Cameroun : Entretien explosif avec Mr Erick Achille

Publié le par imagazine

Cameroun : Entretien explosif avec Mr Erick Achille

A tous ceux qui me portent dans leur cœur et à mes protagonistes, je leur dis que le silence n’est pas un signe de faiblesse ni de mort. Il faut parfois prendre du recul pour mieux planifier nos actions.

C’est depuis un an que l’initiateur du Mouvement Nkul Beti (MNB) se trouve au Cameroun en laissant derrière lui l’Allemagne. Entre-temps, on a l’impression que son mouvement s’est endormi. Aucune information à propos des activités de ce mouvement. Même sur le Forum International Ekang (FIE), les amis du MNB ne sont pas renseignés. Nous sommes donc allés chercher l’information en nous entretenant avec l’homme qui s’est déclaré mobilisateur du peuple ekang. Entretien explosif à lire absolument.

1

Bonjour Erickachille et aux lecteurs qui trouveront le temps de lire cet entretien. A tous ceux qui me portent dans leur cœur et à mes protagonistes, je leur dis que le silence n’est pas un signe de faiblesse ni de mort. Il faut parfois prendre du recul pour mieux planifier nos actions.

Pour revenir sur votre question, je suis effectivement au Cameroun depuis environs 13 mois. Je ne sais pas s’il est possible de parler du Cameroun sur le plan économique sans se pencher aussi sur ses autres contextes. Je vais néanmoins essayer de faire de mon mieux.

En parcourant la ville de Yaoundé, on se rend rapidement compte que l’économie camerounaise a plusieurs visages. D’un côté, des grosses voitures, des immeubles, des villas naissant du sol comme des herbes qui poussent en saison des pluies. De l’autre côté, nous avons des mototaximens, des petits vendeurs en bordure de la route qui inondent la capitale politique, des enfants qui font de petits boulots sans réel issu, des bars (plus de 6000 environs selon le décédé Charles Ateba Eyene), des baraques, bref des gens qui luttent au jour le jour pour leur survie. Donc le Cameroun et son économie c’est plusieurs réalités. Une minorité des gens, avec suffisamment de moyens financiers, peut se permettre tout. Il m’arrive souvent de me poser la question d’où ces personnes prennent leur argent pour construire du jour au lendemain de tels immeubles et villas. Je vous invite à parcourir les quartiers de Yaoundé avec un œil plus attentif, de faire l’inventaire des maisons « top classe » existantes, et d’évaluer les efforts financiers qu’il faut déployer pour les construire. Pendant donc qu’une minorité de personnes détient toute la fortune du Cameroun, nous avons la masse qui n’arrive pas à se permettre des choses élémentaires de la vie. C’est un paradoxe économique que nous vivons et quelque part, nous nous retrouvons face à des questions d’ordre éthique. Ceux qui sont propriétaires des immeubles et villas sont-ils en mesure de justifier leur fortune ? Comment se fait-il que des personnes non productrices de biens ou des fonctionnaires construisent des maisons qui valent parfois des centaines de millions ? Et pourquoi investissent-ils dans l’immobilier ?

A mon avis, c’est évident que l’immobilier représente une manière non risquée de « laver » la fortune qu’on ne peut pas justifier. Mais regardons les choses un peu plus en profondeur. Que deviendrait l’économie camerounaise si ces riches investissaient pour créer des emplois ou financer des projets ? Au lieu de financer l’immobilier, une manière d’enterrer l’argent, on ferait mieux de promouvoir l’entreprenariat au Cameroun. L’économie a besoin de la masse monétaire circulante. Dans une de mes publications qui parle des « riches de KODENGUI », j’invite les détenteurs de grosses richesses à :

  • investir dans la création des structures locales de développement
  • investir dans la création d’emplois durables et l’augmentation des revenus de la population
  • participer à la lutte contre la pauvreté, l’ignorance et le chômage en vue de l’amélioration des : niveau, cadre et conditions de vie (accès à l’eau potable, aux soins de santé et à l’éducation pour tous, aux énergies renouvelables, à l’électricité, aux TIC, aux voies de communication, etc.)
  • aider la diaspora à s’impliquer au développement du Cameroun (transfert des biens, des fonds, des infrastructures, des savoirs, du savoir-faire, du savoir-être)

