Côte d'Ivoire/Politique: Le processus électoral en Côte d’Ivoire va-t-il être relancé ?
Une question que se posent tous les Ivoiriens ainsi que les observateurs avertis de la vie politique ivoirienne…Une question qui trouvera peut-être sa réponse tout à l’heure en fin de matinée, après la rencontre prévue ce lundi matin donc entre le président Laurent Gbagbo et le président du PDCI, Henri Konan Bédié. Une rencontre qui fait la une de la presse abidjanaise… Par Frédéric CouteauRfi
« Des retrouvailles pour désamorcer la bombe ? » s’interroge L’Intelligent. L’Intelligent qui rappelle que « la situation sociopolitique est tendue depuis ces derniers jours avec la marche annoncée par la jeunesse du RHDP (le front uni de l’opposition) pour le 15 mai ». De plus, poursuit le journal, « l’on se rappelle que lors de sa visite d’amitié et de travail fin avril, le président Abdoulaye Wade du Sénégal avait encouragé la classe politique ivoirienne à se mettre autour d’une table en vue de trouver une issue heureuse à la crise qui secoue le pays depuis 2002. Une sorte de dialogue interne. »
Le bout du tunnel ?
Alors, cette réunion entre l’actuel et l’ancien président en serait-elle le prélude ? Peut-être bien, pour le quotidien Nuit et Jour : « l’atmosphère sociopolitique jusque-là demeurée délétère pourrait se décrisper ce lundi, affirme le journal. (…) Certaines indiscrétions indiquent que la réunion entre Gbagbo et Bédié serait relative à la marche que projette le RHDP le 15 mai prochain. »
Nuit et Jour explique : « le Président Laurent Gbagbo pourrait demander au doyen de la coalition des Houphouétistes de surseoir, voire même d’annuler, cette manifestation qui a commencé à créer la psychose au sein des populations ivoiriennes. (…) D’innombrables compatriotes ont commencé à faire des provisions. Convaincus qu’ils sont, de ce que l’apocalypse sera inévitable à partir de cette date. Le Président Laurent Gbagbo pourrait donc à l’issue de ce conclave, affirme le quotidien ivoirien, donner des gages d’une éventuelle fixation de la date des élections aux Houphouétistes. De sorte à apaiser les jeunes du RHDP (les jeunes de l’opposition) déterminés à prendre la rue le 15 mai. »
Le Nouveau Réveil, le journal du PDCI, voit les choses un peu différemment : «nombreux sont les Ivoiriens qui s'interrogent sur l'opportunité de cette rencontre que l'on suspecte d'avoir été suscitée par Gbagbo juste pour casser la marche du RHDP, affirme le quotidien d’opposition. Car, chaque fois que le chef de l'Etat se sent en difficulté, il appelle Bédié en pompier. La pression, il faut le dire, est sur les épaules des deux hommes. » Et pour Le Nouveau Réveil, « le Président Bédié devrait une fois de plus saisir cette occasion pour tenter d'arracher à Gbagbo la date des élections car, c'est l'unique voie de sortie de crise. »
Et puis coïncidence ou pas ? C’est ce lundi également que reprend en principe le contentieux sur la liste électorale. Constatation établie par L’Observateur au Burkina qui rappelle que ce contentieux « consiste, dans un premier temps, à vérifier la nationalité de tous ceux dont les noms figurent sur ce qu’on appelle la liste 'grise'. Soit un peu plus d’un million d’électeurs suspectés par le camp présidentiel d’être des étrangers et qu’il faut donc soumettre, écrit le quotidien burkinabé, au détecteur d’ivoirité. »
Sur des rails !
Autre pays… et autre scénario électoral…Il s’agit là de la Guinée : « processus électoral en Guinée, un cheminement sans accroc », relève Le Pays au Burkina. En effet, là, le scénario semble idéal : « comme un fleuve suivant tranquillement son cours, la transition guinéenne se dirige lentement mais sûrement vers le bon port, note Le Pays. Le général Sékouba Konaté, président intérimaire venu à la rescousse du capitaine malade Dadis Camara dont le navire tanguait, n’a jamais raté l’occasion de fournir la preuve de sa maîtrise du gouvernail politique de son pays. Après avoir fixé par décret la date de la présidentielle au 27 juin prochain, précise le quotidien burkinabé, promulgué par la même voie la Constitution, le président de la Guinée Conakry a fixé la période de la campagne électorale (…) : du 17 mai au 26 juin donc, les candidats à la magistrature suprêmeguinéenne iront à la conquête des voix de leurs compatriotes. »
Et malgré quelques critiques ici et là, les médias guinéens jubilent à l’instar de Guinée Conakry Infos : « comme annoncé, les élections présidentielles auront effectivement lieu le 27 juin 2010, constate le site d’information, à la grande satisfaction des prétendants au poste, pressés d'en découdre, chacun comptant sur la brillance de son étoile et la profondeur de sa poche. Les acteurs de la classe politique guinéenne et la société civile sont donc sous tension, affirme Guinée Conakry infos, excités par l'événement dont la grande ouverture est inédite pour tous… » Il est vrai, faut-il le rappeler, que cette élection présidentielle fin juin s’annonce comme le premier scrutin vraiment démocratique en Guinée depuis l’indépendance il y a presque 52 ans…