Lutte contre la LRA : les troupes ougandaises continueront à jouer leur rôle

Publié le par imagazine

Kampala (Ouganda)

Les 2000 soldats ougandais mis à la disposition de la Force régionale d’intervention (FRI) de l’Union africaine (UA) chargée de « l’élimination » de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) continueront à jouer leur rôle dans cette initiative, y compris celles opérant en République Centrafricaine (RCA) où elles travaillent en coopération avec les forces nationales pour traquer les éléments du groupe armé dirigé par Joseph Kony. C’est l’une des principales conclusions d’une réunion qui a eu lieu à Kampala le 3 avril entre l’UA, l’ONU et les autorités ougandaises - représentées par le ministre des Affaires étrangères, M. Sam Kutesa, et son collègue de la Défense, M. Crispus Kiyonga.  « Le changement brutal de régime en RCA a provoqué une confusion dans les esprits. Je tiens à rassurer l’opinion nationale et internationale que cela n’a pour l’instant aucune incidence sur les engagements et la détermination des autorités ougandaises d’accompagner le combat contre la LRA », affirme M. Francisco Madeira, Envoyé spécial de l’UA pour la LRA.

 

« Il n’y a aucune raison d’envisager une quelconque suspension de la participation de l’UPDF (Uganda People’s Defence Force, Forces de défense du peuple ougandais)  ou même celle des autres troupes déjà en place. Il faut rappeler qu’il s’agit d’une Force autorisée par l’Union africaine sur la base d’une décision des Etats souverains concernés », explique M. Madeira, persuadé que sa visite prochaine en RCA permettra de clarifier et de renforcer cette position. « Nous ne doutons pas de l’intérêt que les nouveaux dirigeants centrafricains accorderont à ce dossier », poursuit-il, saluant leur volonté d’adhérer aux recommandations du Sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) tenue le 3 avril à Ndjamena (Tchad) et consacrée à la crise survenue en RCA suite à la prise de pouvoir le 24 mars par les rebelles de la « Seleka ». 

 

« Les Nations Unies sont très attentives à l’évolution de cette situation, compte tenu de l’impact négatif des activités de la LRA non seulement sur la paix et la sécurité régionale, mais aussi de ses conséquences humanitaires insupportables », souligne M. Abou Moussa, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et Chef du Bureau régional des Nations Unes pour l’Afrique centrale. La stratégie régionale de lutte contre la LRA développée par l’ONU avec ses partenaires prend en considération tous ces aspects.

 

« Nous encourageons toutes les parties prenantes à soutenir la mise en œuvre de cette stratégie, dont l’un des volets est relatif à l’appui à l’opérationnalisation de l’Initiative de l’Union africaine contre la LRA et, en particulier, sa composante militaire, la Force régionale d’intervention », précise M. Abou Moussa. « Nous ne devons pas donner la moindre occasion à Joseph Kony et ses éléments de croire qu’il y a un relâchement et qu’ils peuvent continuer à commettre des exactions sur les populations en toute impunité », ajoute le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale, appréciant la forte attention que cette question continue d’avoir auprès des partenaires.

 

Dans ce contexte, la séance de travail de MM. Abou Moussa et Francisco Madeira avec l’ambassadeur des USA en Ouganda (M. Scott DeLisi) le 4 avril, a permis d’avoir la confirmation du maintien des conseillers militaires américains déployés dans la région fin 2011 pour soutenir les efforts en cours dans la lutte contre la LRA. Le gouvernement américain vient également de promettre 5 millions de dollars de récompense pour toute information qui permettrait l'arrestation du chef rebelle Joseph Kony ainsi que ses principaux commandants, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen. Ils sont du reste recherchés par la Cour pénale internationale pour, entre autres, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

 

« Nous attendons impatiemment la fin des moments horribles que vivent les citoyens des pays affectés. N’oublions pas qu’en dehors de nombreux morts occasionnés par les atrocités de la LRA, on estime à plus de 440 000 personnes le nombre de réfugiés et déplacés obligés de quitter leurs familles pour échapper aux brutalités de ce groupe armé », concluent MM. Abou Moussa et Francisco Madeira. La mission conjointe qu’ils ont conduite du 27 mars au 4 avril au Soudan du Sud, en RDC et en Ouganda, a permis de d’intensifier la sensibilisation sur cette situation et d’être davantage édifiés sur la ferme volonté des autorités compétentes et des partenaires de continuer à faire de la lutte contre la LRA, une de leurs principales priorités. 

 

Publié dans Terrorisme

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