2

Ceux ou celles qui visent à toujours diaboliser la diaspora n’ont en aucun cas raison. Certes, il existe une diaspora opposante au régime actuel. Toutefois, pour conduire le Cameroun vers l’émergence, on ne s’en passera pas de la diaspora. Ce que nous vivons actuellement c’est que pour la réalisation des projets structurants, des multinationales ont gagné le gros lot. Or, le nombre d’emplois créés à travers la réalisation de ces projets n’est pas significatif comparativement au taux de chômage. En plus, le transfert de technologie reste très minime. Les projets structurants ne résolvent pas d’une manière efficace les problèmes de savoir-faire et d’emplois du Cameroun. A mon avis, la diaspora camerounaise vivant dans les pays développés est mieux placée pour devenir un pilier de l’économie camerounaise. Elle peut apporter du know-how acquis dans les différents pays d’accueil et créer des structures locales qui à leur tour créeront des emplois durables.

La diaspora contribue au développement du Cameroun à travers un transfert important de devises. En plus, des exemples viennent d’Allemagne où des plateformes sont créées au sein desquelles se regroupent des ingénieures avec pour seul objectif de contribuer au développement du Cameroun. L’Allemagne en tant que leader mondial devrait être une référence pour le Cameroun. Pourquoi le football camerounais ne s’appuie-t-il pas sur l’Allemagne pour se restructurer ? En général, nous ne pouvons que gagner en copiant la mentalité, la discipline et le know-how allemand. Ce sont des valeurs qui contribueraient significativement à la vision d’un Cameroun émergeant à l’horizon en 2035.

J’ai toujours voulu comprendre pourquoi le Cameroun et les autres pays africains ne mettent pas ensemble leurs moyens pour ériger un centre stratégique de développement en Allemagne. Ce centre aurait pour effet, le soutien sur place des Africains afin qu’ils pénètrent l’économie allemande, dans une perspective de mieux garantir le transfert de technologie en Afrique. Le gouvernement camerounais devrait mettre en place des structures qui soutiennent les efforts de la diaspora camerounaise. Localement, on devrait créer un centre d’accueil pour permettre à la diaspora entrepreneuriale de s’intégrer facilement dans son pays d’origine. Et dans les pays d’accueil, il faudrait en faire autant.

3

Difficile de répondre à cette question. Comme je viens de le souligner, on voudrait bien attribuer une image négative à la diaspora. Or, il existe une diaspora constructive qui souhaite contribuer à l’amélioration de vie des Camerounais. Notons toutefois que lorsqu’on est porteur d’un projet, lorsqu’on est promoteur d’une idée, les portes de l’administration camerounaise peuvent s’ouvrir. Il y a par exemple des foires que la diaspora organise régulièrement au Cameroun. Ce qui donne déjà une autre image des relations entre le Cameroun et sa diaspora.

4

Ça ne peut jamais être facile de s’intégrer dans un milieu qu’on a tourné le dos depuis des décennies. J’ai néanmoins l’avantage que ma famille me soutient et que ma nature me permet de m’adapter à la majorité des situations. Je crois qu’il faut surtout sortir du cadre où on se croit meilleur parce qu’on a vécu à l’étranger, et vivre comme la majorité. Je prends les mototaxis, je monte dans les taxis, je vais au village régulièrement suivre les conseils prestigieux venant de ma maman. Erickachille, je crois que vous êtes mieux placé pour répondre à cette question. Nous nous sommes déjà rencontrés à plusieurs occasions…que ce soit à au centre-ville, à MWAN, à la radio CRTV chez le patriarche Bingono ou chez votre frère Imam Akono à ODZA. Si j’ai bonne mémoire, on était ensemble tout dernièrement avec Aline-Zomo.

