Afrique/Santé : Le recul du paludisme
L'échéance du projet "Dix ans pour faire reculer le paludisme" approche à grands pas. Il reste un peu plus de 257 jours pour atteindre l'objectif fixé par le secrétaire général des Nations unies : mettre en place une couverture universelle des interventions de lutte contre le paludisme. Par Anne JeanblancLe Point
L'année 2010 devrait donc être une période clé dans la lutte contre le paludisme. La situation actuelle en Afrique montre que certains pays sont déjà en passe d'éradiquer cette maladie, tandis que d'autres continuent de fournir des efforts concertés pour réaliser les objectifs de couverture pour 2010 et pour réduire de moitié les décès dus à la malaria. Ce bilan est publié à l'approche de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, qui aura lieu dimanche 25 avril.
Le rapport sur la situation en Afrique fait donc état d'un net progrès. Entre 2004 et 2009, le financement externe de la lutte contre le paludisme a été décuplé, pour atteindre presque 1,8 milliard de dollars en 2009. La production mondiale de moustiquaires imprégnées a, quant à elle, été multipliée par cinq, pour atteindre 150 millions, et la distribution d'ACT (pour artemisinine-based combination therapy), qui est désormais de 160 millions, est plus de trente fois supérieure aux chiffres initiaux. Cette couverture accrue réduit considérablement le fardeau que représente le paludisme à travers divers pays d'Afrique.
À l'heure actuelle, avec seulement un tiers du financement mondial nécessaire, les programmes nationaux parviennent à sauver un enfant toutes les trois minutes. "Certes, ce résultat est très encourageant, mais nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher nos efforts", selon le Pr Coll-Seck, directrice exécutive du partenariat Roll Back Malaria.
Les données présentées dans le rapport confirment que, sur les quelque 350 millions de moustiquaires imprégnées nécessaires pour bénéficier d'une couverture universelle, les pays d'Afrique en ont reçu près de 200 millions entre 2007 et 2009. En outre, certaines nations ont opté pour des stratégies de traitement plus efficaces, mais aussi plus coûteuses. Néanmoins, la proportion d'enfants africains ayant accès aux ACT reste très faible. Il est donc impératif de poursuivre les actions en cours.