Financement du développement: Disponibilité des ressources et la réalisationdes OMD

Publié le par imagazine.over-blog.fr

La 78e séance plénière de l’Assemblée générale a  son Dialogue sur le financement du développement après avoir tenu une série de tables rondes portant sur les aspects fondamentaux de la question, également abordés en parallèle par les États Membres. L’une des tables rondes a été l’occasion de discuter en détail des sources novatricesunlogo blue sml fr de financement du développement « afin de dépasser la logique traditionnelle de l’aide publique au développement annuelle », mais aussi les clivages entre pays du Nord et pays du Sud, respectivement considérés comme donateurs et récipiendaires.

Perçue comme « hérétique » à ses débuts, l’approche consistant à financer en partie le développement en créant de nouvelles formes de mobilisation de ressources a connu un premier succès en 2005 avec la mise en place de la contribution de solidarité sur les billets d’avion, a rappelé M. Philippe Douste-Blazy, Conseiller spécial du Secrétaire général pour un financement novateur du développement.M. Douste-Blazy est revenu sur l’idée de lancer une « taxe sur les transactions financières » (TTF) à l’appui de la promotion du développement durable. 

Expliquant qu’une équipe spéciale intergouvernementale sur la mise en œuvre de cette taxe était en place, M. Douste-Blazy a estimé que la conjoncture actuelle y était favorable, car l’opinion publique internationale attend de ceux qui sont responsables de la crise financière et économique mondiale actuelle qu’ils « réparent les dégâts causés ».  Le Conseiller spécial s’est félicité à cet égard de l’annonce faite par la Belgique d’inscrire la question de la taxe sur les transactions financières (TTF) à l’ordre du jour de sa présidence de l’Union européenne, au cours du second semestre 2010.

Si le représentant du Brésil a suggéré l’organisation d’une réunion informelle sur la question des financements innovants avant le Sommet sur les OMD prévu au Siège de l’ONU au mois de septembre, M. Douste-Blazy a suggéré de son côté la création formelle d’un « groupe intergouvernemental sur les financements innovants ».Plusieurs délégations ont insisté sur le caractère « additionnel » des ressources issues des mécanismes innovants du financement du développement, souhaitant qu’elles ne détournent pas l’attention des pays industrialisés, qui devraient en premier honorer leurs engagements en matière d’APD.

L’un des panélistes, M. Simon Scott, de l’Organisation de coopération et de développement économique, a souligné que, dans un contexte où la mobilisation de fonds en faveur de la lutte contre les changements climatiques devrait permettre de collecter 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, il était probable que certains pays industrialisés se contenteraient peut-être de transférer les ressources de leur APD vers le fonds spécial prévu à cet effet.

La réforme du système monétaire et financier international et ses incidences sur le développement ont été au cœur d’une autre table ronde, au cours de laquelle a été réaffirmée la nécessité de placer la conduite de ce processus sous le leadership de l’ONU.  M. José Antonio Ocampo, de l’Université Columbia, a déclaré que le Fonds monétaire international (FMI) notamment, devait procéder à une réforme qui lui permettrait de renouer avec sa fonction première de coordonnateur des politiques macroéconomiques, une fonction qui au cours des années a été progressivement assumée par le G-7, puis les Accords du Louvre conclus par ce Groupe sans la présence de l’Italie, et enfin par le G-8.« Même le G-20, qui s’est engagé à établir un système de coopération, ne pourra pas se substituer à un organisme de la taille du FMI, car il se heurtera à la question de sa légitimité », a prévenu M. Ocampo.  Pour sa part, M. Ranjit Teja, du FMI, s’est demandé si le mandat du Fonds était adapté à la tâche qui l’attend.  Le FMI veut répondre à des questions comme celles des restrictions commerciales et celles touchant les paiements, qui sont des problèmes qui datent des années 1940.  Mais qu’il n’aborde pas les problèmes qui sont de plus grande actualité, en particulier celui des transferts de capitaux. »

Une troisième table ronde portait sur les incidences de la crise financière et économique actuelle sur les investissements étrangers directs et les autres flux financiers privés, la dette extérieure et le commerce international.  Les experts, qui ont évoqué les différentes stratégies de sortie de crise, ont insisté sur la nécessité de réglementer les investissements spéculatifs, avec pour mot d’ordre: « éviter les erreurs du passé ».  Certains États Membres ont mis en garde contre les dangers de céder au protectionnisme.  La délégation du Japon s’est interrogée sur les actions à entreprendre pour établir des systèmes d’alerte précoce visant à prévenir le genre de crise qui s’est déclenchée en 2008.

D’autre part, cet après-midi, MM. Zia Qureshi, Conseiller principal du Bureau du Chef économiste de la Banque mondiale, et Jomo Kwame Sundaram, Sous-Secrétaire général chargé du développement économique au Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies sont intervenus dans le cadre d’un débat informel pour parler de la voie menant à la manifestation de haut niveau de 2010 sur la réalisation des OMD et du financement des politiques et des programmes qui la permettraient.  L’accent a été mis sur la bonne gouvernance, l’allègement de la dette, et la promotion de flux de capitaux durables, ces questions devant être débattues en septembre prochain.

Dans ses remarques de clôture, le représentant permanent du Ghana auprès des Nations Unies, M. Leslie Kojo Christian, qui parlait au nom du Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, M. Ali Abdussalam Treki, de la Lybie, a fait un résumé de ce débat informel et des échanges qui ont été tenus au cours des deux journées qu’a duré le Dialogue de haut niveau.
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