s’est-il prononcé.

« Nous ne changeons pas de cap. Le projet Belinga reste d’actualité. C’est un projet lourd , mais porteur », a rappelé le premier ministre après le silence qui entoure, tant à Libreville qu’à Pékin, ce qui est présenté comme le « dossier du siècle » eu égard à sa « rentabilité financière économique  et sociale».

« MOI, JE GOUVERNE »

Il s’agit de la mine de fer de Belinga, située à un millier de kilomètres de la capitale gabonaise dont l’exploitation va nécessiter des moyens colossaux notamment la construction d’un chemin de fer, d’un port et d’un barrage hydroélectrique.

«  Le dossier sera réexaminé »  par les parties gabonaise et chinoise, a garanti, Paul Biyoghé Mba, à l’occasion de la visite officielle qu’entame, ce mercredi, en Chine, le chef de  l’Etat, Ali Bongo Ondimba , dans le cadre de l’exposition universelle de Shanghai et  où le Gabon dispose d’un stand.

En somme, le « désormais » face-face entre le chef du gouvernement  et les média  interviendra tous les six mois, a-t-il voulu ; ce qui aurait l’avantage d’ « expliquer comment les choses évoluent », de présenter «  les succès » et de connaître la perception de l’opinion devant la conduite des affaires  gouvernementales.

Promesse du chef d’orchestre : « le programme va être exécuté à la lettre et même améliorer. Les ministres se rendront de plus en plus sur le terrain; ce qui pourrait-être utile, a-t-il encouragé, devant l’impatience de ses concitoyens, qui, au quotidien réclament l’amélioration de leurs conditions de vie.

« Moi, je gouverne. Je suis un premier ministre qui assume la plénitude de ses fonctions », tranche, Paul Biyoghé Mba, comme pour se démarquer de certains de ses prédécesseurs ayant avoué n’avoir jamais « gouverné » sous le régime de feu Omar Bongo Ondimba.

GN/10

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Publié dans Les News Africaines

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