Durban :Surf pour les enfants des rues

Publié le par imagazine.over-blog.fr

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Une adepte de surf
© AFP/Archives Ishara S.Kodikara

DURBAN (Afrique du Sud) (AFP)  Wonder, 14 ans, émerge de l'océan Indien sur une plage du port sud-africain de Durban, épuisé par des heures de surf. Une activité qui tient cet enfant des rues à l'écart de la drogue mais ne lui donne pas un abri pour la nuit.

"Quand je surfe, je ne sniffe pas de la colle. Je veux laisser ça derrière moi," raconte l'orphelin.

Grâce à l'association Umthombo, une quinzaine d'enfants sans toît apprennent tous les matins à dompter les vagues devant la jetée de Durban (est), pour les aider à se sortir d'un quotidien de violence et de misère.

"Beaucoup d'enfants se retrouvent dans la rue après la mort de leurs parents ou bien des violences de la part de leurs proches", explique Emma Sibilo, une des assistantes sociales de l'association. Quand ils surfent, ajoute-t-elle, "ils deviennent actifs, sportifs et s'engagent moins dans des comportements anti-sociaux."

A 9 ans, Kheto a passé l'essentiel de sa vie dans la rue. Aujourd'hui, lui aussi est passionné de surf. Grâce au centre, il prend deux repas par jour. "Quand il porte une combinaison, il n'est plus considéré comme un enfant des rues. Les gens lui disent qu'il est bon dans ce qu'il fait. Il devient quelqu'un," relève Tom Hewitt, le fondateur britannique d'Umthombo.

L'association, créée en 1998, est financée par des entreprises privées sud-africaines et britanniques. Hewitt espère bientôt pouvoir agrandir le local et offrir un gîte sûr à ses protégés.

Car, le soir, les enfants d'Unthombo rejoignent leurs 400 compagnons d'infortune sur les trottoirs ou les plages, où ils sont souvent ramassés par la police qui les emmène dans un foyer en banlieue. Selon le Britannique, il s'agit de faire place nette avec l'arrivée de la Coupe du Monde, que l'Afrique du Sud accueille du 11 juin au 11 juillet. "Les enfants des rues ne font pas partie du tableau que les gens ont envie de voir", dénonce le surfeur de 38 ans, dénonçant un "harcèlement".

La ville de Durban dément toute politique de "nettoyage" des rues avant le Mondial. La police municipale affirme n'intervenir que lorsque les citoyens se plaignent.

"Ils dorment dehors, devant la porte des gens", dit la porte-parole de la police, Joyce Khuzwayo. "Quand un événement est organisé, ils vont voir. Parfois, ils volent de l'argent et des sacs sur le front de mer."

Durban, qui accueille une demi-finale de la Coupe du monde, a engagé d'énormes travaux pour moderniser son front de mer, une enfilade d'hôtels, restaurants et boîtes de nuit s'étendant sur cinq kilomètres jusqu'au stade flambant neuf.

"Ils nous emmènent dans un camion", dit Kheto, qui à chaque fois se sauve pour retrouver l'abri relatif de son coin de plage, accomplissant à pied les quarante kilomètres depuis le centre où les enfants sont emmenés. "C'est un abri pour les infirmes et les fous. Je ne veux pas rester avec les fous."

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Publié dans Culture

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