C’est vrai que c’est aussi difficile à s’habituer à ne pas avoir de l’eau régulièrement. C’est vrai que c’est difficile de voir le courant « disparaître » subitement lorsqu’on se trouve en plein travail. Mais on finit par s’habituer bien que cela ait le risque de commencer à faire comme le reste. Car, se sentir dans le système et le vivre transforme la personne progressivement. On finit par faire des choses qui auparavant étaient inadmissibles. Ici au pays, je ne m’énerve pas, je ne critique pas beaucoup, de peur de ne pas me rendre la vie amère. D’ailleurs, pourquoi s’énerver contre une majorité qui ne connait pas que les choses peuvent se passer autrement ? Pourquoi s’énerver contre elle qui n’a jamais agi autrement ?

Je crois que la tolérance et le dialogue nous fait avancer et ne laisse pas des cicatrices. C’est un peu ça la clé de survie dans un système qui n’est pas le mien. Toujours est-il qu’il y a énormément de travail à abattre dans ce pays pour que ça marche. Il faut rééduquer la société qui semble avoir perdu la bonne orientation, les bonnes manières et les vraies valeurs citoyennes. Le conditionnement de la vie par le matériel est une logique moins favorable au développement.

5

En réalité, bien que je sois dépendant de la communication moderne, je n’ai jamais été un adepte des réseaux sociaux. Je visite généralement Facebook lorsque j’ai une action bien définie à entreprendre et pour des raisons promotionnelles. Me réapproprier ma culture à travers les réseaux sociaux n’a pas été le cas. Je voudrais toutefois souligner ici que l’apport des espaces virtuels culturels est vu positivement de mon côté. J’ai eu de petites occasions à consulter ce que le monde ekang publie sur Facebook, c’est une encyclopédie culturelle à étudier scientifiquement et à sauvegarder.

Après avoir passé deux décennies en Allemagne, c’est d’abord à Yaoundé que je vis le quotidien culturel. C’est aussi dans ma chère ville natale Akonolinga et son village Miendé, ou lors de certains événements que je reprends contact avec la culture ekang. J’ai eu à assister aux obsèques d’un grand ekang. J’ai dansé à cette occasion l’ESSANI et L’ EKAMBA. Entre-temps, ma petite-sœur s’est mariée en ma présence, un autre événement prestigieux qui m’a permis de mieux comprendre les différentes étapes de la dote. Je suis régulièrement au village où j’assiste parfois aux palabres rassemblant de grands sages… Je ne voudrais pas négliger le travail culturel fait sur les réseaux sociaux, mais c’est toujours mieux de se confronter directement à la réalité.

6

Ayant pris l’habitude de dire certaines vérités, il me revient d’informer les amis du Mouvement Nkul Beti que les choses n’ont pas évolué comme je l’avais prévu. Vous-vous souvenez de la fameuse réunion annoncée pour le décembre 2013 ? Elle n’avait pas eu lieu malgré tous les efforts que j’avais déployés en termes de temps et d’investissement. Il est pratiquement impossible de produire des résultats lorsqu’un minimum d’engagement ne se fait pas ressentir chez ceux qui sont sensés mener à bon point une mission. Même un projet comme le Forum International Ekang (FIE) est soumis à l’obligation des résultats, et à un calendrier de réalisation.

Comment agir lorsque pour une réunion prévue, on se retrouve seul avec le SG de l’association ? Mon expérience me dit que cette question est un « déjà-vécu ». Chez les ekang et particulièrement chez les beti, ça ne marche pas. Le fait que cette réunion n’avait pas eu lieu était un signal fort pour changer de cap. Et pour tirer des conclusions définitives : La masse que caractérise le monde ekang n’est pas prête et n’a pas la volonté pour le changement. « Ils sont tous unanimes que les choses doivent changer, mais personne ne se sacrifie pour l’édification commune de la société ».

