Afrique/Partenariat public-privé : Les ports africains à l’essai
Considéré comme une solution adaptée pour le développement des infrastructures en Afrique, le partenariat public-privé est de plus en plus sollicité pour relever d’importants défis là où l'État a montré ses limites. Depuis quelques années, différents ports en Afrique en font la prodigieuse expérience pour rattraper leur retard.
Des RTG livrés au port d'Abidjan grâce au partenariat avec Bolloré. Photo (c) DR Ces dernières années, le secteur privé s’est montré un partenaire privilégié en faveur de l’investissement dans l’amélioration de l’efficacité des opérations et les infrastructures et équipements portuaires (publics) en Afrique. Généralement sous forme de concessions déclinées sur une longue période, le partenariat permet aux ports de bénéficier de financements importants pour mener des travaux nécessaires à l’adaptation des installations existantes et/ou de construction de nouvelles installations et, notamment, faire face au développement du trafic conteneurs. Pour les experts, il ne s’agit pas d’une privatisation du service public mais de l’utilisation de l’ingéniosité et de la flexibilité du privé au service du public. Et la formule se généralise sur le continent. Le port de Cotonou, n’ayant pas les moyens de financer directement la construction d’un terminal à conteneurs pour décongestionner l’ancien, a fait appel à des offres privées. Le groupe Bolloré a présenté les meilleures offres: un investissement de 130 milliards de F CFA (soit 281 millions de dollars US) et la création de 500 emplois directs au Bénin. Le groupe français de logistique et de manutention portuaire a promis de faire du port de Cotonou le second grand port de la sous-région, après celui de Lagos (Nigeria). Outre le boom attendu sur le plan du trafic et le repositionnement du port de Cotonou dans la sous-région, l'État béninois va encaisser plus de 450 milliards de francs CFA de profit direct tout au long des 25 ans que va durer la concession. Jacob Sagbohan
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