100 Questions à Yayi Boni

Publié le par imagazine

Monsieur le président de la République,
En d’autres capacités, nous vous avons adressé une demande d’interview que les services de communication de la présidence de la République ont soigneusement ignorée. Nous vous en aurions volontiers adressé une autre, si elle nous avait paru avoir la moindre chance de recevoir une suite favorable. C’est pourquoi, faute d’avoir l’honneur d’être reçus par vous ou de travailler pour le compte de l’ORTB, nous aimerions vous soumettre publiquement cent questions que nous nous posons, sur la conduite des affaires dans votre pays.

1. Monsieur le président de la République, votre pays connait depuis plusieurs mois une situation de crise aiguë, marquée par de nombreux scandales et de vrais problèmes de gouvernance, dont votre gouvernement – et donc, vous, personnellement – est responsable. Vu la gravité de la situation, seriez-vous prêt à rendre votre démission, avant que l’opposition ne se résolve à vous traduire, comme elle en a l’intention, devant la Haute Cour de Justice ?

2. Cette perspective vous inquiète-t-elle ?

3. Yayi Boni, au cours de vos huit années de présidence, vous vous êtes surtout illustré dans une guerre sans merci contre certains des hommes d’affaires les plus influents de votre pays, notamment MM. Séfou Fagbohoun, Sébastien Adjavon et Patrice Talon, entre autres. Comment voulez-vous créer des richesses dans ce pays sans des hommes d’affaires qui réussissent ?

4. Votre ambition, lors de votre premier mandat, était de transformer le Bénin en un pays émergent, en quelques années. Huit ans plus tard, vous en avez fait un pays… immergé. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

5. Sur le plan économique, la filière cotonnière, qui constituait jusqu’à récemment l’épine dorsale de l’économie béninoise, s’est quasiment effondrée. Comment justifiez-vous cela ?

6. En 2010, l’affaire ICC Services a fait perdre aux petits et gros épargnants béninois des milliards de Francs CFA. Reconnaissez-vous votre responsabilité personnelle dans ce scandale ?

7. Plusieurs responsables de la nébuleuse affaire ICC ont été aperçus en compagnie de vos plus proches collaborateurs ; d’autres ont même été reçus en audience au palais présidentiel. Comment pouvez-vous, dans ces conditions, vous exonérer de toute responsabilité ?

8. L’une des conséquences de l’affaire ICC Services est que l’instauration d’un régime d’assurance maladie universelle a pris du plomb dans l’aile. Les populations considèrent en effet que c’est une nouvelle arnaque, que votre régime est en train de mettre en place. Qu’avez-vous à dire pour les rassurer, s’il en est besoin ?

9. En 2010, lorsque l’affaire ICC Services a éclaté, le leader de l’opposition, Adrien Houngbédji, était monté au créneau, pour se faire accuser, avec des preuves fabriquées, d’avoir partie liée avec ICC Services. Pourquoi avoir essayé de gouverner par le mensonge ?

10. En dépit de ce scandale, vous avez été élu haut la main lors de la présidentielle de 2011. En votre âme et conscience, vous sentez-vous l’âme d’un président légitime ?

11. Cette élection, que les Béninois considèrent comme un holdup digne d’un western – en hommage à votre voisin de l’Ouest, le Togo – semble avoir définitivement mis fin au modèle démocratique béninois. Etait-ce nécessaire de frauder à cette échelle pour vous faire élire président de la République ?

12. Il y a eu un fort soupçon de connivence entre vous et la Cour Constitutionnelle de Me Robert Dossou. Pouvez-vous confirmer que vous n’aviez pas de deal secret avec Robert Dossou, dans le cadre de la présidentielle de 2011 ?

13. Pourquoi n’avez-vous pas œuvré pour la reconduite de Me Robert Dossou dans ses fonctions de président de la Cour Constitutionnelle ?

14. Une partie de l’opinion publique béninoise vous soupçonne d’avoir « arrosé » les membres de la Cour Constitutionnelle et de diverses institutions-clés, pour arracher votre élection en 2011. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

15. Au lendemain de la présidentielle de 2011, vous avez fait nommer ministre des Affaires étrangères, M. Nassirou Bako-Arifari, qui était précédemment coordinateur de la Liste Electorale Permanente Informatisée (Lépi), considérée par vos compatriotes comme l’arme majeure du crime électoral de 2011. Avec du recul, regrettez-vous cette maladresse ?

