ACI/Assemblées Annuelles de la BAD-Lancement du volume V sur "L'état de l'intégration en Afrique"
C'est dans le cadre des manifestations parallèles des Assemblées Annuelles Gpe BAD qu'à eu lieu le lancement du volume V sur "L'état de l'intégration en Afrique" (salle Les 4 coins du monde du Casino de l'h'ôte Ivoire) en présence de nombreuses personnalités dont S.E Festu Mogae, Président de CoDA, de Donald Kaberuba, Président du Gpe BAD, Jean Ping, Président de l'UA, Abdoulie Janneh, Secrétaire Exécutif de la CEA. Faciliter et renforcer le processus de coopération et d'intégration économiques en Afrique représente une composante essentielle du mandat de la CEA.
La Commission a mené de nombreuses études pour s’acquitter de ce mandat, en vue de recenser les diverses contraintes qui entravent le processus d'intégration et d’aider les États membres à formuler et à mettre en œuvre des politiques et des stratégies progressives. Le rapport sur l’État de l'intégration régionale en Afrique est une publication bisannuelle conjointement établie par la CEA, la CUA et la BAD. La première édition du rapport, publié en mai 2004, offrait une vue d’ensemble de l'état de l'intégration régionale en Afrique. La deuxième édition, parue en mai 2006, examinait la question brûlante de la multiplicité des groupements d'intégration et son corollaire, le chevauchement de leur composition. La troisième édition, publiée en 2008, traitait de la question de la convergence des politiques macroéconomiques.
Les pays africains doivent améliorer quantitativement et qualitativement leurs infrastructures physiques en vue de réduire les coûts de l’activité économique en Afrique et accroître la compétitivité et le volume du commerce intrarégional, selon une recommandation clef de la quatrième édition du rapport sur l'État de l'intégration régionale en Afrique publié par la Commission économique pour l'Afrique (CEA) et la Commission de l'Union africaine (CUA).
D'après le rapport, plus de 80% du total des exportations de l'Afrique ont encore pour destination les marchés européen, asiatique et américain, tandis qu'un pourcentage comparable des importations du continent provient de ces mêmes marchés. Le rapport en conclut qu’il est indispensable de renforcer l'intégration régionale pour accélérer la transformation des économies cloisonnées et élargir les marchés et l'espace économique.
Il ressort du rapport que, entre 2000 et 2007, 50 à 60% des exportations des communautés économiques régionales africaines (CER) étaient destinées à l'Europe et aux États-Unis d'Amérique, alors que, durant la même période, seuls 9% des importations de l’Afrique provenaient des pays du continent. Il souligne aussi que le continent ne détient qu’une part infirme du commerce international, ses exportations et ses importations ne représentant respectivement que 2,9% et 2% du total mondial. L'absence de diversification et de compétitivité des économies africaines en général est la principale cause de cette situation. En effet, un grand nombre de pays se sont spécialisés dans un petit nombre de produits de base, alors que leurs importations sont principalement constituées de produits manufacturés, indique le rapport.
Autres grands obstacles au commerce intrarégional mentionnés dans le rapport: le médiocre état des infrastructures liées au commerce, l’absence de coordination macroéconomique en général, ainsi que la multiplicité des monnaies et leur non-convertibilité. L’insuffisance du réseau routier bitumé du continent illustre bien cette situation. L'Afrique dispose de cinq fois moins de routes que les pays à haut revenu de l'OCDE.
M ABDOULAYE BATHILLY, observateur pendant ces deux jours de travaux initiés conjointement entre la CEA/CUA/BAD et Cordonnateur de la Coalition sur le Dialogue en Afrique(CoDA) fait le point sur le sujet.