M Philippe Lallio, prote-parole du quai d'orsay précise sur le classement du Cameroun en zone rouge

Publié le par imagazine

SANY0074.JPGCameroun-Famille Moulin-Fournier 

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Certains croient savoir qu'il y aurait eu versement d'une rançon de 7 millions de dollars. Est-ce exact ?

M Philippe Lallio, prote-parole du quai d'orsay

Je vous renvoie aux déclarations faites par le Premier ministre ce matin. Il a rappelé la règle posée par le président de la République - la France ne verse pas de rançon - et a démenti les informations auxquelles vous faites allusion.

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Le Cameroun est toujours placé en zone rouge. Présente-t-il toujours un danger ?

M Philippe Lallio, prote-parole du quai d'orsay

La quasi-totalité du territoire camerounais est en jaune et ne présente pas de risque particulier. Il y a une bande frontalière à l'Est placée en orange où il est déconseillé de se rendre, sauf raison impérative. C'est dans la bande frontalière de l'Ouest et dans l'extrême-Nord, en rouge, qu'il est formellement déconseillé de se rendre. On ne peut donc pas dire que la totalité du territoire camerounais est en zone rouge.

Il faut bien comprendre ce que nous faisons lorsque nous classons, non pas des pays tout entier, mais des zones, des régions. Les codes couleurs sont le résultat de l'analyse que nous faisons - le centre de crise du ministère avec nos ambassades - de la situation de sécurité sur place.

Cette situation est évaluée en temps réel : nous faisons par an presque 1 000 ajustements des codes couleurs et des messages. Ne nous focalisons d'ailleurs pas sur les seules cartes et codes couleur. Chaque carte est accompagnée de consignes ou de conseils qui l'appuient.

 

Coopération militaire en Afrique

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Avec les crises en Afrique sub-saharienne et l'essor de l'industrie du kidnapping, la France en profite-t-elle pour réformer sa politique de coopération militaire ?

M Philippe Lallio, prote-parole du quai d'orsay 

Oui, en effet, il y a une montée des risques, en particulier dans toute la zone du Sahel. On observe des connexions qui n'existaient pas il y a quelques années et des évolutions nouvelles, vers le narco-terrorisme, le trafic d'armes, etc. C'est l'une des raisons pour lesquelles il fallait absolument empêcher que le Mali ne devienne un sanctuaire terroriste.

Quels remèdes y apporter ? Ils sont certainement de plusieurs ordres. La crise malienne nous incite à prendre en compte toutes les dimensions d'une crise, à ne pas seulement soigner les symptômes, notamment sécuritaires, mais à aller jusqu'aux racines. D'où le discours que nous avons toujours tenu - notamment sur le Mali - quant à la nécessité non seulement de rétablir la sécurité, mais aussi de sortir durablement de la crise par des mesures de nature politique sur la démocratie, les droits de l'homme, les processus électoraux et de réconciliation ainsi que par des actions de développement.

S'agissant de la coopération en matière de sécurité et de défense, nous avons, sur une base bilatérale, toute une série d'accords d'assistance militaire, de coopération technique ou de formation avec les pays d'Afrique. Mais n'oublions pas qu'il y a sur ce terrain également nombre de programmes multilatéraux, notamment européens au titre de la politique de sécurité et de défense commune, en vue d'équiper, de restructurer les armées, de leur donner des conseils en matière de commandement, de développement des capacités opérationnelles, de respect des droits de l'Homme, etc.

 

http://youtu.be/ckNqbcHAreg

Publié dans Politique

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