Ce n’est pas nouveau ce que je dis ici, nous l’avons exprimé très fort à plusieurs reprises et durant des années. Le monde ekang c’est l’individualisme total. Les ekang ont toujours été indifférents à leur cause. L’exemple type ici est le décès de Charles Ateba Eyene. Pendant que les autres le célèbrent comme un héros, quelles sont les réactions fortes qu’on a pu constater du côté des beti ? A ma connaissance, une goutte d’eau dans un océan. On a vu des voies se lever mais ce n’était rien.

Oui, organiser un événement comme FIE nécessite suffisamment de ressources mais les moyens financiers ne constituent pas la seule condition à la réussite d’un projet. Quel est l’état d’esprit de ceux qui assument une mission de telle ampleur ?

L’avenir des ekang se décidera dans leur maturité de comprendre les enjeux actuels et avenirs. Ceux qui se seront engagés auront compris de quoi il est question. Car il ne reviendra qu’aux ekang d’organiser leurs sociétés. Aucun résultat ne tombera du ciel, aucun miracle ne se produira, la réussite ne passera que par l’effort collectif et le sacrifice. Une chose est certaine, on ne construit pas une société dans l’individualisme. Certes, on a besoin que les individus se démarquent par leurs actions. Certes, on a besoin que certains individus fassent une différence matérielle par rapport à d’autres afin que la compétitivité revienne au cœur de la société. Toutefois, aucun développement durable ne se fera sans que les uns tiennent d’autres par la main, sans que les enjeux collectifs prennent une place importante dans la manière à laquelle nous interprétons notre rôle sur cette terre.

En ce qui me concerne, j’ai toujours espéré recevoir une participation de la masse mais c’est définitif, celle-ci ne peut pas m’apporter un soutien considérable (matériel, financier et humain en termes de ressources et de participation effective). Tous les échecs montrent que la masse a besoin de moi mais ai-je vraiment besoin de son apport pour produire des résultats ? A mon avis, c’est terminé le temps d’un grand rassemblement, je vais rassembler ceux qui comprennent la nécessité du challenge qui se trouve devant nous.

J’ai eu plusieurs leçons à tirer. Mais la plus importante c’est que j’ai suffisamment de temps pour réaliser ce grand rêve ekang. Pas plus besoin de se presser !

7

Qu’est-ce-que ça voudrait dire les réalités du Cameroun ? Pour moi, c’est le langage d’un monde qui voudrait justifier son échec, son incapacité d’organiser les choses. C’est un alibi pour se sentir mieux dans la nonchalance. Je connais des facettes positives des réalités du Cameroun. On voit par exemple des communautés de l’ouest, qui malgré ces soi-disant réalités locales, s’organisent effacement. A Yaoundé, des centres culturels de l’ouest sont en train de se bâtir pendant que les ekang sont observateurs. D’ailleurs, ils sont invités à participer aux festivités issues de ces centres. La réalité du Cameroun ! Je ris beaucoup.

Des multimillionnaires beti ne sont pas capables de mettre en place un leadership pour assurer la survie de leurs propres enfants. Que les beti regardent ce qui se produit autour d’eux : Les médias, les établissements de formation, les universités, l’industrie, la technologie, le secteur bancaire, la microfinance, l’économie, etc. ne les appartiennent pas. Voilà les réalités locales.

Savez-vous qu’aujourd’hui les ressortissants de l’ouest s’organisent en association pour acheter les terres tout autour de Yaoundé ?

Aucune action ne peut être parfaite. J’ai cru à un moment que la masse comprendrait de quoi il est question mais désolé ce fut une grave erreur. Vincent Fouda Essomba me disait un jour : « qu’à partir du moment où je diminuerais un peu de ma passion envers tout ce que je fais, les choses avanceront comme ça se doit ». En fait, il avait pleinement raison. Ils sont nombreux qui ont profité de ma passion, ils ont tiré profit sans même un remerciement. Je suis maintenant dans une posture où je ne cours pas en ce qui concerne le Mouvement Nkul Beti, je prends tout mon temps. Si chaque pas posé me coûte cher en termes de temps, d’argent et d’énergie, toutes mes actions se doivent être bien pensées avant qu’elles ne soient mises en exécution.

