Congo: 76 morts dégagés du train déraillé où les secours s'activent toujours

Publié le par imagazine

POINTE-NOIRE (Congo) (AFP)  Soixante seize corps avaient été retirés mercredi du train bondé qui a déraillé lundi soir dans le sud du Congo, sur la ligne Pointe Noire-Brazzaville, et les secours s'activaient encore parmi les wagons accidentés à la recherche d'éventuelles victimes.

"Le nouveau bilan est de 76 morts. Ces corps sont tous à la morgue", a affirmé à l'AFP un membre de la cellule de crise à Pointe Noire.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso s'est déplacé à Pointe Noire en fin de matinée mercredi. "Il s'agit d'une situation dramatique (...) Je suis venu pour soutenir les familles et les blessés. Nous reviendrons" à Pointe Noire) pour les obsèques, a affirmé le président, qui a visité trois des quatre hôpitaux de la ville.

Les blessés légers ont commencé à quitter mercredi les hôpitaux pour regagner leurs domiciles mais 160 personnes restaient hospitalisées.

Le gouvernement congolais n'a pas publié de nouveau bilan officiel après avoir parlé mardi soir de "48 morts et plus de 400 blessés". Le nombre total de blessés a été évalué entre 400 et 700, selon les différents bilans.

© AFP
Une survivante sur son lit d'hôpital le 22 juin 2010 à Pointe-Noire au Congo
© AFP Laudes Martial Mbon

A Yanga, lieu du déraillement, à 60 km à l'est de Pointe-Noire et de la côte atlantique, une centaine d'employés du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) travaillaient dans une odeur pestilentielle due à l'odeur des corps mais aussi à d'énormes quantités de poisson transportées par les passagers et qui étaient en train de pourrir.

Les employés dégageaient la voie autour des huit wagons renversés pour permettre à une grue de les soulever et ainsi dégager d'éventuels corps encore sur place et rétablir de la circulation.

Fabrice Malonga, 36 ans, habitant de la bourgade de 200 à 300 habitants, a fait partie des premiers sur les lieux lundi: "D'abord on a cru à une explosion. J'ai vu des cadavres: des enfants, des personnes âgées... Les wagons étaient saturés" de monde, raconte-t-il.

"Le soir de l'accident, la plupart des jeunes du village avaient du sang sur leurs habits car ils ont aidé les blessés", a assuré Dalet Ngoma, 28 ans, un autre villageois.

L'accident a été attribué à un "problème comportemental" du conducteur par le directeur général du CFCO Joseph Sauveur El Bez. Il a cependant reconnu qu'"il y avait trop de passagers" à bord.

Le gouvernement a avancé que l'accident "serait dû à une vitesse quelque peu excessive".

L'opposition et des associations de la société civile ont fait rebondir le débat sur le plan politique.

"Cet accident démontre que le revenu de la manne pétrolière ne sert pas à reconstruire le pays", a affirmé Roger Bouka, de lobservatoire congolais des droits de lhomme (Ocdh). "Il prouve que le gouvernement ne met pas assez de moyens dans les infrastructures, notamment sur le CFCO construit depuis lépoque coloniale (1934)".

"La responsabilité du gouvernement est grande dans ce drame. Notre voie ferrée date de 1936 (en fait 1934) (...) Le gouvernement ne conçoit aucun programme de réhabilitation de la voie ferrée", a estimé Mathias Dzon, le président de LAlliance pour la république et la démocratie (ARD), un des deux principales coalitions d'opposition.

Héritage de la colonisation française, le CFCO, dont la construction a coûté la vie à de nombreux Africains, est la principale voie déchanges, reliant Brazzaville et Pointe-Noire sur 510 kilomètres.

En septembre 1991, sur la même ligne, une collision à Mvoungouti, près de Dolisie, entre deux trains avait fait 100 morts et 300 blessés. C'est, à ce jour, le plus grave accident ferroviaire du pays.

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Publié dans Humanitaire

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