16. On vous reproche d’avoir peu d’empathie et notamment de vous défaire de vos ministres et collaborateurs comme des mouchoirs. Les exemples sont légion : Soulé Mana Lawani, votre ancien ministre de l’Economie, Moudjaïdou Soumanou, votre ancien ministre du Commerce, Armand Zinzindohoué, votre ancien ministre de l’Intérieur, ou encore l’ancien directeur général de l’ORTB, Julien Akpaki, pour ne citer que ceux-là… Y a-t-il un problème Yayi Boni ou alors ce sont les cadres béninois qui sont aussi mauvais ?

GOUVERNANCE ET CORRUPTION

17. Au rayon gouvernance, on vous reproche, de manière générale, une propension à la dictature : le refus de dialoguer avec les syndicalistes, une élection contestée, un traitement de fer réservé à l’opposition, l’embastillement de vos adversaires politiques, voire des tentatives d’assassinat en plein jour…

18. Deux faits ont particulièrement marqué l’opinion béninoise, au cours de ces dernières années : la mort de Pierre Urbain Dangnivo, cadre PSD du ministère des Finances et la tentative d’assassinat de Martin Assogba. On n’attend évidemment pas de vous que vous vous prononciez sur une éventuelle implication du gouvernement dans ces affaires, mais tout de même, cela met en relief une dégradation sans précédent de la sécurité dans le pays…

19. Dans le cas de Martin Assogba, sa tentative d’assassinat est survenue quelque temps après qu’il eut publiquement pris position pour mettre en garde contre un scénario à la Dangnivo, dans l’affaire du juge Houssou. On est par conséquent fondé à croire ou à tout le moins penser que sa tentative d’assassinat a pu être commanditée par votre régime, d’autant que le procureur de Calavi a rejeté le procès-verbal des officiers de police judiciaire dans cette affaire.

20. Toujours au chapitre gouvernance, le Bénin a perdu l’aide américaine au développement, à travers le Millenium Challenge Account, pour cause de corruption. Dans ce domaine, en revanche, on peut dire que c’est l’échec total…

21. La corruption et la mauvaise gouvernance ont déjà coûté des dizaines de milliards de CFA au Bénin. Deux exemples récents : le scandale de la construction du siège de l’assemblée nationale, ainsi que les nombreux investissements à perte, notamment la centrale de Maria-Gléta. Incompétence ou prévarication des biens publics ?

22. Il y aurait également une affaire de corruption liée à l’achat de l’avion présidentiel, dans laquelle certains de vos proches seraient impliqués…

23. Sur le plan économique, en dépit de tous vos efforts, le Bénin est loin d’avoir réalisé les performances que vous aviez laissé entrevoir. Manque de vision ou incapacité de réformer le pays ?

24. Dans votre projet de révision constitutionnelle, que vous avez dû abandonner, vous avez théorisé l’imprescriptibilité des crimes économiques, ce qui, au demeurant, est une idée intéressante. Quel sort lui sera réservé, en dehors d’un processus de révision constitutionnelle ?

25. Tous vos efforts - s’ils en étaient – pour combattre la corruption se sont soldés par un échec, ce qui fait dire que vous n’avez en fait pas intérêt à toucher aux vrais dossiers…

26. Il y a aussi ce que les Béninois appellent les pauses intempestives de première pierre…

27. Yayi Boni, lors de votre accession à la magistrature suprême, vous avez fait une déclaration sur l’honneur, sur vos biens. A deux ans de votre départ, pouvez-vous, sur l’honneur, évaluer votre richesse personnelle ?


28. Un dossier brûlant dont on parlera certainement au cours des prochaines années est celui du pétrole. Quelle est exactement la situation ?

29. On vous reproche d’avoir donné des concessions d’exploration généreuses à vos amis nigérians…

30. Nos informations font état d’une lettre du secrétaire d’Etat américain John Kerry au gouvernement béninois au sujet de ces questions de mauvaise gouvernance. Confirmez-vous cela ?

31. Si oui, peut-on savoir de quoi il était question dans cette lettre ?

32. Réalisez-vous qu’en parlant de lettres envoyées par le secrétaire d’Etat Kerry, vous avez tenu des propos peu diplomatiques, dans le style : « le numéro 2 américain qui envoie des lettres. Qui a fait des enquêtes ? C’est des histoires. Classez-moi ces lettres. » Réalisez-vous que vous parliez d’un des hommes les plus puissants de la planète et que cela pourrait compliquer le cas du Bénin au Congrès américain ?