8

Je suis ravi de cette marque de reconnaissance des efforts que j’ai déployés pour donner un brin d’espoir à la société ekang. C’est avec l’esprit colon que les Allemands viennent de gagner la coupe du monde.

Ce genre de pensée montre jusqu’à quel point le monde ekang a besoin des gens qui font preuve de professionnalisme. Le temps de paresse, de non-compétence, d’indiscipline, de manque de dynamisme est révolu. Vous avez observé les matchs d’Allemagne en coupe du monde. Quelles leçons avez-vous retenues ? La volonté de gagner ensemble, le dynamisme et l’esprit d’organisation. Voilà ce qui manque au monde ekang et surtout à toute personne qui me qualifie de colon. On ne sortira jamais vainqueur dans la paraisse, le désordre, les querelles, les abus…

9

Le Mouvement Nkul Beti continue. C’est une œuvre qui persistera comme ça été pensé dès sa création. Abandonner ne me vient pas en esprit surtout lorsque je regarde le chemin qui a été parcouru jusqu’à présent. La motivation est toujours présente et il existe plusieurs raisons pour ne pas déposer les armes. Que feriez-vous à ma place si on cite le MNB dans plusieurs ouvrages ? N’est-ce pas là l’ultime raison pour poursuivre le combat ?

La nouvelle formule se trouve en étude. Nous avons plusieurs alternatives en vue que nous n’allons pas dévoiler ici. Comme je l’ai souligné un peu plus haut, la situation actuelle me pousse à prendre tout mon temps pour réorganiser notre action. J’entre en consultation avec des gens pour gagner en sagesse. L’objectif à court-terme est de planifier notre action de manière à démarrer réellement quelque chose sur le plan local.

10

Je n’adhère pas à l’idée de croire que le MNB ou son projet FIE soit un projet purement culturel. FIE est un projet socioculturel et économique mais pas un projet culturel.

Pour répondre à votre question, il faut revenir sur les objectifs que nous nous sommes fixés au sujet du FIE. Ils sont quatre, à savoir :

  1. Créer et promouvoir un marché commun où les opérateurs économiques (entreprises, associations, ONG, banques, coopératives, porteurs de projets, membres de la société civile, inventeurs, chercheurs, écrivains, artistes, célébrités, etc.) se retrouveront ensemble pour diffuser leurs produits, présenter et soutenir leurs projets, nouer des contacts, débattre des problèmes de développement, envisager des perspectives, etc.
  2. Renforcer une dynamique sociale en transformant le FIE en une plateforme d’innovations sociales, soucieuse de devenir un pilier du développement communautaire en utilisant les atouts tels que : la créativité, le savoir-faire, la compétence, la perfection, l’excellence, la persévérance, la confiance en soi et aux autres, le dynamisme, l’esprit d’entreprenariat et l’esprit communautaire.
  3. Voir dans quelle mesure parler de notion de leadership Ekang dans la sous-région, et surtout de la conquête des domaines clés tels que : l’économie, la technologie, la communication, les médias, etc.
  4. Promouvoir des rencontres culturelles périodiques et célébrer la culture Ekang, en revisitant l’histoire commune du monde Ekang dans sa diversité, à travers des conférences, des récits, les contes, les légendes, le show business et le partage des rites communs.

11

Le Mouvement Nkul Beti (MNB) est une plateforme sociale de promotion : des talents, de l’entreprenariat social et de développement communautaire. Il s’appuie sur le modernisme, le progrès et sensibilise le groupe ethnique Ekang/Beti dans le développement des innovations, la créativité, la compétence, l’excellence, le perfectionnement, la technologie, la communication, l’organisation, la promotion des individus, l’essor des réseaux des sociaux, capables d’impacter le changement et le décollage définitif de l’Afrique en général, et particulièrement la zone Ekang/Beti.

