Egypte/Politique: des manifestants battus par la police, des dizaines arrêtés
![]() Les forces de sécurité égyptiennes immobilisent un manifestant au Caire, le 06 avril 2010 © AFP Amr Ahmad |
LE CAIRE (AFP) Des manifestants réclamant la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1981 en Egypte, ont été battus mardi par la police et des dizaines ont été arrêtés, a indiqué à l'AFP l'une des organisatrices alors qu'Amnesty International a fait état de 90 arrestations.
Plusieurs dizaines de personnes s'étaient rassemblées dans le centre-ville du Caire à l'appel du groupe du 6-Avril, un mouvement de jeunes Egyptiens créé en 2008 pour protester contre la vie chère et qui milite désormais pour des amendements à la Constitution et la levée de l'état d'urgence.
Les manifestants comptaient se rendre de la grande place Tahrir au Parlement, mais la police les en a empêchés.
"Nous n'avons pas pu bouger de Tahrir. Les policiers en civil, très nombreux, nous en ont empêchés. Nous avons ensuite essayé de nous échapper vers une rue voisine. La police a alors battu les manifestants avec des matraques", a affirmé Esraa Abdel Fattah, la créatrice du groupe 6-Avril, précisant que des dizaines de personnes avaient été interpellées.
Georges Ishaq, un porte-parole de l'Assemblée nationale pour le changement, créée autour de l'ex-chef de l'AIEA Mohamed ElBaradei et dont fait partie le groupe du 6-Avril, a affirmé à l'AFP que 70 manifestants avaient été arrêtés.
"Nous avons fait le décompte dans les différents points de rassemblement, 70 personnes ont été arrêtées", a-t-il précisé.
Le directeur du bureau au Caire de la chaîne satellitaire panarabe Al-Jazira, Hussein Abdel Ghani, a indiqué à l'AFP que ses cameramen avaient été fouillés et leurs films confisqués.
Amnesty International a condamné les arrestations et la violence, faisant état dans un communiqué de l'"arrestation de 90 personnes au Caire pour avoir participé des manifestations pour réclamer des réformes politiques".
"Les manifestants réclamaient également la levée de l'état d'urgence imposé par le gouvernement depuis 29 ans, et utilisé pour réprimer les manifestations, la liberté d'expression et (commettre) d'autres violations des droits de l'Homme", a souligné Amnesty.
Le directeur de la section Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International, Malcolm Smart, a appelé à "mettre fin à ces intimidations visant les militants de l'opposition et les détracteurs du gouvernement".
"Les autorités égyptiennes doivent montrer leur engagement (au respect) des droits de l'Homme en permettant et protégeant les manifestations pacifiques", a-t-il estimé, appelant les autorités à libérer les manifestants détenus.