LIBERTES PUBLIQUES

33. Les Américains ne se limitent visiblement pas à cela. Une proposition de loi circule au congrès pour forcer l’administration américaine à cesser toute aide bilatérale à votre pays, notamment à cause des conséquences de l’affaire Patrice Talon et de la mise aux arrêts de votre ancien ministre du Commerce, Moudjaïdou Soumanou. Cela fait plusieurs centaines de milliards dont votre pays pourrait être privé. N’avez-vous pas l’impression de prendre tout un pays en otage à cause de cette affaire ?

34. A quand la libération des mis en cause dans l’affaire de tentative d’empoisonnement ?

35. Est-il envisageable, juste pour apaiser la tension dans votre pays, de libérer cette personne et de prononcer une amnistie générale ?

36. En supposant que vous ayez échappé à une tentative d’empoisonnement orchestrée par Patrice Talon, seriez-vous disposé, pour la cause du retour de la paix sociale dans votre pays, à pardonner à ceux qui ont porté attente à votre vie ?

37. La presse française vous accuse d’avoir fait pression sur François Hollande, pour obtenir l’extradition de Patrice Talon…

38. Toujours au chapitre des libertés, pourquoi avoir laissé vos proches menacer la vie du juge Angelo Houssou ?

39. Dans cette affaire, n’est-ce pas pousser le bouchon un peu trop loin que de pousser un juge à fuir son pays ?

40. Considérez-vous aujourd’hui Angelo Houssou comme un ennemi ?

41. Lui dit que vous en vouliez à sa peau, parce qu’il n’a pas pris des décisions allant dans le sens de vos souhaits…

42. Depuis votre entrée au palais de la Marina, les libertés publiques sont devenues un vain mot dans le pays. Les journalistes ont un temps été intimidés, voire menacés, les syndicalistes sont systématiquement bastonnés. De quoi avez-vous peur, Monsieur le Président?

43. En matière de liberté de la presse, vous êtes, en vingt-quatre ans d’expériences démocratiques dans ce pays, le seul président à avoir suspendu les émissions d’une chaîne internationale – RFI, en l’occurrence…

44. Vous arrive-t-il de regarder les chaînes de télévision des autres pays africains ? Etes-vous fier, lorsque vous les comparez aux émissions de la télévision publique béninoise ?

45. Vos adversaires vous accusent d’avoir méthodiquement défait des pans entiers de l’édifice démocratique national, parce que vous êtes rétif à toute forme de critique…

POLITIQUE

46. Sur le plan politique, les choses ne vont guère mieux… Vous avez réussi à transformer l’opposition en peau de chagrin et on dit que vous gouvernez par menaces…

47. Monsieur le président, les Béninois s’inquiètent beaucoup de l’avenir de la démocratie dans leur pays, à l’horizon 2016. Avez-vous, oui ou non, fait part à Patrice Talon de votre intention de modifier la constitution pour vous maintenir au pouvoir?

48. Vous avez maintes fois promis que vous abandonneriez le pouvoir à la fin de votre mandat, mais tout le monde rit sous cape. Comment expliquez-vous cette rupture de la confiance entre la population et vous ?

49. Face à la situation de crise politique dans le pays, d’aucuns appellent à un dialogue national, pour ne pas dire une conférence nationale-bis. Quelle est votre opinion sur la question ?

50. Vous avez lancé, puis abandonné l’idée d’une révision constitutionnelle, pour notamment corriger certaines imperfections de la loi fondamentale, ce qui a déclenché l’ire de vos compatriotes. Pourquoi avoir précisément cherché à modifier la constitution dans un contexte aussi explosif, marqué par les affaires et alors même que Patrice Talon vous prête l’intention de chercher à vous maintenir au pouvoir ad vitam aeternam ?

51. Monsieur le Président, croyez-vous toujours en Dieu ? Pouvez-vous jurer, croix de fer, croix de bois, que vous n’essaierez pas de vous maintenir au pouvoir au-delà d’avril 2016 et que vous ne ferez rien pour empêcher le bon déroulement du processus électoral qui doit aboutir à l’élection d’un nouveau président, en 2016 ?

52. Régulièrement, les forces de l’ordre ont empêché les opposants ou les syndicalistes de tenir des manifestations dans le pays, alors qu’il n’est de jour sans que vos propres partisans ne battent le pavé pour vous apporter leur soutien. Doit-on en conclure qu’au Bénin d’aujourd’hui, on ne peut manifester publiquement son opinion que si elle est favorable au président de la République ?

