Mission « impossible » pour Kofi Annan qui referme le dossier syrien

Publié le par imagazine

2012-08-02T154139Z_1384923468_GM1E8821TR301_RTRMADP_3_SYRIA.JPG« J’ai fait de mon mieux », a affirmé Kofi Annan. Après cinq mois d'efforts, le médiateur des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie préfère démissionner. Il quittera  ses fonctions le 31 août. Devant la presse à Genève, le diplomate a pointé du doigt l’incapacité du Conseil de sécurité de l’ONU à s’unir. Kofi Annan parle d’échec de sa mission. Il n’est pas arrivé à imposer son plan de paix, mais quelles sont les avancées issues de sa médiation ?(Genève, le 3 août 2012. Kofi Annan jette l'éponge et referme le dossier syrien qu'il avait spécialement pris en charge au nom de l'ONU.REUTERS/Denis Balibouse)

Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour de rfi

La médiation de l'ONU est clairement un échec ; difficile donc de retenir quelques avancées. Kofi Annan avait deux objectifs au début de cette mission : établir un cessez-le-feu en Syrie et entamer un dialogue entre le gouvernement et l’opposition syrienne. Cela n’a pas été le cas. C’était une mission « impossible », c’est d’ailleurs le terme qu’a repris Kofi Annan lui-même. Non seulement, il a dû faire face à un Conseil de sécurité divisé, mais les acteurs du conflit eux-mêmes, le gouvernement et l’opposition syrienne, ne veulent pas d’un dialogue politique.

C’est vrai que les observateurs de l’ONU qui ont été déployés en Syrie ont sans doute permis d’avoir des informations plus fiables. Mais leur mission va sans aucun doute se terminer également dans quelques semaines et l’ONU va probablement se cantonner désormais à un rôle humanitaire plutôt que politique en Syrie.

Kofi Annan regrette le manque de soutien du Conseil de sécurité. Aujourd’hui, l’Assemblée générale de l’ONU doit voter une résolution qui est présentée par le groupe des pays arabes.

Gérard Araud

Ambassadeur français à l'ONU

Il y a eu trois veto sur des résolutions modérées.

 

03/08/2012 par Karim Lebhour

Cette résolution reprend le texte qui avait été présenté devant le Conseil de sécurité et auquel la Russie et la Chine avaient soumis leur veto. On y retrouve les menaces de sanctions, la transition politique et même une référence aux armes chimiques et un avertissement quant à l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien.

C’est une résolution non contraignante. Il s'agit évidemment d'un message destiné à montrer que l’ONU reste active sur le dossier syrien. Et la dernière résolution de l’Assemblée générale était passée à une très large majorité, avec 137 voix. Mais cette fois, le score pourrait être plus serré parce que l’activisme de l’Arabie Saoudite, du Qatar et des Occidentaux sur le dossier syrien irrite beaucoup de pays qui pourraient préférer s’abstenir plutôt que de voter en faveur de cette résolution.

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