A l'aise à Bissau, Bubo se joue des accusations de narcotrafic et de complot

Publié le par imagazine

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le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchute, dit Bubo, le 12 juillet 2008 à Bissau
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BISSAU (AFP) Protégé par quelques soldats, Bubo sillonne en 4x4 les rues de Bissau, saluant les curieux qui affluent, détendu. Ses rivaux dans l'armée sont morts ou détenus. Et l'ex-chef de la Marine assure qu'il sera bientôt innocenté de toute accusation de complot et de trafic de drogue.

Depuis le 1er avril, le contre-amiral José Américo Bubo Na Tchute, dit Bubo, est tout sourire, à Bissau. Ce jour-là, son ami, le général Antonio Indjai, a renversé son ennemi, le général José Zamora Induta, qui dirigeait l'armée.

"Regardez", dit Bubo à deux journalistes qu'il a embarqués à bord de son 4x4, en approchant d'un marché. "Je n'ai pas donné de l'argent à tous ces gens qui me saluent! Mais ils m'aiment, ils voient en moi un valeureux combattant de la guerre de libération, l'homme qui pourra apporter la stabilité au pays...".

"Bubo" reste pourtant l'un des officiers les plus controversés de Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise en mal de développement, réputée minée par le narcotrafic.

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Le général José Zamora Induta, le 7 mars 2009 à Bissau
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Son nom, justement, a bien souvent été cité dans les enquêtes sur le trafic de cocaïne sud-américaine en transit vers l'Europe, raison pour laquelle les Etats-Unis ont annoncé, le mois dernier, qu'ils gelaient ses avoirs.

En août 2008, Bubo avait dû fuir son pays pour gagner la Gambie. Le puissant chef des armées, Batista Tagmé Na Waie (dit Tagmé), l'accusait en effet d'avoir voulu perpétrer un putsch contre le président Joao Bernardo Vieira (dit Nino).

Depuis, Tagmé a été tué dans un retentissant attentat à la bombe, en mars 2009, suivi quelques heures plus tard de l'assassinat du président "Nino" Vieira par des militaires.

Après avoir passé 18 mois en Gambie, Bubo est finalement rentré au pays, fin 2009, comme il en était parti: clandestinement et à bord d'une pirogue. Il s'est réfugié dans les locaux de l'ONU à Bissau, jusqu'à ce que le général Indjai et les mutins viennent l'y chercher, le 1er avril.

Du nouvel homme fort de l'armée, Bubo dit: "il n'y a pas de nuages entre nous. D'ailleurs, je viens de son bureau, avant de vous rencontrer".

Jeudi, le tribunal militaire l'a convoqué à Bissau pour entendre ses "explications", en réponse aux accusations de tentative de putsch de 2008.

"Ils ont avoué qu'il n'y avait pas matière à me condamner", affirme Bubo. "J'avais été victime d'un lynchage médiatique orchestré par Tagmé, qui pensait que je voulais son poste. Mais j'avais d'excellentes relations avec Nino. Aujourd'hui, Tagmé est mort de même que Nino. Ceux qui m'ont accusé ne sont plus là...", relève-t-il.

A ceux qui le présentent comme un narcotrafiquant, il lance: "s'il y a des preuves, qu'on les présente!"

Et quand on l'interroge sur sa fortune, il assure n'avoir "aucun compte à l'étranger, puis demande: "Quel est l'officier supérieur ou le haut fonctionnaire, ici, qui n'est pas riche? A commencer par (les défunts) Tagmé et Nino. Je peux avoir de l'argent parce que je gérais un secteur, la Marine, où nous arraisonnons des bateaux qui paient des taxes et percevons un pourcentage. J'ai aussi des amis, comme le président gambien (Yahya Jammeh), qui m'aident très souvent financièrement".

Au nombre de ses ennemis, il cite en revanche clairement le Premier ministre bissau-guinéen, Carlos Gomes Junior, qui séjourne depuis une dizaine de jours à l'étranger, officiellement pour raisons de santé.

Quant à ses ambitions, Bubo en parle sans détour: "Si le tribunal militaire conclut à mon innocence, je reprendrai mon poste au niveau de la Marine. Comme chef d'état-major".

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Publié dans Les News Africaines

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