53. Depuis quelque temps, vous ne vous déplacez plus qu’accompagné d’un char d’assaut. Y a-t-il une raison particulière à cela ?

54. Craignez-vous un coup d’état ?

55. On dit que vous arrosez suffisamment l’armée pour lui passer l’envie de vous renverser, en cas de crise majeure, ce qui est un marqueur fondamental des régimes totalitaires…

56. Yayi Boni, vous êtes pratiquement au bout de votre deuxième et – en principe – dernier mandat à la tête du Bénin. Quel est votre plus grand regret dans cette expérience de chef d’Etat ?

57. Qu’en est-il de votre plus grande fierté ?

58. Il y a eu jusqu’à récemment une situation qualifiée de « paix armée » entre votre principal adversaire, lors des présidentielles de 2006 et 2011, Me Adrien Houngbédji, et vous. Mais récemment, les hostilités semblent s’être de nouveau déclenchées entre vous. Qu’est-ce qui est à l’origine de cette nouvelle poussée de tension ?

59. Quels rapports entretenez-vous avec votre prédécesseur, le président Mathieu Kérékou ?

60. Qu’en est-il de l’ancien président Nicéphore Soglo ?

61. Leur arrive-t-il de vous donner des conseils ?

62. Les entendez-vous ?

63. Les Béninois se plaignent de plus en plus d’un problème de régionalisme dans le pays. En êtes-vous conscient ?

64. En ce qui concerne la vie politique, à proprement parler, des élections municipales devaient avoir lieu en décembre 2013 au plus tard, mais elles ont été reportées sine die. Pouvez-vous dire quand ces élections auront finalement lieu ?

65. A côté des municipales, il y a l’épineuse question de la Liste Electorale Permanente Informatisée. Là encore, l’opposition vous accuse de faire traîner le processus de révision…

66. On vous prête également l’intention de créer délibérément une situation de chaos dans le seul but de proroger votre mandat au-delà de 2016. Tenez-vous à ce point au pouvoir ?

67. Quelles sont les raisons profondes de votre rupture d’avec votre ancien premier ministre, Pascal Koukpaki ?

68. Il se susurre dans les allées du pouvoir que vous lui reprochiez sa proximité avec M. Talon ?

69. Vous avez répété à maintes reprises que vous comptiez quitter le pouvoir en 2016, à l’expiration de votre deuxième mandat. Que ferez-vous à ce moment ?

70. Vous êtes encore relativement jeune. Vous n’êtes pas tenté par la conquête d’une grande mairie, à l’image du président Soglo ?

71. Vous redoutez ce moment où vous aurez à quitter le pouvoir ?

72. Selon vous, qui a été, à ce jour, le plus grand chef d’Etat béninois ?

JUSTICE

73. Votre autorité a été fortement contestée dans le pays, notamment au niveau de l’institution judiciaire, avec laquelle vous vous êtes énormément brouillé. Qu’est-ce qui est à l’origine de cette brouille ?

74. Le Conseil supérieur de la Magistrature, dont vous êtes le président, a récemment suspendu, puis radié le procureur Justin Gbènamèto, qui semblait pourtant acquis à votre cause dans l’affaire Talon. Qu’est-ce qui vous a opposés ?

ACTUALITE

75. En ce moment, votre pays est presque à genoux, avec des grèves dans tous les secteurs d’activités. Comment comptez-vous en sortir ?

76. Les syndicalistes béninois exigent comme préalable à la négociation la restitution des sommes retenues sur salaire pour fait de grève. La sauvegarde de la paix sociale vaut bien un tel geste ?

77. Lors d’une récente intervention publique, le 27 janvier – que nous avons évoquée plus haut -, vous avez déclaré : « Cette classe politique doit être revue, y compris la classe politique à laquelle j’appartiens. Ça aussi je ne me dédouane pas. » Qu’entendiez-vous par là ?

78. Comprenez-vous la colère de vos compatriotes, suite à vos propos de ce 27 janvier ?

79. Vous avez aussi dit, ce 27 janvier : «Le moment où je vais bondir arrivera et je réagirai en conséquence ». Que vouliez-vous dire exactement ?

80. Le député Candide Azannaï s’est plaint dans la presse d’avoir fait l’objet d’une fouille « commandée » à l’aéroport CDG de Paris, la semaine dernière et accuse le gouvernement béninois. Avez-vous donné l’ordre de fouiller les députés béninois en France ?