Notre jeune mouvement a vu le jour en 2008. Malgré toutes les difficultés auxquelles nous avons été confrontées, nous n’avons jamais cessé de progresser. Le long de notre parcours nous avons exposé les objectifs que nous souhaitons atteindre pour le bien des Ekang/Beti. Nous avons réaffirmé, à chaque fois, notre volonté de relever les défis en contribuant à l’amélioration les conditions de vie des gens par des œuvres profitables à tous. Quant aux initiatives de création d’entreprises multiformes dans les secteurs variés, nous avons fait du MNB un cercle de référence, qui joue et assume désormais un rôle pionnier dans la manière de mobiliser et rassembler les Ekang/Beti autour des questions identitaires et de développement.

Grâce à sa force de propositions d’idées, le MNB est présent dans le cœur de milliers d’Ekang/Beti, à tel point qu’il a réussi à réunir une communauté virtuelle d’au moins 13.000 sympathisants. Ces derniers suivent avec grand intérêt l’évolution du mouvement. Les raisons qui nous amènent à évoquer cette « sympathie perceptible », c’est que dans certains milieux politiques et diplomatiques, plusieurs Ekang/Beti reconnaissent déjà le travail de sensibilisation que nous menons depuis sur le terrain, afin d’asseoir une solidarité sociale et un projet de rapprochement nouveau. Une preuve de notre sérieux est le média www.nkul-beti-camer.com que nous avons mis en place, malgré toutes les hostilités issues des enjeux de diverses sensibilités interethniques sur le sol camerounais. Le MNB se positionne néanmoins comme un leader fédérateur, grâce à son site web qui affiche en ce moment, une moyenne de 1200 visiteurs par jour.

12

Ce qui diffère le MNB des autres initiatives ce sont les thèmes que nous avons choisis. Je viens de les présenter à la question précédente. Le MNB est partisan du modernisme. D’ailleurs c’est avec toute fierté que je le souligne ici que nous sommes les pionniers dans ce domaine. Nous avons exposé ce que les autres n’avaient jamais exposé. Nous avons débattu sur les thèmes tabous. Nous sommes allés au choc avec la masse pour présenter notre vision.

Maintenant, pour répondre à votre question, je dirais que les maux sont connus par tous. Je viens de les ressortir au cours de cet entretien. Mais si ce n’est pas suffisant et claire, voici les grands problèmes auxquels le monde ekang fait face :

  1. L’individualisme, accentué chez les uns et les autres, empêche d’agir main dans la main pour édifier des œuvres qui auront des implications positives dans le quotidien des gens. Les ekang sont moins solidaires entre eux et ceci constitue un grand handicap pour un développement durable de leur société.
  2. Le manque d’engagement et l’indifférence des uns et des autres par rapport à la résolution des problèmes sociaux communs qui exigent des prises de mesures efficaces.
  3. L’élite détentrice des ressources financières se retient à développer une stratégie globale de financement des projets porteurs visant à valoriser les régions Ekang, à créer des emplois locaux et à soutenir une émergence économique locale.
  4. Dans la manière d’appréhender et d’aborder les grands enjeux économiques, un certain désintéressement de la part de ce peuple fait qu’il ne profite pas des opportunités économiques largement discutées par d’autres peuples et des multinationales.
  5. L’inexistence d’une culture entrepreneuriale qui n’encourage pas les créations, les innovations sociales et la mise en place des structures locales de développement.

13

Je ne tiens aucune réunion de sensibilisation en ce moment. Comme je l’ai déjà souligné, la masse n’est pas prête à s’engager. On ne peut rien attendre de la masse pendant la phase d’organisation. Donc il faut changer de stratégie et opter pour des concertations restreintes. Vous savez par exemple que je suis déjà allé voir votre frère Imam pour qu’il me donne son point de vue et qu’il me guide. Je crois c’est effectif de procéder ainsi et le moment viendra où nous allons organiser des consultations populaires.

Il faudrait quand même que je vous informe que durant ces derniers 7 mois, je me suis contenté à m’occuper uniquement de mes propres problèmes. Donc c’est maintenant que je vise à reprendre les activités autour du mouvement.

14

Commenter cet article