CI/UA: Le président ougandais Yoweri Museveni ne reconnaît pas Alassane Ouattara
L’Union Africaine divisée par le dossier ivoirien :
«L’Ouganda n’est pas d’accord avec l’Onu et la communauté internationale au sujet de la Côte d’Ivoire », « Il faut une approche sérieuse qui comprenne une enquête sur le processus (électoral), notamment sur l’élaboration des listes électorales et sur l’identité des électeurs », a déclaré Tamale Mirundi, citant le président ougandais dans son opposition à la reconnaissance par l’ONU d’Alassane Ouattara comme président élu de la Côte d’Ivoire. Des propos diffusés ce mardi dans le journal national Daily Monitor.
En parallèle, c'est une visite surprise du président de l’Union africaine Bingu wa Mutharika à Abidjan pour une visite d'information, une véritable reprise en main des opération après l'échec annoncée de Raila Odinga, Premier ministre kényan, médiateur désigné par le président de l'UA.
Le chef d’Etat malawite est arrivé ce mardi à Abidjan afin de rencontrer les deux présidents proclamés de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Après les présidents angolais, ghanéen et sud-africain, c’est au tour ce mardi de l’Ougandais Yoweri Museveni de se démarquer. « Il faut enquêter et ne pas se contenter de dire "untel a gagné" », a-t-il notamment déclaré, contestant les choix de l’ONU et de l’UA.
Il a été accueilli à l’aéroport par Aké N’Gbo, Premier ministre du gouvernement Gbagbo, et de son ministre des Affaires étrangères Alcide Djédjé. Le Président Bingu wa Mutharika doit rencontrer les deux belligérants proclamés, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, ainsi que le chef de l’opération de l’ONU en Côte d`Ivoire (Onuci), Choi Young-Jin.
Après un entretien vendredi 21 janvier dernier avec Museveni en visite dans son pays, le président sud-africain Jacob Zuma avait estimé que l’annonce des résultats faisait apparaître des « contradictions ». « Nous devons faire autre chose que de demander à l’un des deux leaders de partir », avait-il déclaré avant de proposer qu’un moyen de vérifier les « graves accusations » d’irrégularités électorales soit trouvé et de donner rendez-vous à ses pairs le 30 janvier, à Addis Abeba, pour en débattre.
Son prédécesseur Thabo Mbeki avait attiré l’attention sur le fait qu’il ne fallait diaboliser Laurent Gbagbo. « La crise actuelle ne vient pas d’un conflit entre anges et démons », écrivait-il dans une lettre transmise à Jean Ping, président de la commission de l’UA, au retour d’une mission de médiation en Côte d’Ivoire. « Le seul moyen de résoudre la crise ivoirienne est de convaincre Gbagbo et (son rival Allassane) Ouattara de négocier », poursuivait l’ex-chef d’Etat, en mettant en garde contre le risque de « guerre très destructrice » en l’absence de dialogue, dans le document révélé lundi par le quotidien sud-africain The Times.