81. D’aucuns ont cru déceler dans vos propos du 27 janvier, de nouvelles tirades à l’encontre de votre désormais ennemi intime, Patrice Talon. Vous ne comptez quand même pas trainer cette affaire comme un boulet, toute votre vie ? A quand le dégel ?

82. Réalisez-vous qu’en fin de compte, cette sortie vous aura fait plus de mal que de bien ?

83. Sur la scène internationale, l’image du Bénin s’est énormément écornée sous vos deux mandats et vous l’avez reconnu in petto dans votre intervention du 27 janvier. Comment le Bénin peut-il retrouver ses lustres d’antan et retrouver la confiance des bailleurs de fonds ?

84. Monsieur le président, nous vous chahutons régulièrement, à Afrika 7, sur votre style « bleu mécanicien. » Pourquoi avez-vous choisi de porter ce bleu ? Cela symbolise-t-il quelque chose en particulier ?

85. Puisqu’il s’agit d’une interview vérité, nous nous en voudrions de ne pas vous poser une question sur un sujet abondamment abordé dans les conversations privées avec les Béninois. Le président boit-il, comme on l’entend ça et là ?

SINCERITE

86. Monsieur le président, un grand nombre de vos compatriotes disent qu’ils ne vous croient pas sincère, notamment sur la question de votre départ en 2016. Nous essaierons donc de dresser votre profil en matière de sincérité, en vous posant une série de questions sur ce thème. En clamant souvent « je le jure », êtes-vous vraiment sincère ?

87. Lorsque vous déclarez souvent, notamment à l’endroit des femmes béninoises, « je vous aime » ou encore « je vous porte dans mon cœur », est-ce sincère ?

88. En déclarant un jour de 2008 sur le campus universitaire d’Abomey-Calavi que vous étiez prêt à «verser » votre sang pour « sauver le Bénin », était-ce sincère ?

89. Lorsqu’en mars 2013, après avoir exprimé votre vote lors de l’élection présidentielle, vous aviez imploré le « pardon » de vos concitoyens « oubliés » de la LEPI, était-ce sincère ?

90. Au-delà du « pardon » sollicité le jour du vote, avez-vous le sentiment d’avoir remporté une élection non-transparente ?

91. Lorsque vous déclariez vouloir faire le bonheur de vos concitoyens contre leur gré au nom d’une certaine « dictature de développement », était-ce sincère ?

92. Dans le cadre du « programme de microcrédits aux plus pauvres » (programme phare de votre action politique), les dizaines de milliards CFA régulièrement déboursés connaissent-ils le remboursement des bénéficiaires afin d’en assurer l’autofinancement pompeusement annoncé ?

93. Quand vous déclarez partout et devant toutes personnalités contemporaines de référence, que vous ne nourrissez aucune envie de vous éterniser au pouvoir après 2016, est-ce sincère ?

94. Oseriez-vous publier par exemple votre déclaration de biens à la fin de votre deuxième et dernier mandat, afin de prouver à votre peuple votre intégrité et votre bonne foi en matière de lutte contre la corruption (un autre programme-phare de votre projet de société) ?

95. Lorsque vous déclariez le 27 janvier dernier devant les « jeunes » n’avoir pas peur et surtout, « je répondrai à tout même devant la Haute cour de justice », était-ce sincère ?

96. N’étiez-vous vraiment pas au courant du projet « ICC services » et n’en aviez-vous point discuté avec les protagonistes avant l’éclatement du scandale ?

97. N’étiez-vous vraiment pas informé de toutes les « largesses » des initiateurs et responsables de « ICC services » vis à vis de certains de vos proches (famille et collaborateurs) jusqu’à l’éclatement du scandale ?

98. Vous arrive-t-il de vous interroger sur la multiplicité des scandales financiers et autres affaires dont sont parsemées vos années à la tête du Bénin et surtout votre part de responsabilité éventuelle ? Affaires Cen-sad, « ICC Services », siège de l’assemblée nationale, centrale électrique de Maria Gléta…

99. Avez-vous pensé au moins une fois à vos concitoyens ayant pour tout revenu le Smig (moins de 35 mille francs CFA) et au combat quotidien qui est le leur dans le contexte général de vie chère ?

100. Lorsque vous êtes à table, vous arrive-t-il de vous interroger sur le nombre de vos concitoyens incapables de s’offrir un repas par jour et que la charge présidentielle vous impose moralement de « tirer d’affaire » ?

Monsieur le président, nous vous remercions.

 

 

Publié dans Politique

Commenter cet article